Gastro-entérites : se laver les mains ne suffit pas !
En deux semaines, 400 000 personnes ont été contaminées par une épidémie de gastro-entérites qui sévit dans toute la France. Un mauvais moment à passer pour la majorité des adultes. Mais on sait aussi que l’épidémie peut avoir des implications plus conséquentes chez les enfants ou les personnes âgées.
Tous les médias insistent sur la nécessité de se laver fréquemment les mains. Un message de bon sens mais insuffisant. Car il existe d’autres sources de contaminations.
Les sèches mains électriques
Rien ne sert de se laver les mains 5 fois par jour si on se sèche les mains avec des appareils publics. Car ces sèches mains envoient des particules contaminées susceptibles de transmettre le virus :
"Le lavage des mains est très important. Mais si on ne les lave pas extrêmement consciencieusement, il reste des germes entre les doigts, près des ongles et des bijoux. Or le sèche-mains électrique fait voler les microbes vers le visage et on les inhale aussitôt. Quand je rencontre un de ces sèche-mains dans un bar, je m'essuie sur ma chemise", explique le médecin dans Le Monde.
Le meilleur moyen de s’essuyer les mains reste d’utiliser une serviette en papier à usage unique. Les torchons ou serviettes collectives sont à bannir.
Une étude de l’Institut de Veille Sanitaire estimait en 2000 que jusqu’à 10% des cas de gastro-entérites sporadiques étaient liés à un défaut de qualité de l’eau du robinet en France.
Les Américains, si l’on en croit Wikipedia, estiment que la part des contaminations liées à des agents pathogènes dans l’eau du robinet varie de 2% à 6% en fonction des pays.
En France, le lien entre gastro-entérites et consommation d’eau du robinet a été plusieurs fois mis en évidence par des études microbiologiques menées sur les réseaux d’eau de Sète, de Nantes ou du Havre. Ces épidémies sont d’ailleurs liées à un germe appelé Cryptosporidium difficile à détecter.
Or la survenue de ce germe est généralement liée à un défaut de chloration ou à une forte turbidité de l’eau distribuée qui se charge en différents agents pathogènes après les pluies. Ainsi à Nantes, une étude a montré qu’une légère augmentation de la turbidité de l’eau (+0,014NTU) engendrait une hausse de 4% des risques de gastro-entérites.
Face à ces épidémies, les gestionnaires du réseau d’eau éprouvent les pires difficultés à détecter ces germes. Seuls les incidents graves, comme celui survenu dans un centre de vacances pour enfants dans le Lot en 2001, donnent lieu à des enquêtes approfondies.
Les moyens à mettre en œuvre à grande échelle pour prévenir ces contaminations existent : ils impliquent de comparer les indices de qualité des eaux dans les zones particulièrement touchées.
Entre 1997 et 2000, un système de veille mis en place au Havre avait permis d’identifier les sources de contaminations. Il serait par exemple intéressant de mettre en œuvre ces outils en Provence-Alpes-Côte-D'azur ou l’on a détecté 579 cas pour 100.000 habitants ou dans le Limousin (501 cas) dans les huit dernières semaines.
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