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L’hypertension, bourreau des cœurs

C’était hier la Journée Mondiale du Cœur. On n’a pas vu grand chose dans es journaux à ce propos. Forcément, un dimanche… L’occasion de rappeler qu’au dernier congrès annuel de l’ESC[1], le gratin de la cardiologie s’est penché sur le sort de la moitié de la population européenne, exposée à une mort prématurée pour raisons cardiaques. L’hypertension, le cholestérol, l’obésité, le tabac et la sédentarité sont au banc des accusés. Sans oublier le manque de prévention !


[1] European Society of Cardiology

Certes, on sait que les maladies qui touchent les pays les plus prospères sont celles qui drainent la plupart des investissements en matière de recherche. On sait aussi que les maladies qui constituent des fléaux dans les pays pauvres, causant la mort de dizaines de millions de personnes chaque année, se contentent de 10% des montants investis dans la recherche médicale. Cela étant, on peut admettre que la débauche de moyens étalée lors d’un congrès de ce type est utile pour les personnes à risque et que, lorsqu’il s’agit de la vie de ses proches, le coût du traitement importe peu. Il est même possible, une fois plongé dans la réalité purement médicale, d’oublier l’insigne pauvreté des politiques de prévention qui, si elles étaient mises en pratique, feraient faire des économies considérables à la Sécu, comme l’a brillamment démontré le Pr Lieven Annemans, de l’université de Gand… Rappelons toutefois que les affections cardiaques tuent chaque année plus de 4 millions de personnes prématurément en Europe, et que toutes ne proviennent pas des pays les plus riches du Vieux continent. Car c’est souvent dans les pays moins nantis qu’on mange le plus mal et qu’on fume le plus.

Gare aux guidelines !

L’événement marquant de cette édition est la publication, par l’ESC, de ses nouveaux « guidelines », le guide de bonnes pratiques puisant dans les dernières avancées de la recherche les stratégies à mettre en œuvre par les cardiologues. Comme l’explique cet éminent professeur, « sans être une contrainte, les guidelines ont une valeur légale ». Autrement dit, le médecin est libre de ne pas les observer mais en cas de problème, les familles peuvent le poursuivre pour les avoir négligées. C’est dire l’importance de ce document, dont la dernière édition datait de 2006. En vedette dans cet outil de référence, le traitement de la fibrillation auriculaire, qui concerne 2% de la population totale dans nos contrées.

 

Chère prévention

Au-delà de l’impressionnant arsenal thérapeutique, on notera quelques conférences, hélas peu médiatisées, consacrées à la prévention. Avec ce paradoxe que les pouvoirs publics hésitent à lancer de coûteuses campagnes de prévention, mais acceptent d’endosser le coût social colossal des maladies cardiovasculaires. Les préventionnistes plaident dès lors pour des actions fortes contre l’alimentation et l’hygiène de vie malsaines, l’abus du tabac ou l’hypertension. Comme le souligne avec vigueur le Dr Jean Beissel, du CHL, il suffirait que chacun surveille sa tension artérielle d’un peu plus près, et plus tôt, pour éviter des complications cardiaques potentiellement mortelles et extrêmement coûteuses pour la société.

Enfin, on citera le lancement de quelques traitements qui vont permettre d’augmenter nettement l’espérance de vie d’un grand nombre de personnes à risques ; comme ce médicament qui diminue le rythme cardiaque jusqu’à 70 battements par minute, cet autre qui augmente l’effet des statines par l’adjonction d’ézétimibe pour atteindre enfin les valeurs cibles de « mauvais » cholestérol ou encore, la panoplie des anticoagulants destinés à prévenir la fibrillation auriculaire ou les thromboses. « Un énorme marché », précise notre consultant. On n’en doute pas !


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1 réactions à cet article    


  • UltraLord 27 septembre 2010 10:33

    "Avec ce paradoxe que les pouvoirs publics hésitent à lancer de coûteuses campagnes de prévention, mais acceptent d’endosser le coût social colossal des maladies cardiovasculaires.« 

    La prévention est effectivement un gros problème. Maintenant, des campagnes de prévention publiques comme on en voit déjà partout (manger moins gras, moins salé, moins sucré, et 5 fruits et légumes, ...), c’est assez oppressant. Ca s’adresse à tout le monde, et finalement, à personne.

    Après, de la prévention ciblée, faite par le médecin traitant par exemple, là, je pense que ce serait une bonne chose. C’est finalement lui le plus à même de savoir si cette prévention est nécessaire.

    Reste après ça le problème de l’accès au soin ... du temps de plus en plus cours des rendez vous, de la saturation des plannings des médecins, de la difficulté de joindre le SAMU ...

     »« Un énorme marché », précise notre consultant. On n’en doute pas !"
    C’est le problème. La santé devient un business. Et celui qui n’aura pas les moyens, n’aura simplement plus accès à rien ...

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Auteur de l'article

Gil Genappe

Journaliste free-lance en Belgique, correspondant de plusieurs journaux européens, j’enquête sur des sujets décalés en rapport avec l’actualité économique, la santé et le développement durable.


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