La psychiatrie ( auto-proclamée ) est morte
Beaucoup d’entre les lecteurs de longue date de ce site gardent peut-être le souvenir étrange d’un article au secours de la psychiatrie, nommé « Carla Bruni sauvons la clinique », et signé Karim Sarroub. Dans le détail, cet article qui a peut être cumulé dix ou vingt mille visites, a été, fait participant à la surprise de tous, doté de 936 votes, et chose curieuse, il en affiche aujourd’hui 309 ? Ce qui n’est pas coutume. Même l’article le plus lu depuis la naissance du site, ( + de 400,000 visites ), le premier du fondateur Carlo Revelli, ne totalise que 1628 votes. Étant moi même lecteur assidu depuis 2007, je ne peux prétendre sonder 100 % des textes et fils quotidiens, mais n’ai pourtant jamais trouvé la moindre explication à cette question.

C’est peut-être Bernard Accoyer qui vient d’y répondre, expliquant ainsi le buzz autour du livre d’Onfray, relatif à cette empoignade médiatique actuelle et le ramdam de l’article en question. Parmi les surprises les plus vexantes qu’il a suscité, voir tous les participants habituels reconnus pour la modération acquise de la plupart de leurs propos, pour la qualité générale de leurs avis et le ton cordial de leurs interventions, le fait de s’être vus repliés au delà des 15 avis défavorables du système de l’époque et surtout, la plupart jusqu’à - 50 votes a choqué. Cette guillotine brutalement tranchée, exactement comme celle que pratique le célèbre Lucilio avec le nouveau système, et qui sévissait généralement envers les trolleurs invétérés, a touché en plein amour propre tous les acteurs du jour, le 14 juillet 2008. Avant même d’avoir seulement déclaré un violent désamour pour cette médecine du mental, sans même n’avoir jamais insulté la première dame de France. Toutes les lumières du site qui éclairent, jour après jour, d’opinion mesurées avec des propos étayés et souvent lucides et désaffectés, ont été poubellisées comme de vulgaires terroristes et internettoyés sans ménagements, façon Audiard. Que s’est il passé ? Peut-être que certains ont depuis ce jour, obtenu et diffusé leurs conclusions sur les fils que je n’ai pas eu la chance de lire, toujours est il que c’est pour cette simple raison que j’ai continué de chercher à comprendre, et c’est Bernard Accoyer qui a m’a aidé à résoudre l’énigme.
La psychanalyse pratique l’auto proclamation, un peu comme des personnes qui ont maintes fois parcouru les couloirs des hôpitaux prétendent parfois pouvoir être capable d’être médecins ou pharmaciens, j’en ai connu. Il s’agit là d’une médecine qui ne touche pas au physique du patient, mais bien sa patience précisément. Je dis cela parce qu’il faut être patient pour parler des années à un mur sans aucune réponse ni approbation, car c’est le mécanisme intrinsèque de ce principe médical qui en régit les véritables remèdes. Il faut effectivement parler de soi jusqu’au plus profond de son être, de ses souffrances et complexes, pour les découvrir et les mettre à jour et enfin pouvoir crever l’abcès. Par ce biais direct, l’extraction de l’inconscient par la mise en mots sur le divan, on peut donc commencer à en prendre conscience, et espérer alors entrer en voie de guérison. En cela, la réponse ne viendra pas du psychiatre ou psychanalyste mais du fait qu’il ait ouvert son cabinet et vous avoir invité à y dérouler le fil de votre vie pour y découvrir par vous même, tous les nœuds.
Les souffrances psychiques vécues mais contenues depuis la jeunesse ou l’enfance, le sont par manque de soutien familial, par fragilité de la structure environnementale, ou par manque d’oreille disponible, ou d’ami tout simplement. Le fait de reconstituer le fil de sa vie mot par mot devant un tiers entraine à ressortir ces nœuds, à pleurer un bon coup devant un être neutre que l’on aura pas à croiser tous les matins au petit déjeuner. On est définitivement guéri quand on est dégagé d’affect et que l’on peut enfin rire de nos accidents divers. On a accumulé les souffrances d’enfance quand on a pas trouvé de bras pour se consoler d’une chute ou d’une tristesse, et on est libéré d’un affect trop sensible quand on ne trimballe plus ces traumatismes internes au point de pouvoir parler de son dernier accident sans pleurer. En un mot, on est enfin bien dans la vie quand on a pardonné tout les manquements au devoirs de ses parents. C’est cette faille qu’occupent aujourd’hui les nouvelles sectes psychologiques qui retournent les enfants contre leurs parents respectifs, quitte à profiter de la faiblesse des sujets fragilisés pour inventer un éventuel viol ou inceste...d’où l’intérêt de réguler ces professions.
Il est donc permis à toute personne s’étant faite longuement analyser d’être considérée comme bac + 7, après sept ans d’analyse et d’ouvrir un cabinet, si tant est qu’il ait fait une ou deux années de psychologie en prime, en faculté ou en cours privés. Il n’en est pas de même avec la psychiatrie et pourtant, la tendance s’est transfusée. bien de simples philosophes, théologiens ou psychologues croient prétendre tout autant avoir les capacités ou facultés suffisantes pour établir un cabinet, et la seule position citadine avec pignon sur rue principale fait office de crédibilité suffisante. C’est ainsi que bien des plaques dorées des beaux quartiers de Paris s’avéraient douteuses, car bien des études mènent à divers métiers parallèles et connexes et la tendance actuelle à la mode est de se croire avocat. En effet, avec un bon assistant qui a fait les études adéquates, toutes les grandes gueules peuvent désormais aisément plaider, d’autant plus s’ils ont déjà eu maintes fois recours à la justice dans leur passé. Je ne vise personne...
Dans d’autres domaines, des plombiers / électriciens / dépanneurs pratiquent cet amalgame sans difficulté, les propriétaires d’une simple camionnette blanche font de façon efficace illusion en temps que transporteurs routiers sans aucun autre diplôme qu’un permis B. On peut même se demander si certains hommes politiques ne font pas de même et notamment, le porte parole du parti dominant français et son chef indirect, qui, bien que placé au plus haut de la tour d’ivoire du parti des dominants, ne manquent pourtant pas à de nombreuses occasions, de très mal s’exprimer dans notre langue commune. S’ils manquent, c’est sûr, d’instruction, ils comblent par un entourage compétent et toute la gamme adéquate d’outil de communication performants.
Bien moins attaché à faire la une de tous les médias et à faire retentir sa nouvelle telle les trompettes de la renommée, Bernard Accoyer, quatrième personnage de l’État, nous a humblement renseigné samedi soir dernier, dans l’émission de Ruquier. Notre président de l’assemblée n’est entré en politique qu’après une carrière de trente ans comme oto-rhyno-laryngologiste, et au cours de cette excellente émission, glissé sans aucune fierté ni prétention, mais pas sans une certaine satisfaction discrète, a déclaré avoir enfin bouclé LE dossier, fruit de onze ans de travail. Il se réjouissait d’avoir abouti à la restauration de cette profession, afin d’en nettoyer tous les acteurs auto proclamés apte à la fonction de psychiatre, mais il a aussi déclaré qu’il allait falloir recommencer avec la profession de psychanalyste, et c’est là que le bât blesse. En effet, la psychanalyse de Lacan est le transfuge de la psychiatrie de Freud. Il n’y a peut-être aucun lien étroit, mais pourtant, mon intuition me dit que l’engagement de notre président de l’assemblée pour la restauration de cette profession, avec les moyens d’autorité que son poste lui confère, a dû entrainer une résistance soutenue par les auto proclamés en péril. « L’appel des appels », dont j’ai pris connaissance avec l’article de Karim Sarroub, pourrait en être la preuve concrète, et les réactions dans le fil pourraient aussi déclarer l’urgence à ce que soit lancée la protestation sans aucune entraves, et les réactions clouées contre les internautes d’Agoravox de bonne volonté en ont été les frais payées sans factures ni service après vente.
Si telle est la vérité, elle est facile à vérifier, car dans la pétition qui accompagne « l’appel des appels » figurent nommément une grande majorité de psychiatres et psychanalystes c’est-à-dire en deux mots que la profession de psychiatre étant restaurée, et celle de psychanalyste à venir, nul doute que viendra le temps de faire de même avec une nouvelle profession non encore réglementée...
L’article sur la page de l’auteur
La longue liste des signataire
En cas de difficulté, kit de survie
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