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Accueil du site > Actualités > Santé > Société barbare ?

Société barbare ?

Il n’y a malheureusement pas d’autre mot que "barbare" pour qualifier une société qui accepte juridiquement le principe de faire mourir intentionnellement une personne présentant un handicap sans capacité de se défendre. Une acceptation que les impératifs économiques généraliseront à terme. C’est effrayant !



Ce vendredi 5 juin 2015, la Cour européenne des droits de l’Homme a validé la décision du Conseil d’État du 24 juin 2014 d’autoriser le CHU de Reims à arrêter l’alimentation de Vincent Lambert. Elle l’a fait loin d’être unanime puisque cinq juges sur les dix-sept se sont opposés à cet avis.

Cet avis me scandalise, me bouleverse, me renverse car il autorise au plus haut niveau du droit la peine de mort pour des personnes sans défense (et innocentes). C’est un tournant très grave qui surgit où le "droit à la vie" de l'article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme ne protège plus les plus faibles. La Cour européenne a autorisé aujourd’hui la mort intentionnelle d’une personne handicapée qui n’est ni malade ni en fin de vie.

Le Conseil d’État s’était appuyé le 24 juin 2014 sur quatre arguments dont aucun ne tient l’analyse. Premièrement, en se basant sur la loi Leonetti du 22 avril 2005 ; pourtant, la situation de Vincent n’est pas concernée par cette loi car il n’est ni malade ni en fin de vie. Deuxièmement, en se basant sur une triple expertise médicale ; pourtant, les trois médecins avaient conclu qu’il ne fallait justement pas laisser mourir Vincent. Troisièmement, en se basant sur la collégialité de la décision de l’hôpital ; pourtant, les parents de Vincent n’avaient même pas été prévenus et s’étaient par la suite fermement opposés à cette décision, tandis que l’épouse de Vincent est partie vivre en Belgique loin de Vincent (les parents passent toutes leurs après-midi à s’occuper de Vincent). Quatrièmement, en se basant sur la supposée volonté de Vincent ; pourtant, Vincent n’a laissé aucune directive anticipée et a résisté au printemps 2013 à la première tentative de mise à mort en restant trente et un jours sans manger et presque sans boire, montrant une volonté exceptionnelle de rester en vie, et de plus, l’épouse de Vincent n’a fait part de cette volonté seulement quatre ans après l’accident, jamais avant, pourquoi ?

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Cette décision du Conseil d’État du 24 juin 2014 n’a donc pas enu compte des arguments développés par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui avait à deux reprise annulé la décision du CHU de Reims.

Il est clair que la situation de Vincent a été instrumentalisée par tous ceux qui voudraient légaliser l’euthanasie et qui, à terme, amèneraient une société soumise à l’eugénisme qui éliminerait les plus faibles.

Mais au-delà de l’aspect juridique, c’est surtout l’aspect humain et médical qui est révoltant. Les parents de Vincent se battent depuis deux ans et demi pour que leur fils puisse bénéficier des soins minimaux que son état requiert, à savoir des séances de kinésithérapie, des exercices pour stimuler ses sens, et aussi (cela va ensemble), un fauteuil moulé pour pouvoir apercevoir autre chose que le plafond de sa chambre. Pire, il est enfermé et sous surveillance quasi-policière et l’hôpital refuse tout transfert alors qu’un hôpital alsacien qui connaît bien le handicap dont souffre Vincent est prêt depuis longtemps à l’accueillir et à le soigner.

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Aujourd’hui, deux inquiétudes sont grandes : d’une part, sur Vincent lui-même qui est pourtant capable d’avoir quelques échanges relationnels (il est capable de remuer une jambe pour exprimer un inconfort) et qui se verrait mourir une nouvelle fois ; d’autre part, sur toutes les personnes qui ont un handicap grave et leur entourage dévoué, qui voient leur combat quotidien anéanti par cette volonté à rouleau compresseur de vouloir éliminer les plus faibles.

Parce que le médecin qui s’était acharné à vouloir arrêter l’alimentation sans l’accor de la famille a quitté l’hôpital (et s’est même reconverti dans l’activité éditoriale en paradant dans les médias sur le dos de Vincent), j’espère que le CHU de Reims saura réagir humainement à cette situation qui devrait révolter tous ceux qui sont chargés de soigner des patients et dont le but n’est pas d’éliminer les personnes affaiblies mais de rendre leur existence le plus confortable possible.

Ce n’est pas anodin que l’avocat des parents de Vincent ait mis sur le même plan la vie de Vincent et celle de Serge Atlaoui dont l’existence est, elle aussi, soumise à des aléas judiciaires particulièrement éprouvants.

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Tout le monde est concerné par cette décision. Tout le monde peut un jour être confronté à cette douloureuse situation. "Le Soleil vert" sera bientôt la réalité si les citoyens que nous sommes laissent faire… On n’aura peut-être que ce qu’on mérite. Et tant pis pour ceux qui ne pourront pas se défendre face au rouleau compresseur des impératifs économiques…


Aparté

Je reviens aussi sur quelques commentaires de mon précédent article.

L’une des raisons qui amèneraient à précipiter la mort de Vincent Lambert serait qu’il coûterait cher de le maintenir en vie. Cet argument n’a jamais été évoqué officiellement mais tout le monde peut le penser très fortement, pour y souscrire ou s’y opposer.

D’une part, c’est faux de dire qu’il coûte cher : il n’a aucune assistance artificielle pour rester en vie, il est seulement en manque d’autonomie comme des centaines de milliers de personnes dépendantes, ce qui nécessite une action extérieure pour tous les soins y compris l’alimentation et l’hydratation. Bien des personnes qui ont vécu certains graves ennuis de santé et qui ont aujourd’hui retrouvé une vie normale (ou presque) ont coûté bien plus cher que ce que Vincent coûte à la sécurité sociale même en vivant très longtemps.

D’autre part, c’est là un choix grave et réel de société. Le Royaume-Uni, par exemple, laisserait entrevoir un choix qui voudrait que si le patient n’avait pas suffisamment d’argent, il aurait plus de difficulté de se faire soigner dans les meilleures conditions. La France, elle, est basée sur la solidarité nationale et l’égalité de tous les citoyens : elle soigne d’abord et elle réfléchit après. Cela fait certes des déficits mais les gens sont soignés au moins, tout le monde en principe. Les déficits, c’est une question de budget, et de priorité budgétaire. L’euthanasie est une mesure économique effrayante dans une époque de crise financière : sa logique irait très loin si on la mettait en pratique. Ce n’est pas mon idée de l’humain : chaque vie compte, les plus faibles comme les autres, et ceux qui ont besoin d’aide doivent pouvoir l’obtenir d’un État garant de la sécurité et de la solidarité de ses citoyens.

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Autre argument évoqué, son état est incapable de maîtriser ses organes principaux. Et alors ? Il est très loin d’être le seul dans ce cas et c’est le quotidien de tous les hôpitaux et les maisons de retraite et heureusement qu’on n’élimine pas les personnes qui ont un anus artificiel ou qu’on nourrit comme des nourrissons parce qu’elles ne peuvent plus tenir une cuillère ! Quant aux escarres, c’est évitable si le personne bénéficie de séances de kinésithérapie qui compensent l’immobilité de leur corps, mais Vincent en a injustement été privé contrairement à ce qu’impose la circulaire n°2002-288 du 3 mai 2002.

Par ailleurs, toujours concernant mon précédent article ou celui-ci, j’évite de diffuser des photographies de Vincent Lambert par respect pour lui parce qu’il n’a rien demandé, qu’il n’est pas lui-même en mesure d’accepter ou de refuser cette médiatisation d’une partie de sa vie privée. D’ailleurs, son apparence n’apporte rien à la réflexion ou alors, faudrait-il détruire tous les hôpitaux et toutes les maisons de retraite puisque leurs occupants, au visage souvent fatigué et sans expression, seraient selon certains "indignes" de vivre par délit de sale gueule ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (5 juin 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Chaque vie humaine compte.
La décision de la CEDH.
Débrancher ?
La Cour européenne des droits de l'Homme.
La peine de mort.
Les sondages sur la fin de vie.
Les dix ans de la loi Leonetti.
Le vote de la loi Claeys-Leonetti en première lecture.
La loi Claeys-Leonetti en débat parlementaire.
Verbatim de la proposition Claeys-Leonetti en commission.
La proposition Claeys-Leonetti modifiée en commission.
L'euthanasie, une fausse solution.
François Hollande et la fin de vie.
Commentaire sur la proposition Claeys-Leonetti.
La consultation participative du Palais-Bourbon.
La proposition de loi n°2512 (texte intégral).
Le débat sur la fin de vie à l'Assemblée Nationale du 21 janvier 2015.
Les directives anticipées.
L'impossible destin.
La proposition Massonneau.
Présentation du rapport Claeys-Leonetti (21 janvier 2015).
Le rapport Claeys-Leonetti du 12 décembre 2014 (à télécharger).
Vidéo de François Hollande du 12 décembre 2014.
Rapport du CCNE sur le débat public concernant la fin de vie du 21 octobre 2014 (à télécharger).
Le verdict du Conseil d'État et les risques de dérives.
Le risque de la GPA.
La décision du Conseil d'État du 24 juin 2014 (texte intégral de la déclaration de Jean-Marc Sauvé).
L'élimination des plus faibles ?
Vers le rétablissement de la peine de mort ?
De Michael Schumacher à Vincent Lambert.
La nouvelle culture de la mort.
La dignité et le handicap.
Communiqué de l'Académie de Médecine du 20 janvier 2014 sur la fin de vie (texte intégral).
Le destin de l'ange.
La déclaration des évêques de France sur la fin de vie du 15 janvier 2014 (à télécharger).
La mort pour tous.
Suicide assisté à cause de 18 citoyens ?
L’avis des 18 citoyens désignés par l’IFOP sur la fin de vie publié le 16 décembre 2013 (à télécharger).
Le Comité d’éthique devient-il une succursale du PS ?
Le site officiel du Comité consultatif national d’éthique.
Le CCNE refuse l’euthanasie et le suicide assisté.
François Hollande et le retour à l'esprit de Valence ?
L’avis du CCNE sur la fin de vie à télécharger (1er juillet 2013).
Sur le rapport Sicard (18 décembre 2012).
Rapport de Didier Sicard sur la fin de vie du 18 décembre 2012 (à télécharger).
Rapport de Régis Aubry sur la fin de vie du 14 février 2012 (à télécharger).
Rapport de Jean Leonetti sur la fin de vie du 28 novembre 2008 (à télécharger).
Loi Leonetti du 22 avril 2005 (à télécharger).
Embryons humains cherchent repreneurs et expérimentateurs.
Expérimenter sur la matière humaine.
La découverte révolutionnaire de nouvelles cellules souches.
Euthanasie : les leçons de l’étranger.
Euthanasie, le bilan d’un débat.
Ne pas voter Hollande pour des raisons morales.
Alain Minc et le coût des soins des très vieux.
Lettre ouverte à Chantal Sébire.
Allocation de fin de vie.

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30 réactions à cet article    


  • Nicolas_M bibou1324 5 juin 2015 14:47

    « Ce n’est pas mon idée de l’humain »


    Voilà qui résume tout. Vous essayez de convaincre les autres d’adopter votre vision du monde.

    Alors je vais la faire courte : il y a autant de vision du monde qu’il y a d’individus. Pourquoi la votre devrait prévaloir ? « Chaque vie compte » ? Non mais c’est quoi ces c****ies ? A chaque fois que vous achetez un pot de Nutella, vous déboisez un peu plus la forêt amazonienne pour planter de la palme. Et vous condamnez des tribus à l’extinction. 

    Et vous savez quoi ? Tout le monde s’en fout. Aujourd’hui, 99% de la population n’en n’a rien à battre de la vie d’autrui. Aujourd’hui, tout le monde sait qu’en achetant des Nike, vous bousillez la vie d’enfants. Tout le monde sait qu’en roulant en voiture, vous causez 7 millions de morts par problèmes respiratoires chaque année.

    Mais on continue de le faire. Pourquoi ? Parce que la chose la plus importante, ce n’est pas et n’a jamais été la vie d’autrui. La seule chose qui compte, dans ce monde, c’est son confort et celui de ses proches.

    Alors s’il faut tuer quelques handicapés pour améliorer mon confort, je le ferai sans hésiter. Ce n’est pas très différent de rouler en voiture ou d’acheter un pot de Nutella. C’est être honnête avec soi même. C’est accepter une société, qui depuis le début de l’humanité, ne s’est jamais préoccupée de la vie des inconnus à l’autre bout de la Terre.

    • Fergus Fergus 5 juin 2015 15:33

      Bonjour, Sylvain.

      Ce que je trouve « effrayant » et « barbare », c’est votre obsession à vouloir maintenir en survie assistée, et cela pendant des années, une personne n’ayant plus la moindre chance de recouvrer les plus basiques des capacités qui font d’un être humain ce qu’il est.

      Seuls (ou presque) les intégristes religieux sont sur la même ligne que vous. Or, la compassion n’est pas du côté de ces gens-là qui ne s’expriment ainsi qu’en fonction de considérations dogmatiques, très éloignées de la souffrance des malades et de celles des proches, confrontés à une terrible et irréversible déchéance.


      • Fergus Fergus 5 juin 2015 15:34

        @ Sylvain Rakotoarison

        Et l’allusion à « Soleil vert » est totalement déplacée, pour ne pas dire indigne !


      • alainmarc 5 juin 2015 18:09

        @Fergus
        Bonsoir,
        Je ne suis pas toujours d’accord avec vos idées mais cette fois ci j’adhère à 200%.
        Merci d’avoir exprimé ce que je ressentais.


      • jmdest62 jmdest62 6 juin 2015 11:08

        @Fergus

        « ..... les plus basiques des capacités qui font d’un être humain ce qu’il est..... »

        c’est quoi : « les plus basiques des capacités » ?

        Chaque année, près de 10 500 personnes meurent par suicide, Entre 176 000 et 200 000 tentatives de suicide sont prises en charge chaque année par les urgences hospitalières.  source santé.gouv.fr

        200 000 personnes/an considèrent et expriment qu’elles n’ont plus les plus basiques des capacités qui font d’un être humain ce qu’il est....et pourtant on les soigne ?!!!

        Expliquez moi ce paradoxe ?

        @+


      • jmdest62 jmdest62 6 juin 2015 11:29

        @Fergus

        « ....Seuls (ou presque) les intégristes religieux sont sur la même ligne que vous..... »

        Je ne suis pas un intégriste religieux et pourtant j’essaie de comprendre les arguments de l’auteur.

        Expliquez moi pourquoi la femme de V. Lambert ne « suicide » pas son mari. ?

        Elle ferait acte de compassion et assumerait ainsi pleinement sa position au lieu de se retrancher derrière des décisions de justice. 

        En 2003 la mère de V. Humbert avait eu le courage d’aller au bout de ses convictions

        @+


      •  C BARRATIER C BARRATIER 5 juin 2015 15:57

        La justice des hommes a parlé, elle n’est pas assassine contrairement à celle de prétendus dieux de l’inquisition ou de la charia ou encore des assassins de Cisjordanie. Elle est la justice des hommes c’est tout. Il est abusif et mensonger de parler d’assassinat, et de dire que le malheureux ne coute reien à l’hôpital quand on connait le prix de journée. Aucun des défenseurs de cette vie assistée qui n’est pas une vie d’ailleurs ne propose de prendre le malheureux chez lui et de s’en occuper. Ils préfère,nt l’auteur en tête mettre en cause notre justice, celle des hommes, au nom de leurs idées à eux. Ils ne manquent pas d’air.
        Ces contestation contribuent à affaiblir le respect des juges et autres fonctionnaires au nom de sa propre prétendue supériorité. Il est plus confortable de laisser faire que de trancher. Et de prendre ses reponsabilités.
        Voir en table des news

        Fonction publique : l’affaiblir pour la faire détester

         

        http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=232

         


        • jmdest62 jmdest62 6 juin 2015 07:55

          @C BARRATIER
           
          bonjour

          vous écrivez...

          "...Aucun des défenseurs de cette vie assistée qui n’est pas une vie d’ailleurs ne propose de prendre le malheureux chez lui et de s’en occuper...."

          et si les parents de V. Lambert décidaient ,justement , de le soustraire au CHU de Reims et de l’installer chez eux , afin de s’en occuper comme ils le souhaitent ......en auraient-ils le droit ?

          si qqn a une réponse .....je suis preneur

          @+


        • Fergus Fergus 6 juin 2015 09:26

          @ jmdest62

          Ils ne pourraient en avoir le droit qu’avec l’accord de l’épouse, seule personne ayant réellement autorité sur une question comme celle-ci. Dans un tel cas, et compte tenu des positions rigoureusement antagonistes des parties, je doute qu’une solution de ce type puisse être mise en place.

          Bonne journée.



          • jmdest62 jmdest62 6 juin 2015 10:16

            @Ouallonsnous ?

            Bonjour ,

            Rien ne vous oblige à lire la prose de l’auteur. ni à échanger sur le sujet....quel est votre problème , ?

            @+


          • robert 5 juin 2015 17:47

            par contre, le temps que vous écriviez ce nartik, les 10zaines de morts sous les bombes et missiles civilisés, ce n’est pas barbare bien sûr.


            • Samson Samson 5 juin 2015 17:55

              « Il n’y a malheureusement pas d’autre mot que »barbare" pour qualifier une société qui accepte juridiquement le principe de faire mourir intentionnellement une personne présentant un handicap sans capacité de se défendre. Une acceptation que les impératifs économiques généraliseront à terme. C’est effrayant !« 
              Bien d’accord avec vous, c’est effrayant !
              La marchandisation du monde est à ce prix : seules valent les existences - tant végétales qu’animales et humaines - »utiles« , soit rentables, les »impératifs économiques" nécessitent qu’on élimine les autres.
              Si donc je souscris en tout point à votre constat, je m’étonne d’autant plus de votre acharnement à nous vanter par ailleurs les vertus d’une Commission et d’autres institutions €uropéennes toutes dévouées à nous asservir à ce système économique ultra-libéral aussi suicidaire que mortifère.

              En vous présentant, comme de coutume, mes très cordiales salutations ! smiley


              • Ladioss 5 juin 2015 18:16

                Certaines réactions ici m’effraient presque autant.

                Droit à l’euthanasie + Euthanasie pour raisons économiques = imaginez la situation dans cinquante ans : dès que votre productivité s’effondrera en-dessous d’un certain seuil, direction la morgue.

                La vision scientiste / utilitariste qui prévaut aujourd’hui et sa négation du caractère sacré de la vie humaine est en train de nous rendre monstrueusement fous. Si on ajoute à ça le régime néo-féodal composé de l’Etat totalitaire allié objectif de super-corporations multinationales et placées au-delà du champs de la loi qui se met doucement en place, on a la peinture complète de ce qui se met en place.


                • Fergus Fergus 5 juin 2015 19:23

                  Bonsoir, Ladioss

                  En l’occurrence, il ne s’agit pas d’« euthanasier », mais de stopper un acharnement que l’on ne peut même pas qualifier de « thérapeutique », une thérapie ayant pour objet de soigner un malade et non de le maintenir durant des années à l’état de légume sans le moindre espoir.


                • jmdest62 jmdest62 6 juin 2015 08:30

                  @Fergus

                  « il ne s’agit pas d’« euthanasier.. »
                  je crois bien que si ...... si je ne m’abuse avec un minimum de soins V. Lambert vit (d’ailleurs depuis le temps que dure cette affaire , il est encore là)...pas comme vous imaginez ce qu’est vivre mais il vit.
                  (voir la question que je pose plus haut )

                  Ce qui je pense est le plus à craindre c’est l’engrenage dans le quel on risque de mettre le doigt.

                  Je connais une personne atteinte d’une maladie assez rare....qui l’empêche d’avoir une activité professionnelle et de faire le moindre effort. Son traitement coûte 50 000 Euros /an remboursé à 100% par la SS.
                   il prend ce traitement depuis trois ans et normalement devra le faire jusqu’à sa mort.

                  Il ne peut pas financer ce traitement aussi , si par une directive d’un ministre quelconque le traitement venait à ne plus être remboursé ....cela « abrégerait » ses souffrances qui bien que encore supportables sont bien réelles et s’aggravent de jour en jour.

                  D’après vous jusqu’à COMBIEN ? /an la société doit-elle accepter de payer pour ce malade qui ne sert plus à rien ?

                  @+


                • Fergus Fergus 6 juin 2015 09:18

                  Bonjour, jmdest62

                  Les cas de Vincent Lambert et de la personne sont vous parlez sont foncièrement différents : on parle de vie (quel mot inapproprié !) végétative pour le premier, avec une activité cérébrale réduite à des aspects fonctionnels inconscients alors que le second, s’il est dans la souffrance de sa maladie, n’en a pas moins une vie intellectuelle intacte et peut échanger avec son entourage.

                  Arrêter de maintenir artificiellement en vie le premier ne peut aucunement être considéré comme de l’euthanasie. Décider de supprimer le second relèverait effectivement de l’euthanasie. Ce serait même du meurtre si la décision d’euthanasier était basée sur une question de coût.

                  Débrancher un malade comme Vincent Lambert est une acte de compassion ; le maintenir en vie végétative sans retour est un acte de torture, sinon pour la malade, inconscient, du moins pour son entourage.


                • foufouille foufouille 6 juin 2015 09:59

                  @Fergus
                  "une thérapie ayant pour objet de soigner un malade et non de le maintenir durant des années à l’état de légume sans le moindre espoir."
                  l’espoir est le même que l’était pour un paraplégique.


                • jmdest62 jmdest62 6 juin 2015 10:10

                  @Fergus

                  Salut Fergus.....

                  Ce que vous n’avez peut-être pas compris dans mon exemple c’est que ....« ON » commence , par compassion , par « abréger » les souffrances d’un V. Lambert .....puis de proche en proche « ON » bouge le curseur de ce qui est tolérable et « ON » en arrive à reconsidérer des cas comme celui de mon ami ....

                  Pouvez vous me garantir qu’ « ON » n’ira jamais plus loin.

                  ON = un ministre , une administration , l’opinion publique ....c’est à dire pas moi (pas vous !) mais l’autre !

                  Faut-il rappeler que dès qu’il en a l’occasion , « ON » se laisse aller à toutes les dérives.....

                  Homo homini lupus est

                  @+

                   


                • Fergus Fergus 6 juin 2015 12:16

                  Bonjour, foufouille

                  Non, cent fois non : un paraplégique est conscient et peut avoir une activité intellectuelle !


                • foufouille foufouille 6 juin 2015 13:36

                  @Fergus
                  mais si c’est le même type celui de sortir du handicap ce qui es un peu plus possible de nos jours pour un paraplégique qui avait aucun espoir avant..


                • hunter hunter 5 juin 2015 19:03

                  Merci Sylvain, oui ce truc est abominable !

                  Merci à Samson et Ladioss pour leurs réactions, et aussi à Bibou pour sa franchise : par sa réaction, il démontre honnêtement que dorénavant, il n’y a plus grande différence entre une vie humaine, un pot de nutella et une paire de nike !

                  Voilà ! Ils ont gagné ! Comme je le disais dans un autre post, il n’y a dorénavant plus aucun espoir !

                  Adishatz

                  H/


                  • sls0 sls0 5 juin 2015 19:34

                    Pendant qu’elle y est la cour européenne pourrait aussi s’occuper des 6 millions de morts annuels du fait de la malnutrition. Là je suis certain qu’il ne cherchent pas la délivrance dans la mort.

                    Si je me base sur ce graphe, après 2030 il faudra en débrancher des appareils pour atteindre les 4 milliards d’habitants.
                    Il y a une parfaite corrélation entre l’énergie disponible et la population on fera avec.


                    • 65beve 65beve 5 juin 2015 23:16

                      Bonsoir à tous.

                      Le problème de monsieur Lambert, c’est son absence de testament de son choix de fin de vie.
                      Avec un tel document signé sain d’esprit et de corps sa mère se serait inclinée devant sa volonté.
                      Je plains sincèrement cette pauvre femme qui va vivre un enfer dans l’attente du dénouement annoncé.
                      L’auteur, votre plaidoyer, c’est de la pataphysique.
                      Vous ne convaincrez pas grand monde.
                      cdlt.


                      • Fergus Fergus 6 juin 2015 09:23

                        Bonjour, 65beve

                        « Avec un tel document signé sain d’esprit et de corps sa mère se serait inclinée devant sa volonté. »

                        On ne peut en être certain tant cette femme est animée par des considérations religieuses « intégristes », et je ne fais là que reprendre le mot des frères et sœurs de Vincent Lambert.

                        « Je plains sincèrement cette pauvre femme qui va vivre un enfer dans l’attente du dénouement annoncé. »

                        Sans doute, et je comprends votre réserve sur ce point. Mais l’enfer vécu actuellement par l’épouse ainsi que les frères et sœurs, tous favorables au débranchement, semble tout aussi éprouvant.


                      • Fergus Fergus 6 juin 2015 17:13

                        Bonjour, oncle archibald

                        « lire que des tiers sont « favorables au débranchement » c’est absolument insupportable stricto sensu »

                        C’est pourtant la réalité avérée des propos tenus par l’épouse et la fratrie de Vincent Lambert.

                        « ’C’est le rétablissement de la peine de mort »

                        Evidemment non, car la peine de mort est un châtiment infligé à une personne qui en perçoit l’horreur pour lui-même. N’oubliez pas qu’il n’y a pas si longtemps, le problème posé par Vincent Lambert ne se serait même pas posé : il serait mort depuis des années faute d’un acharnement médical qui n’existait pas.

                        D’accord avec vous sur la « directive anticipée ». Encore faut-il qu’elle existe, et ce n’est pas près d’être généralisé, entre les jeunes qui n’envisagent pas un handicap de ce genre, et toutes les personnes négligentes qui remettraient toujours à plus tard cette démarche.


                      • Iren-Nao 6 juin 2015 02:46

                        La mort n’a aucune importance, surtout pour les morts.
                        Le jour de ta naissance tu es assez vieux pour mourir, et de toute façon la mort t’attend.
                        Même Rako, c’est assez rassurant.
                        C’est plus pénible pour certains survivants temporaires, mais l’acharnement a faire respirer etc, ce pauvre type est pour le moins criminel, c’est juste de l’égoïsme parental.
                        J’ai peur du chagrin, de ma mort pas du tout.
                        Iren-Nao


                        • Le p’tit Charles 6 juin 2015 10:07

                          Article pour végétarien...qui ne mange que des légumes..

                          Ou la parfaite méconnaissance d’un sujet et surtout l’acharnement à faire durer la « TORTURE » d’un patient irrécupérable...Vous faites du Guantanamo.. ?

                          • fcpgismo fcpgismo 6 juin 2015 14:52

                            Intégriste,Fanatique,Fasciste les qualificatifs qui vous caractérisent le mieux ;Sarkozyste tendance Boutin

                            Je n’ai pas choisi de vivre mais je choisirai ma mort le moment venu, le plus tard possible.
                            Après mon deuxième coma de plus de quinze jours j’ ai failli tout arrêter j’ avais 26 ans. ( leucémie, greffe,staphylocoque doré septicémie, streptocoque etc...)
                            A 53 ans aujourd’hui ferai un choix différent.
                            Cher BARBARE bien à vous.

                            • Samson Samson 7 juin 2015 18:47

                              Et voilà que je me surprends à coucher noir sur blanc ma propre volonté sur les dispositions à adopter en cas de malheur me concernant !

                              On n’est jamais trop prudent !

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