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Accueil du site > Actualités > Société > Euthanasie : l’humanisme, n’est-ce pas laisser mourir comme on (...)

Euthanasie : l’humanisme, n’est-ce pas laisser mourir comme on le souhaite ?

Non seulement la Cour Européenne des Droits de l’Homme ne devrait pas avoir son mot à dire dans le jugement du Conseil d’Etat dans l’affaire Vincent Lambert, aussi douloureuse soit-elle. Mais sur le fond, cette affaire et celle du docteur Bonnemaison raniment le nécessaire débat sur l’euthanasie.

Une question délicate
 
La question de l’euthanasie est une question forcément délicate puisqu’elle touche à notre rapport à la mort. Naturellement, nous avons toujours l’espoir de trouver des moyens de soigner les cas les plus désespérés. En ce sens, la sortie du coma de Michael Schumacher montre que les soins, la volonté humaine et la persistance permettent de déplacer des montagnes. Les opposants soulignent le risque d’abus par souci d’économie et décrivent un avenir sombre où des malades pourraient être supprimés pour de mauvaises raisons. Mais une part de l’opposition à l’euthanasie aussi vient de motifs religieux, comme je le pointais en 2008 avec François Fillon.
 
Déjà, en 2008, le cas de Chantal Sébire avait sensibilité l’opinion. C’était une femme défigurée par une maladie extrêmement douloureuse qui souhaitait de l’aide pour mettre fin à sa vie. Mais la loi ne permettait qu’une euthanasie passive, à savoir le fait de ne pas nourrir le patient, qui peut alors mourir dans des souffrances guère acceptables. Tout ceci avait poussé à un nouvel examen de la loi Léonetti mais, malgré une opinion publique qui y était favorable, les réticences d’une partie de la majorité d’alors, au premier rang de laquelle le Premier Ministre, n’avait pas permis d’avancée notable sur ce dossier. Les cas de Vincent Lambert et du docteur Bonnemaison, qui peut aussi demander le reexamen de sa radiation, viennent de rallumer le débat sur ce sujet.
 
De l’humanité et de l’état de nature

Au final, je continue de penser qu’il y a quelque chose d’horrible, et même d’inhumain, à ne pas permettre à une personne qui le souhaite vraiment, de recevoir de l’aide pour mettre fin à sa vie. Pourquoi faudrait-il leur imposer un suicide violent ? N’y a-t-il pas quelque chose de proprement inhumain à leur imposer de laisser faire la nature, d’autant plus que dans de nombreux cas, il ne s’agit que de la laisser faire qu’en partie puisque les médications prolongent la vie d’un temps qui n’est même pas souhaité par la personne, alors prisonnière de son corps. Bien sûr, la vie est quelque chose de précieux, mais ne s’agit-il pas d’un fétichisme inhumain d’empêcher des personnes qui souhaitent en finir l’assistance dont elles ont besoin  ?

Il est bien évident que le suicide assisté, tel qu’il est pratiqué en Belgique, doit être encadré d’une manière extrêmement sérieuse. Mais le soutien apporté au docteur Bonnemaison par des familles de personnes qu’il aurait aidées à mourir amène à se demander si l’humanisme, paradoxalement, n’est pas dans le fait d’être prêt à aider à mourir, dans des circonstances bien précises évidemment. Bien sûr, il faut mettre au point un dispositif qui garantit qu’il ne s’agit pas d’un coup de tête temporaire, que le patient le souhaite véritablement, que son cas est véritablement sans espoir (ce qui impliquera le jugement de plusieurs médecins). Mais avec de telles règles en place, je ne vois pas au nom de quoi il ne faudrait pas accepter une réforme de l’euthanasie.

Bien sûr, il est délicat de faire dépendre l’agenda législatif des aléas de l’actualité. Et je reconnais ici que la question posée ici n’est pas simple, et respecte les opinions contraires. Mais je n’en reste pas moins convaincu qu’il serait plus humain de faciliter, de manière bien encadrée, l’euthanasie.


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28 réactions à cet article    


  • philippe913 30 juin 2014 11:10

    « Non seulement la Cour Européenne des Droits de l’Homme ne devrait pas avoir son mot à dire dans le jugement du Conseil d’Etat dans l’affaire Vincent Lambert, aussi douloureuse soit-elle. »

    et pourquoi donc ?


    • claude-michel claude-michel 30 juin 2014 11:14

      heu...nous sommes sous le dicta de l’UE..nous ne décidons plus de rien...Les « ploucs » de l’assemblée sont payés pour ne rien faire..des parasites..Quand au gouvernement..il regarde passer les trains en remplissant ses poches avec notre argent.. !


      • KARMANIOL 30 juin 2014 11:21

        Quand on n’a qu’à dire des banalités déjà dites autant se taire.


        Si tous les militants de DLR sont aussi conformistes que vous le régime Hollande n’a rien à craindre. On en a un peu assez des politicards qui viennent du commercial, arrivistes sans tripes.

        N’oubliez pas d’effacer AUSSI ce post, comme les autres, susceptible ?


        • Rounga Rounga 30 juin 2014 11:39

          Un excellent texte sur le cas Chantal Sébire :
          Le ridicule tue (Marc-Edouard Nabe)
          Un autre texte qui interroge notre rapport à la mort :
          Lettre à la Mort (c’est de moi)


          • jmdest62 jmdest62 30 juin 2014 11:42

            @ l’auteur

            Je me demande pourquoi ceux qui veulent <abréger les souffrances> de V. Lambert s’en remettent aux médecins et n’assument pas leur position en l’ « Euthanasiant » eux - même .
            Ils seront alors jugés ...et surement acquittés comme le docteur Bonnemaison Non ?

            @+


            • Nicolas_M bibou1324 30 juin 2014 13:45

              Je fais partie de ceux qui veulent <abréger les souffrances> de V. Lambert.


              Je ne m’en remet pas aux médecins dont je me fiche comme de mes premières coliques, et encore moins à un quelconque juge sorti d’on ne sait où. Je m’en remet au jugement de Vincent Lambert lui même, ayant expressément demander à mourir si le cas d’aujourd’hui se présentait. C’est à mon avis la seule opinion qui doit compter.

              Quand à l’euthanasier moi même, n’ayant aucune confiance en la justice française, je ne le ferai pas. Si vous m’assurez l’absence de poursuites, je le ferai avec plaisir, comme je le ferai avec plaisir pour n’importe quel membre de ma famille souhaitant mourir et étant dans un cas similaire. Et sans aucun remord ni aucune hésitation.

            • jmdest62 jmdest62 1er juillet 2014 09:42

              @ bibou

              en clair , vous avez des convictions dont vous ne voulez pas assumer les risques/conséquences .

              Que valent vos convictions ?....

              @+


            • César Castique César Castique 30 juin 2014 11:57

              « Euthanasie : l’humanisme, n’est-ce pas laisser mourir comme on le souhaite ? »


              Et ceux qui ne sont pas en état de souhaiter quoi que ce soit, on pourrait souhaiter à leur place ? 

              A ce propos, on notera que les médecins les plus progressistes affirment déjà que tuer un nouveau-né, n’est pas plus éthiquement condamnable que de pratiquer un avortement, puisque dans les deux cas, les créatures n’ont pas conscience d’être en vie... 

              Les défenseurs de cette thèse parlent d’avortement post-partum. Il faut reconnaître que les Nazis éraient quand même beaucoup moins chichiteurs... C’était avant le politiquement correct.

              P.S. - Quand une société met le doigt dans certains engrenages, on ne sait pas où la mèneront ceux qui prendront le relais des Pinsolle et consorts actuels.

              • Nicolas_M bibou1324 30 juin 2014 13:47

                Les Pays Bas pratiquent l’euthanasie sur les nourrissons jusqu’à 1 an, lorsqu’ils ne sont pas viables à long terme. Il n’y a jamais eu la moindre dérive constatée.


              • César Castique César Castique 30 juin 2014 16:47

                « Il n’y a jamais eu la moindre dérive constatée. »


                Pourquoi est-ce qu’il y aurait des dérives ? L’avortement post-partum n’est encore qu’une perspective, destinée à se concrétiser, si la régression morale se poursuit.

                On a connu un processus du même ordre avec le PACS, parce qu’il s’ouvrait presque naturellement sur le mariage et l’adoption par les couples homosexuels. Raison pour laquelle, à l’époque, je professais qu’il fallait dire NON au PACS, pour n’avoir jamais avoir à dire NON au mariage et à l’adoption.

                A l’époque aussi, il y a de pauvres jobards, et des malhonnêtes aussi, qui m’accusaient d’instruire un abject procès d’intention. Mais ja savais que l’avenir me donnerait raison, parce qu’il est infiniment plus facile de prévoir les dérapages d’une société que les numéros du prochain tirage de l’Euromillions



              • baron 30 juin 2014 13:35

                Nous vivons dans une société en perdition, on va commencer par mettre en avant des cas extrèmes et pour finir les handicapés, les improductifs et de nombreux autres passeront à la casseroles.


                Voila qu’un médecin meurtrier vient d’être acquitté, il faut véritablement s’en inquieter.

                Alors que l’on a supprimé la peine de mort pour les pires criminels, voila que la société met en place un système pour éliminer des individus dont le seul tort est d’être malade ou trop vieux.

                Cela est gravissime 

                • Nicolas_M bibou1324 30 juin 2014 13:54

                  Je préfère une société qui écoute ce que souhaitent les citoyens. Les citoyens concernés, bien sûr. Que demandent les seniors ? L’euthanasie, pour 98% d’entre eux. [lien]


                  Quand à la peine de mort, il semble que la majorité des français ou presque y soit favorable [lien]. On y reviendra peut être. Et tant mieux si c’est ce que les français souhaitent.

                  Votre vision idéaliste d’une vie qu’il faut préserver à tout prix, n’est pas la vision qu’en ont les français. Faut bien crever un jour, mieux vaut tôt en bonne santé que tard dans la souffrance.

                • jmdest62 jmdest62 1er juillet 2014 09:55

                  @ bibou

                  "...... Faut bien crever un jour, mieux vaut tôt en bonne santé que tard dans la souffrance....."

                  Cette phrase est complètement ridicule.
                  Qu’attendez vous pour vous pendre tout de suite au lieu de débiter des âneries sur ce forum ...car si vous êtes encore en bonne santé ...un accident de voiture pourrait , dès demain , vous rendre infirme avec d’horribles souffrances.
                  Encore une fois qu’attendez vous pour assumer vos <convictions> ?

                  Autre chose : pouvez vous me définir ce qu’est <LA souffrance> ?

                  @+


                • Loatse Loatse 30 juin 2014 13:42

                  Certains patients expriment le souhait de mourir or il s’avère que pour beaucoup d’entre eux, derrière cette volonté s’exprime le souhait que soit soulagée leur souffrance... (morale et physique) plus que d’abréger leur existence.. C’est ce que révêlait un médecin officiant en service de soins palliatifs...

                  Qui d’autre que le personnel médical, confontés chaque jour à des cas difficiles, pour faire preuve de discernement et agir si besoin est à bon escient ?

                  Dans le cas des patients en état végétatif ou comme le cas de Vincent Lambert, en état de conscience minimale, là encore ce sont les médecins qui sont à même de reconnaître les signes cliniques de douleur chez leur patient, et d’évaluer quelles sont les chances que le patient sorte un jour de son enfermement en lui même au vu de l’amélioration ou pas de ses capacités de récupération....

                  Ce doit être une torture pour une mère de renoncer à l’espoir et de laisser partir son enfant... car il s’agit bien de cela et non pas d’euthanasie dans le terme strict du terme...
                   
                  Sans ce maintien de « vie » artificiel qui ne garantit que le fonctionnement des fonctions vitales et qui, au delà d’un certain laps de temps et en l’absence de progrès tangible pouvant laisser espèrer le retour à un minimum d’autonomie, se transforme en acharnement thérapeutique ; la question ne se poserait pas.

                  Ce qui revient à définir, en l’absence de la volonté du patient clairement exprimée, les limites au delà desquelle, la dignité de celui ci est atteinte... (souffrances subies dans un état quasi végétatif et absence d’amélioration pouvant laisser espérer un retour à un état de conscience suffisant pour communiquer et exprimer sa volonté).

                  Peuvent s’applique dans ce cas si douloureux pour l’entourage les paroles de jean à la famille de Lazarre (en l’occurence la maman de vincent, croyante) 

                   (jn 11 - 44) :

                  « Déliez-le, et laissez-le s’en aller. »

                   






                  • Le chardon Le chardon 1er juillet 2014 10:27

                    « Peuvent s’applique dans ce cas si douloureux pour l’entourage les paroles de jean à la famille de Lazarre »

                    J’en doute fortement. L’évangile parle d’un Lazare rescussité à débarrasser de ses bandelettes, pas d’un tétraplégique à abattre. Il est donc question ici d’un mort qui revient à la vie, non d’un vivant à tuer. Vous faites, AMHA, un énorme contre-sens. Et c’est Lazare. (un seul « r »)


                  • Lambda posteur 30 juin 2014 13:45

                    C’est le reflet exact de notre société du spectacle :
                     Toute cette médiatisation, cette crispation autour de « valeurs » divergentes et surtout cette débauche d’ énergie dépensée à maintenir une vie qui n’a plus de sens alors que des milliers d’autre disparaissent chaque jour sans bruit, dans l’indifférence totale.

                    Indignation très sélective.


                    • Furax Furax 30 juin 2014 14:39

                      J’ai longtemps hésité à répondre...
                      Ce sujet gravissime mérite un débat. Débat que refuse systématiquement monsieur Pinsolle.
                      Je lui conseille pourtant de visionner ce film qui nous parle surtout de ce qui se passe en Belgique :
                      https://www.youtube.com/watch?v=jN3PSI3XsFI
                      En particulier à 9’ euthanasie des déments
                      à 18’353« , la difficulté de dénonciation des abus.
                      à 20’10 »au moius un euthanasié sur deux n’a pas donné son accord
                      Mais tout le document est extrêmement intéressant.
                      Et, puisque tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ;
                      http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Euthanasie-les-Nations-unies-epinglent-les-Pays-Bas


                      • Loatse Loatse 30 juin 2014 17:24

                        Il est très bien ce documentaire que vous avez mis en lien, Furax. De celui ci il ressort de la part de ces soignants que priorité doit être donné à la qualité du soin et à l’écoute du patient, de ses souffrances et de ses motivations...

                        C’est bien pour sauvegarder un système de soin performant et éviter les dérives que tout doit être fait pour éviter que l’austérité frappe le secteur hospitalier... limitant ainsi le recours à l’euthanasie que dans les cas les plus graves comme celui des maladis incurables ou chroniques dont on ne saurait soulager efficacement la douleur (car ces cas existent quelques soient le professionnalisme et l’humanité des soignants)

                        J’ai souvenir qu’en 2012 ; la belgique cherchant à faire des économies dans le secteur de la santé envisageait de dérembourser l’oxygènothérapie pour 8000 malades souffrant d’insuffisance respiratoire... je ne sais ce qu’il est advenu par la suite...


                      • foufouille foufouille 30 juin 2014 16:11

                        Mais je n’en reste pas moins convaincu qu’il serait plus humain de faciliter, de manière bien encadrée, l’euthanasie.

                        c’est impossible. tout simplement car tous les médecins ne sont pas assez compétents pour savoir si tu vas dcd ou pas.

                        d’autre part, la médecine est faite de progrès au pifomêtre. sans patient volontaire pour survivre, il y aura plus aucun progrès.
                        ce serait mieux d’autoriser toutes les drogue en soins intensifs/palliatifs
                        le plus chiant c’est la douleur et les cons par abscence desoutien moral


                        • foufouille foufouille 30 juin 2014 16:12

                          le corps humain n’est pas un moteur de voiture.. il y a pas de carburateur avec 2 boulons à démonter


                        • lsga lsga 30 juin 2014 16:13

                          attends qu’on maîtrise les nanotechs, et tu verras si c pas un moteur de voiture... 


                        • TREKKOTAZ TREKKOTAZ 30 juin 2014 19:06

                          On s’ en bat les steacks de ces quelques malades en souffrance, l’ euthanasie est la porte ouverte à toutes les dérives.Ces malades ont droit à la dignité d’ un lit d’ hopital. 453 SDF morts en 2013 en France : occupez vous d’ abord de ces gens qui crèvent comme des chiens !


                          • Manu Manu 30 juin 2014 19:08

                            Je reviens toujours avec la même question sur ce sujet :

                            Si l’euthanasie est autorisée, continuera-t-on de tenter de sauver ceux qui tentent de suicider ?

                            Pourquoi refuserait-on le droit de mourir à une personne valide ?


                            • Xenozoid 30 juin 2014 19:12

                              Manu,tu accepte la guerre, tu la valide ?si la guerre est légalisé est ce le fait que la guerre est géneralisée comme solution ou comme un fait accomplit ?


                              • Xenozoid 30 juin 2014 19:49

                                comment on appelle cela,une société qui ne vie pas la mort,mais la regarde ?


                                • soi même 30 juin 2014 20:01

                                  (l’humanisme, n’est-ce pas laisser mourir comme on le souhaite ? ) c’est extraordinaire ce renversement de valeur, à ce que je sache l’humanisme était un état d’âme qui accompagnait le mourant, aujourd’hui c’est le souhait de choisir sa mort !


                                  • zygzornifle zygzornifle 1er juillet 2014 08:06

                                    Il y a 380 Sénateurs à euthanasier et un bon nombre de Députés.....


                                    • baron 1er juillet 2014 13:54

                                      Bien dit foufouille, les ordures qui veulent tuer une partie de la population se réveillent, il est temps de les remettre à leur place verbalement, avant d’exaucer leur voeux et de mettre fin à leur souffrance.


                                      Au stade ou nous en sommes il sera difficile de ne pas épurer la société de sa vermine, le temps n’est pas loin, certains vont être surpris de se retrouver du mauvais coté du manche.

                                       Le retour de balancier vous connaissez ?

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