Le coq Gaulois, mauvais produit d’exportation touristique ?
Les résultats d’une enquête effectuée par TNS-Infratest pour le compte du voyagiste Expedia ont rapidement fait le tour du net en provoquant des réactions aussi diverses que commentées à leur tour. Il en ressort une appréciation critique méritant effectivement quelques précisions.

Ca se discute…
Et ceci en plusieurs points énoncés :
• Les Français sont mauvais en langues : à force de le répéter, on va finir par y croire, c’est la méthode dite Coué. Renversons l’analyse : dans les villes hexagonales à valeur touristique avérée, les touristes étrangers font-ils forcément toujours l’effort de s’exprimer dans une langue tierce voire celle de Molière dans le meilleur des cas ? A vérifier tant il semble que l’expérience en ce domaine à travers les commentaires de plusieurs sites d’informations et de forums apparaît contrastée. En outre, et par un singulier retournement de situation, n’est-ce pas au professionnel du tourisme de faire un effort pour comprendre les desiderata de ses clients ? Faire reporter la charge de la langue sur le touriste étranger est un procédé quelque peu cavalier qui, s’il ne doit pas absoudre l’intérêt de l’apprentissage de langues étrangères par tout individu, ne peut lénifier l’objectif de satisfaction du visiteur dans un établissement digne de ce nom.
• L’effet de masse : pour qui a déjà observé de l’intérieur ou même subi de l’extérieur l’invasion de hordes touristiques en formations compactes, il est difficile de prétendre que l’on soit enclin de composer favorablement avec un amas informe d’êtres vociférants. S’il est une généralité à opérer c’est bien celle-là au-delà de la question de la nationalité : le tourisme de masse est impropre à la découverte et à la communication tout en renforçant les travers les plus détestables. Ainsi lorsqu’il est reproché le manque de courtoisie et de politesse aux Français, il apparaît difficile d’accabler plus ces derniers que d’autres nationalités tant l’aménité est rarement une vertu décelée au sein de groupes en transhumance.
• Les Français sont pingres : et si l’on corrélait le pouvoir d’achat à cette pingrerie ? Un Japonais ou un Allemand disposant d’un pouvoir d’achat supérieur à celui d’un Français ne doivent-ils être appréciés que sur cette capacité à délivrer pourboires et à s’enticher de divers services surfacturés ? En somme n’est-ce pas avouer concrètement qu’il y a une prime au plus dépensier ? Dans cette optique, le touriste le plus sympathique n’est bien évidemment plus celui qui le plus attentif et ouvert à son environnement mais bel et bien celui qui serait le moins regardant quant à son débit de devises.
• Les Français sont râleurs : alors que les Japonais sont si polis et tranquilles… Oui mais si les grognards hexagonaux ne se privent pas pour éructer leurs reproches, sont-ils pour autant toujours coupables de se manifester en cas d’insatisfaction notoire ? Le touriste idéal serait-il celui que l’on puisse arnaquer en toute sérénité avec la vaseline en option payante ?
• Pourquoi n’est-il pas possible de trouver la version originale de l’enquête si abondamment citée, ni sur le site d’Expedia ni sur le site de TNS-Infratest ? D’où les différences de chiffres et de dates notables entre les différents articles ainsi que bien évidemment des informations lacunaires. Si celle-ci a été effectivement rendue publique comme l’assènent divers journaux en ligne, alors où est-elle disponible, en quelque langue que cela soit ? Et pourquoi les différents sites en traitant ne donnent-ils pas un tableau synthétique de ces résultats ou un récapitulatif des questions dans leur formulation originelle ? Si une bonne âme serait en mesure de nous transmettre le document en question alors qu’il ne s’en prive aucunement à travers le fil de commentaires de telle sorte que chacun puisse parfaire son idée sur la question. Pour l’heure nous sommes en présence de sources indirectes affichant une étrange impression d’à peu près.
Les Français comme tout peuple sont porteurs à la fois de qualités et de défauts, plus ou moins visibles et subjectifs en fonction de la culture de référence de l’observateur. Il n’en demeure pas moins que l’on est en demeure de relativiser sérieusement cette étude (ou tout du moins les extraits fournis) car d’une part elle ne concerne que les établissements hôteliers (impliquant une perception parcellaire et commerçante du tourisme), et ensuite elle ne semble privilégier que des spécificités propres à certains peuples (d’obédience anglo-saxonne), tel l’exemple du pourboire dont la perception et la modalité diffèrent entre les contrées [1].
[1] Article sur Wikipédia où l’on perçoit bien mieux les différences de traitement sur un sujet identique.
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