Mariage, adoption, PMA : Retour au Meilleur des Mondes
Sujet phare. Tant décrié… des arguments qui volent de part et d’autre, sans compter les insultes et accusations profuses des camps des « pros » et des « antis ».
Mais à travers ce clivage ardemment construit par nos médias et relayés par les personnalités en recherche de notoriété, sommes-nous allés au fond du problème ? Avons-nous posé la bonne question ? Pas celle visant à dire si oui ou non un enfant est plus heureux avec ou sans parents de sexe différent… Ni celle mettant en cause le droit ou non d’accéder à tel ou tel avantage au sein de la société… La question qu’il faut se poser, et que je me pose, est vers quelle société souhaitons-nous nous diriger ? Pas dans cinq, dix ou vingt ans, mais plutôt dans un siècle… Quel doit être l’objectif visé par les êtres humains à long terme et l’héritage que nous laisserons à notre descendance ? Là est la vraie question du débat. Celle que tant de gens, stupéfaits par la ferveur des réactions, n’entrevoient pas.

Je vais me risquer à une réponse. Une vision personnelle que je tiens à construire d’une façon claire et précise, dénuée de toutes considérations religieuses, spirituelles et politiques. De manière cartésienne, et en attachant une importance au respect du droit juridique.
Je vous exposerai les différents impacts de la loi, à commencer par le mariage pour tous. En reprenant la définition même de ce que cette union implique, nous verrons qu’elle mène très logiquement à l’adoption pour l’ensemble des individus et implicitement à la procréation assistée.
Si le mariage pour tous est tant décrié, ce n’est pas pour les quelques festivités que les personnes de même sexe pourront concevoir en compagnie de leurs amis. Tout le monde se réjouit au contraire de cette nouvelle qui ne peut être que bénéfique pour le marché économique lié à l’évènementiel. Non, cela, Chanel l’a bien compris. Si la loi est pointée du doigt c’est en réalité à cause de ce qu’elle implique. Le mariage étant un acte unissant deux individus reposant sur l’altérité des sexes, le consentement, l’amour et la famille, accorder ce droit aux personnes ayant une sexualité homosexuée est a priori sans conséquence et même plutôt louable. En effet, n’est-il pas sain que deux individus s’aimant puissent s’engager dans une union officielle, à travers des valeurs de fidélité, d’amour, et d’entraide ? Incontestablement, il faudrait vivre dans une société archaïque pour ne pas le reconnaître. Le problème n’est pas là pour les opposants. Il se trouve davantage dans la partie concernant la famille et la possibilité d’en fonder une.
Le raisonnement est le suivant : Puisque nous accordons le droit à tous les individus de se marier et d’avoir une famille, la société doit donc rendre possible l’accession aux enfants à tous. Et à commencer par l’adoption. Encore une fois, je l’affirme ; quoi de plus normal ? Deux être s’aimant, construisant un foyer où règne l’amour ne peut qu’être bénéfique pour un enfant. Aujourd’hui aucune étude ne démontre qu’un enfant puisse souffrir au sein d’un couple homosexuel, du moins pas plus qu’au sein d’un couple hétérosexuel. Dire que les homos seront incapables d’élever correctement un enfant est donc de ce fait insultant. Penser qu’un enfant a obligatoirement besoin d’un père et d’une mère pour s’épanouir est infondé. Il n’y a de ce fait aucuns arguments valables permettant de s’opposer raisonnablement à l’adoption d’enfant(s) par un couple de sexe similaire. Hormis le fait qu’évidemment, dans notre société actuelle, il y a un enfant à adopter pour dix couples candidats…
Et c’est là que le bât blesse. Comment satisfaire les désidératas de chacun ? De manière arbitraire ? Des quotas ? Encore une nouvelle forme de discrimination positive ? Non, les politiciens soutenant ce projet se sont bien gardés d’employer ce terme qui fait hérisser les poils des plus sceptiques. La solution, ces mêmes personnes croient l’avoir, ou du moins, l’ont eu durant un temps avant d’écarter momentanément cette hypothèse qui pourtant semble faire partie d’un raisonnement ficelé dès le départ : Permettre aux personnes qui le désirent de recourir à la procréation assistée. PMA ? GPA ? Cela vous dit certainement quelque chose et c’est sur ce point précisément que 66% des français se montrent contestataires. Il est évident qu’en cas de droit au mariage et à l’adoption, les couples homosexuels pourront avoir accès à la science pour concevoir des enfants. Les plus désintéressés diront : « Oui et alors ? Il y a bien des couples hétéros qui y ont le droit ». Je répondrai volontiers, oui, mais ils sont malades, infertiles, c’est la condition sine qua non, à une telle pratique. L’homosexualité n’étant pas une maladie, il va falloir adapter la loi. Bien… et ? Qu’attend-on ?
Suivez bien mon raisonnement. Jusqu’alors tout semblait pencher en faveur du respect de la liberté individuelle mais ce qui va suivre est capital.
Si on adapte la loi sur la procréation assistée pour permettre aux homosexuels d’avoir un enfant, il faut aussi l’adapter aux hétéros dans les mêmes proportions, sinon elle deviendrait de ce fait discriminante ? Et si on accorde le droit à un couple de le faire, il n’y a aucune raison valable constitutionnellement de le refuser aux personnes seules. On se retrouverait donc dans une société où le droit à l’enfant serait équivalent à l’accession à la propriété. Où finalement, le lien de filiation naturel n’aurait plus de sens. Notez bien que dans une telle société, je vois mal comment nos gouvernements pourront maintenir leur programme scolaire sur la procréation. Car les enfants issus de cette pratique seraient discriminés vis-à-vis des autres. On devra donc, indubitablement, supprimer la notion de père et mère pour maintenir l’équité, je ne vois pas comment on ferait autrement. Enfin, là n’est pas le point essentiel.
Comment croyez-vous que cette société évoluera d’ici 5 ou 10 ans ? Clairement, il n’y aura pas de bouleversement, au début quelques couples de même sexe auront recours à la procréation assistée mais tout se fera dans des proportions infimes et dérisoires comparées à la majorité des naissances « naturelles » (je ne sais pas si j’aurais encore le droit d’utiliser ce terme d’ici quelques temps car il sera probablement lui-aussi considéré comme discriminant).
Mais dans cinquante ans ? Quel visage aura notre société ?
Vous n’êtes pas sans savoir que les valeurs de la famille sont au plus bas. Que désormais on prône le droit à une sexualité décomplexée, libre de toutes contraintes. Nous ne sommes plus dans une société misogyne, la femme ayant désormais la possibilité de s’assumer seule, plus rien ne semble empêcher les êtres humains de vivre indépendamment sans avoir à supporter son alter ego sexuel et les contraintes que cela suppose. Parfait. Nous assistons à une hausse exponentielle des divorces, les couples sont en crise, les familles monoparentales se multiplient et les gens passent désormais plus de temps à se consacrer à leur travail et leur plaisir personnel plutôt que passer du temps avec leur proche. Totalement informatisée, la société se déshumanise, les liens sociaux se fragilisent, tout laisse à penser que le train quotidien d’une majorité de nos contemporains se résume désormais à « métro, boulot, texto, sodo, et dodo. » Une routine insipide…
Vous pensez réellement que dans une telle société, les couples vont continuer de se former ? Dès lors que la famille est accessible à un seul individu sans même à avoir à tisser des liens physiques et relationnels avec un autre de ses semblables, pensez-vous réellement qu’il s’encombrera d’un partenaire ? Les Parisiens ont leur premier enfant à 35 ans en moyenne, c’est bien la preuve qu’il y a un problème de société, qu’il faut attendre le dernier moment possible de notre vie pour en avoir. Pourquoi ? Parce que dans notre société individualiste, il n’y a pas de place pour un semblable et aucun compromis possible avec l’autre dès lors qu’on empiète sur son territoire.
Il est fort probable, pour ne pas dire sûr, qu’en cas de procréation assistée, notre société dans cinquante ou cent ans ne sera constituée que d’une minorité de familles qui continueront à procréer de manière traditionnelle. Le reste, lui, ne sera composé que de familles monoparentales (qui seront hétérosexués ou homosexués) où l’enfant deviendra une acquisition que l’on fait, comme on achète un appartement ou une voiture. Sur un simple désir égoïste d’un individu, on pourra accéder à ce droit désormais universel. Je vous passe toutes les contraintes amorales que cela suppose : ces mères porteuses qui passeraient leur temps à enchainer les grossesses pour travailler. Ce qui laisserait entrevoir une immigration massive de filles venues de pays étrangers que l’on paierait pour alimenter le marché. De la prostitution, oui. En tout cas cela en a la forme. Et comment choisirait-on le sexe de l’enfant ? Son origine ethnique ? Son patrimoine biologique ? N’est-ce pas un début d’eugénisme ?
A terme, je ne sais pas où cela nous mènera, c’est indicible. Mais, étrangement, et avec un certain effroi, je crois relire Le Meilleur des Mondes d’Huxley, où les bébés naissent sous éprouvettes et où l’on apprend très tôt à l’enfant à avoir une sexualité décomplexée et détachée de tout rapport avec l’amour. Et dire qu’il a écrit cela dans les années 30… quel visionnaire ! En 1957, dans Retour au Meilleur des Mondes, Huxley se confia et exprima son inquiétude en affirmant que Le Meilleur des Mondes était censé se dérouler d’ici plusieurs siècles et qu’il s’étonnait de voir qu’en quelques années, les choses avaient évolué plus vite qu’il ne le redoutait. Cinquante ans plus tard, nous sommes en train de nous diriger vers cette effroyable fiction, les yeux bandés, en scandant les doux noms de « Liberté, Egalité ».
Pour cette raison, et sans être homophobe, je ne peux cautionner cette loi qui nous dirige vers cet effroyable dessein. Aujourd’hui, cette initiative est l’une des plus importantes que notre société contemporaine ait connue, et notre gouvernement voudrait l’adopter sans débat, sans même consulter son peuple. Mais bon sang ? Se rendent-ils compte de la portée de l’évènement ? A court terme, je sais que les transformations ne seront pas perceptibles, mais à long terme, pourrez-vous cautionner la fin de la filiation naturelle ? Moi pas, je ne peux pas le concevoir. Avec toute la passion qui m’anime et la foi en mes convictions profondes, je ne peux pas avaler ce semblant d’évolution de société que l’on nous vend qui, sous ses airs humanistes, se révèle en fait chaotique. C’est un vrai piège que l’on tend à la société, et d’ailleurs certains homosexuels l’ont compris et ne veulent pas de cette mascarade. Alors oui, je ne vais pas le nier, à travers cette foule qui a piétiné les champs-de-mars il y avait bien quelques homophobes dissimulés. Mais je ne crois pas que ce fût le cas de la majorité. La plupart sont des gens qui, comme moi, sont inquiets de devoir remettre en question le droit naturel procréatif qui nous protège jusqu’à maintenant des dérives totalitaristes. De ces abjections qui préfigurent la constitution d’une industrialisation infantile.
Pour notre futur, pour le droit de nos enfants, et non pour le nôtre.
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