• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Médiateurs de réussite scolaire

Médiateurs de réussite scolaire

Xavier Darcos a surpris tous les acteurs de l’Education Nationale, y compris ceux qui ont soutenu ses initiatives précédentes.

Cinq mille emplois aidés pour lutter contre l’absentéisme des élèves.
Cinq mille empois précaires sans qualification particulière. Seul effet assuré : soustraire 5000 demandeurs d’emploi aux statistiques.

Effet beaucoup moins garanti : la capacité de ces personnels temporaires à convaincre les adolescents qui rejettent l’école d’être plus assidus.

Un reportage diffusé au journal de 20h jeudi 22 janvier sur France 2 présente le cas de lycéens très décomplexés qui assument sans la moindre mauvaise conscience leur choix de "faire les soldes", du shopping ou des grasses matinées à répétition.

Mieux (ou pire) encore, une élève explique comment elle modifie la grille d’emploi du temps de son carnet de liaison pour déjouer le contrôle effectué à la sortie de l’établissement et s’échapper sans difficulté.

Dans ce cas très précis, le fonctionnement de l’établissement est pris en défaut puisque l’emploi du temps de l’élève ne devrait pas être écrit au crayon mais à l’encre.

Qui est chargé d’organiser ce contrôle et de traiter plus généralement l’absentéisme ?


Les conseillers principaux d’éducation (CPE) et les assistants d’éducation. Les CPE sont des personnels titulaires formés après concours et bénéficiant de multiples actions de formation continue (sur temps de travail).

Ne rempliraient-ils plus leur mission ?

Il est vrai qu’une action syndicale corporatiste, en modifiant leur statut, les a depuis longtemps et progressivement déchargés de responsabilités en les séparant peu à peu de l’équipe de direction (qui, elle, demeure responsable 24h/24), en allègeant leur charge de travail et en réduisant le service à un maximum de 35h.

Certaines affaires urgentes sont donc traitées avec retard ou traitées directement par le chef d’établissement ou son adjoint.

Ce ne sont pas les 5000 recrutés qu’il faudra initier, informer, encadrer, stimuler (les CPE considèrent-ils que cette nouvelle tâche relève de leurs attributions statutaires ?) qui vont règler le problème de l’absentéisme.

On a vu, au moment des dernières grandes grèves lycéennes, qu’on pouvait perdre un mois de scolarité et obtenir de meilleurs taux de réussite au baccalauréat.
Les élèves savent aussi que les sanctions sont inexistantes. Est-il opérant d’exclure par conseil de discipline un élève pour cause d’absences injustifiées ? On entérine simplement un état de fait.

Les familles sont incapables de règler ce problème sur lequel elles ont pourtant plus de prise qu’une équipe enseignante désarmée.

La phobie scolaire quelle qu’elle soit trouve ses causes dans les relations entre l’élève et l’école. Entre l’élève et les adultes. Il juge s’il y a plus d’avantages que d’inconvénients à échapper à une partie ou a la totalité d’une scolarité. Il y a des cours plus "sèchés" que d’autres.

Vaste problème qui relève de la tolérance d’un système et de ses indulgences en commission d’appel, qui relève aussi de la qualité des enseignants , des équipes de direction et des parents.

On a connu, ponctuellement, des réussites obtenues grâce à la réunion de toutes ces conditions.

Conditions qui dépendent pour partie des effectifs en personnel mais beaucoup plus encore de la compétence, du dévouement, de l’implication de l’ensemble des maillons d’une chaîne sous tension.


Moyenne des avis sur cet article :  2.78/5   (9 votes)




Réagissez à l'article

12 réactions à cet article    


  • Blé 25 janvier 2009 13:50

    Les premiers maillons de la chaîne sont les parents, c’est vrai mais comment sont traités ces derniers globalement par la société ? Je ne parle pas de ceux qui vivent à Neuilly ou dans le 16 ème arrondissement, ces parents là, sont bien traités mais les autres ?

    Ceux qui sont au chômage, dans la précarité, ceux qui vivent dans des conditions indignes, que peuvent-ils attendre de notre société ? Ceux qui sont endettés jusqu’au cou, qui ne peuvent plus payer et faire face à tous les frais quotidiens que peuvent-ils faire quand le gouvernement a cassé le contrat social.
    La réponse du gouvernement est simple : suppression de la carte scolaire, réduction du temps scolaire, réduction du nombre des enseignants, réduction du personnel péri scolaire, réduction de la transmission des savoirs de base. L’éducation pour la droite n’est pas un investissement pour l’avenir mais un coût qu’il faut réduire afin de réduire les impôts des classes privilégiées.

    Que l’école devienne un lieu de vie et d’échange pour les enseignants alors les élèves iront volontiers. Pour le moment dans beaucoup d’établissements (je ne mets pas en cause le personnel) l’école c’est l’endroit où l’enfant apprend à se comparer, la compétitivité, le chacun pour soi, la hiérarchie des valeurs du moment (les valeurs en 1945 n’étaient pas celles de 2009), il apprend à ne pas apprendre. Le meilleur des médiateurs ne pourra modifier cet état de fait. Le problème est ailleurs.


    • daniel daniel 25 janvier 2009 14:18

      Merci Blé d’avoir pris le temps de commenter.
      Le problème est ailleurs, oui.
      L’école, en ce moment n’apprend pas toujours à apprendre. Même à Neuilly.Oui encore
      Ce ne sont pas les 5OOO médiateurs qui vont réduire l’absentéisme. Hélas oui toujours.
      Le problème est ailleurs. Certainement.
      Il reste que l’école ne peut pas tout et que les parents font bel et bien partie des maillons de la chaîne. Chacun a un rôle à jouer et il suffit qu’un maillon casse....
      L’école est le révélateur des crises culturelles et sociales qui nous frappent avant d’être l’outil qui les guérit.
      Alors, c’est sûr, abondance de bien ne nuit pas mais je rappelle souvent que deux surveillants dans une cour surveillent moins bien qu’un seul, et qu’en classe la démonstration est souvent faite qu’un petit effectif n’est pas toujours la solution à des problèmes d’une autre nature.
      Enfin s’il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade je souhaite aussi que les premiers paient pour les seconds.


    • JONAS JONAS 25 janvier 2009 23:30

      @ L’Auteur :

      Encore un article démagogique :

      Vous dites : Enfin s’il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade je souhaite aussi que les premiers paient pour les seconds ".

      Réflexion complètement hors sujet !

      Pourquoi les premiers paieraient pour ceux qui sont des malades volontaires, ou qui se mettent dans la situation de l’être ! ?  smiley

      C’est n’importe quoi, votre idéologie gauchiste vous fait perdre la raison  smiley


    • daniel daniel 26 janvier 2009 19:32

      Ah Jonas ! c’est la première fois de ma vie qu’on me traite de gauchiste. Sensation nouvelle et...piquante.
      Il vaut mieux être riche et bien portant .....etc.. c’est du Pierre Dac. Cette phrase qui vous met en pétard c’est ce qu’on appelle enfoncer des portes ouvertes.

      Et depuis belle lurette les premiers paient ( pas assez ou trop selon qu’on est gauchisste ou pas) pour les seconds.


    • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 25 janvier 2009 21:56

      Je comprend vos inquiétudes, mais vos critiques n’ont pas lieu d’être : n’oubliez pas qu’en politique, il n’est pas important d’agir, mais de donner l’impression d’agir.

      Typhon


      • Dabornepanuire 26 janvier 2009 18:05

        Bonjour,
        Votre article a un mérite, celui de confirmer un état de fait, mais quel est l’intérêt de glosser pendant des décennies sur ce sujet en ne critiquant que "les autres" : c’est la faute des enseignants ou bien c’est la faute des parents, ou bien c’est la faute du manque d’autorité des uns et des autres ?
        Demandez-vous plutôt de quel environnement les enfants ont besoin pour être en bonne santé psychique (et physique), en pleine possesion de leurs moyens, Faut-il les mettre en collectivité pendant seize ou vingt et quelques années ? les regrouper par 1000 ou 1500 ? les habituer à l’obéissance (et ceci dès le berceau) ? les séparer de la vie réelle ? les faire vivre sous l’autorité d’un chef ? les habituer au stress dè la naissance ? croire que, hors de l’école (de la République) point de salut ?
        Personnellement je pense qu’une bonne réduction de l’ego des adultes leur permettrait de respecter les enfants, et un meilleur alignement du maternage et de l’élevage sur les besoins d’un être vivant typiquement déterminé par sa nature de petit homo sapiens serait bénéfique.
        N’attendons pas, sur ce dernier point, que les pédopsychiatres et autres pédiatres se mettent d’accord, réfléchissons par nous mêmes.


        • daniel daniel 26 janvier 2009 19:23

          Bonsoir Dabornepanuire
          et merci pour votre réflexion. Et quel beau pseudo ! J’adhère au programme.Vous avez peut-être raison mais tout le monde n’est pas en mesure de maîtriser l’enseignement pour ses enfants comme vous l’avez fait.
          Pour vous rassuer je vous invte à vous reporter à mon bloc-notes.


        • Dabornepanuire 4 février 2009 18:47

          Bonsoir DANIEL,
          Merci, c’est toujours ça... Non, je n’ai pas maîtrisé l’enseignement, j’ai aidé et accompagné mon fils en préservant avant tout son désir d’apprendre (désir que tous les enfants possèdent à la naissance et que l’on respecte bien mal) ; ma règle principale a été de "ne pas nuire". Je continue à penser que l’éducation ferait un grand pas en avant du simple fait de cesser les nuisances éducatives.
          Les EIP sont encore plus sensibles que les autres aux nuisances ; ils nous révèlent encore plus que les autres là où ça fait mal ; mais les adultes n’aiment pas modifier leur gestion et la relation dégénère encore plus souvent avec eux.


        • daniel daniel 8 février 2009 19:22

          Je vois que vous savez.....
          Que les petits précoces sont, en effet, un révélateur de nos erreurs pédagogiques d’adultes. Malheureusement ceci les place en première ligne pour subir les ripostes desdits adultes lorsque ceux -ci se sentent critiqués dans leurs pratiques professionnelles. Je vous remercie de me l’avoir rappelé . C’est un aspect que j’ai négligé lors de ma dernière "causerie". J’y penserai pour la prochaine.
          Cordialement
          dj


        • Yohan Yohan 26 janvier 2009 18:14

          Encore une fois, on sort du chapeau une énième mesure de replâtrage de la jambe de bois. Qui plus est on dégaine le nom du bébé, alors que l’enfant n’est même pas conçu. Il y a un sérieux risque qu’il soit mort-né


          • yangorri 8 février 2009 20:39

            Cher Daniel,
            J’ai peu de lignes pour vous répondre. Les CPE doivent 36h20 par semaine. ET leur mission est essentiel dans un EPLE.
            Un peu de sophisme : Employer des CAE(médiateurs de réussite scolaire) pour des enfants en difficuté , c’est comme avoir des élèves comme professeurs, un malade comme médecin, un avocat comme président...


            • daniel daniel 8 février 2009 20:57

              Cher Yangorri
              Dont acte et mea culpa pour les 36h20.
              Sur le fond, il reste que la mission essentielle n’est parfois assurée que 36h20 sur les 44 (minimum) pendant lesquelles sont ouverts les lycées. Il y a donc des passages de relais qui se font plus ou moins bien en cas d’affaire grave. Et tous les Cpe logés par nécessité de service n’en déduisent pas forcément qu’ils pourraient statutairement faire plus.
              Les "médiateurs" devront être "encadrés" "conseillés" "orientés". Par qui ? 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès