Néo-capitalisme, croissance et progrès
Tandis que chaque jour, la droite et les nantis se décomplexent un peu plus de leur amour pour l’argent et le luxe le plus ostentatoire, la « France d’en-bas » dont la qualité de vie a dégringolé, ne boucle pas ses fins de mois.
Si l’argument progressiste en faveur du capitalisme avait lieu d’être jusque dans les années 60, il semblerait ridicule aujourd’hui de soutenir que le progrès technique est vecteur de progrès social et/ou sociétal.
D’abord, parce qu’une part importante des innovations converge sur la transmission de flux d’informations (voix, textes, images, musiques) dont la consommation frénétique et vite abrutissante éloigne de l’autre au quotidien. En effet, de quel progrès visible témoignent les nouveaux comportements qu’ont induits l’omniprésent téléphone portable, le iPod ou la consommation domestique de produits audiovisuels formatés ?
Ensuite, parce que ces « outils » (ou prothèses ?) de communication comme la plupart des produits industriels destinés aux classes moyennes, ne sont pas conçus pour durer.
La vétusté rapide (ou l’obsolescence forcée, comme en informatique) garantissant le renouvellement, cet « interêt objectif » de l’industrie a donc influé sur les orientations de la recherche et du développement.
Et alors qu’hier, grâce à la croissance, un ménage à revenus modestes pouvait disposer d’un réfrigérateur (plus pratique que le pain de glace, surtout l’été) qui durait vingt ans, le même doit aujourd’hui s’enchaîner à un système de crédit révoltant (traduction de « revolving » ?) pour suivre « l’évolution technologique » (du téléphone mais sans fil, du téléviseur, mais plat et numérique, de la bagnole, mais en plastique...) et ne pas paraître « has-been ».
Alors qu’engendre ce système ? Alors qu’entre-temps il est devenu : hyper-spéculatif (production de richesse sans production de biens), hyper-mondialisé (sans autre alternative à la concurrence des pays pauvres que la paupérisation des travailleurs, ceux qui sont réellement productifs, justement), quasi-monopolistique et qu’enfin il décide à lui tout seul du sort de la planète (de l’OMC aux clubs sous-terrains) bénéficiant de la complaisance des médias d’information.
Peu de joie de vivre, si l’on en juge par l’humeur générale : suicides au travail, dépressions, « burn-out » des cadres surexploités. Consommation grandissante de psychotropes, de la coke des yuppies à la vinasse des ados, en passant par les tranquillisants et le pétard.
Solitude (même si on s’est réjoui un temps du « boum » du célibat), défiance généralisée et fin de la courtoisie, quand il ne s’agit carrément de haine (dans les embouteillages des villes surpeuplées) ou de mépris (du commercial prêt à "tordre"son contrat quitte à le harceler au téléphone).
De ce constat un rien apocalyptique, à peine exagéré et relevant une nette évolution tendancielle, il résulte deux questions :
combien de personnes à l’échelle de la planète ont intérêt à ce que ce système perdure sous cette forme ?
Comment ceux-ci ont-ils réussi à y faire adhérer le plus grand nombre ?
Celles-ci amenant la troisième :
par quels moyens le citoyen ordinaire peut-il aujourd’hui changer le cours des choses en sa faveur et donc se réapproprier le pouvoir d’influer sur la réalité ?
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