Cher Maître, je constate avec déplaisir que vous avez décidé d’user à mon égard d’arguments ad cognomen pour le moins déplacés. Cet abaissement du niveau du débat me navre, naturellement. Je ne prendrai pas la peine de vous exposer ici les raisons qui m’ont conduit à choisir pour pseudo « acide » puisqu’elles ne concernent pas ce débat.
Je ne vous ferai pas non plus l’insulte de vous répéter ce que j’ai déjà écrit dans mon commentaire, il vous suffit de le relire à tête reposée, une fois que vous aurez soigné votre amour-propre. Rappelez-vous tout de même ce qu’est une question rhétorique avant de commencer votre relecture.
Ceci dit, nous nous rejoignons sur plusieurs points (c’est un premier pas, n’est-ce pas ?). Premièrement, il est vrai que je suis nouveau sur agoravox. Vous devriez vous sentir flatté d’être le premier auteur que je lis, non ? D’autant plus que cela me pousse à continuer à explorer le site et à rédiger quelques articles une fois que j’aurai le temps (je sais, ils disent tous ça...). Deuxièmement, nous avons, semble-t-il, le même point de vue sur Noam Chomsky. Si je l’ai cité dans mon commentaire, c’est à titre d’exemple de texte américain qui peut être anti-américain, comme l’avait supposé l’un des auteurs. Je crois qu’en tant que linguiste, Noam Chomsky est tout à fait à la hauteur de sa réputation, mais on peut lui reprocher quelque anti-américanisme dans ses propos politiques. J’ai eu le plaisir de lire certains de ces articles, autant sur la prison de Guantanamo que sur le gouvernement cubain et il n’est pas exagéré de dire que son point de vue est franchement partisan, ne trouvez-vous pas ?
Il y a d’autres auteurs dans ce genre, naturellement, mais M. Chomsky est un exemple très célèbre. C’est une sorte de « gauchiste américain ».
Je pense que les gens en ont tous un petit peu marre de la démocratie, non ?
Regardez-vous ! Vous commencez à ne plus vouloir partager, vous vous enfermez dans vos maisons surprotégées, vous utilisez quantité de mots de passe que seul vous connaissez,...
Vous voyez des complots partout parce que vous les voulez, ces complots. Vous en avez besoin pour vous rassurer, vous sentir moins seul. Le monde est trop complexe, le comprendre demande de l’investissement en temps et en esprit. C’est beaucoup plus facile d’acclamer un leader que de s’intéresser aux tenants et aboutissants d’une question politique...
Je suis Suisse et, si vous avez suivi l’actualité helvétique de ces derniers jours, vous ne pouvez ignorer que notre parlement a décidé de mettre un terme à la politique de l’un de nos ministres, suite à certaines divergences de point de vue et à des élections parlementaires très centrées autour de sa personne (alors que ces élections ne sont pas directes).
Cette éviction s’est faite (notamment) parce que des gens croient néfaste une personnalisation de la politique autour d’un seul homme. Cela est vrai : en France, vous n’avez que Sarkozy, lequel pèse de tout son poids sur son parti et le gouvernement. N’en avez-vous pas assez de voir son nom sur toutes les pages de vos magazines, journaux,... ? Aux States, le problème est le même : les gigantesques campagnes électorales sont hypercentrées sur les candidats et non sur leurs programmes respectifs. Pouvez-vous me citer un point de la politique de santé de John Kerry ou seulement les noms de sa femme et des ses enfants ?
Concernant la fraude électorale à proprement parler, j’aimerais dire que, en Suisse, nous votons (trop ?) souvent sur un tas de sujets divers et variés et qui nécessite que l’on s’y intéresse. Ce n’est pas toujours facile, croyez-moi (vous vous y connaissez, vous, en techniques de contraception autant qu’en avantages économiques à adhérer à l’Union Européenne ou en politique d’immigration ?) ! Bref, à la fin de chaque votation, les bulletins sont brûlés. Il n’est pas question de revenir sur un résultat. Tout le monde doit l’accepter. Si vous n’êtes pas content, rendez-vous quelques années plus tard !
En fait, il vous faut accepter les résultats électoraux pour le bien de toute la nation. Il sont surement en partie frauduleux, mais cela vaut-il la peine de créer un état de défiance vis-à-vis de l’Etat ? Que fait l’Etat s’il ne se sent pas soutenu par ses citoyens, croyez-vous ? Il s’en défie à son tour... Cela ne vous rappelle rien ? Connaissez-vous le Patriot Act ? Voilà l’Etat américain qui envoye un signal fort à ses sujets : « ne nous trompez pas ! »
Pour terminer, je voudrais dire quelques mots à l’auteur de cet article. Je ne remets pas en cause votre « professionnalisme » ni vos bonnes intentions, mais, pour avoir dû écrire un -petit- travail sur l’antiaméricanisme à Cuba, j’ai pu m’apercevoir combien la propagande pouvait être efficace en la matière. Je respecte tout à fait votre travail, mais j’ai pu voir de très nombreux livres sur Cuba et les Etats-Unis et il y avait peu de livres tout à fait objectifs sur le sujet. Les Cubains ont des dizaines de maisons d’édition différentes et des centaines de sites internet. Un livre édité en France n’est pas non plus une garantie, expérience faite. Quant aux sources américaines, dois-je vous rappeler à quel point tout texte politique écrit par Noam Chomsky est sujet à caution ? Recouper les sources, c’est bien, mais ce n’est pas toujours suffisant... Quand je vous disais que cela demande du temps de se pencher sur une question politique...