Très bon article et je partage très largement votre avais. Vous écrivez : « de ces ordinaires qui ont su avec un courage exceptionnel faire tomber, dans le dos des politiques, l’unique barrière entre eux et la liberté.. » C’est justement là que se trouve actuellement le problème... Qui a le courage encore aujourd’hui de lutter contre les politiques, l’économie ectoplasmique et financiarisée ? Depuis ce matin, j’écoute France Inter, et entre autre ce matin Hans Modrow qui expliquait fort justement ce qui s’est passé avec ce mur, au moment de sa chute (au passage, il se trouve qu’à titre personnel, j’étais à Berlin à cette époque, sans blague, et sans photomontage, je ne m’appelle pas..qui vous savez).
Il y avait un espoir énorme pour un monde meilleur en faisant tomber ce mur, et nous avons récupéré quoi ? le libéralisme ultra-multiforme ! Triste victoire au final, et beaucoup d’allemands de l’ex-RDA sont dans une certaine nostagie, parce que tout, mais alors tout s’est effondré !Les quelques certitudes et les quelques espoirs...Ils sont toujours considérés comme « moins » que les allemands de l’Ouest....
Ce matin, et je ne sais pourquoi, mais il faut bien sûr se montrer, l’illustrissime incontournable BHL donna son avis si pertinent...et fut d’une telle incorrection vis à vis de Hans Modow au passage, mais disons que nous avons l’habitude des mauvaises manières de ce sinistre personnage !
Oui hélas, il y a toujours eu des murs entre les hommes, et quand cela va-t-il enfin cesser si nous refusons de trouver le moyen de « vivre ensemble » ???????
Les définitions de la Nation sont nombreuses. Il me semble que celle qu’en a donnée Ernest RENAN, dans sa très belle conférence du 11 mars 1882, reste indépassable. Je retrouve plusieurs citations de ce texte dans mon cours à l’ENAP de Québec :
“L’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de coeur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation.”
Ou encore : “L’essence d’une nation est que tous les individus aient beaucoup de choses en commun, et aussi que tous aient oublié bien des choses…Aucun citoyen français ne sait s’il est burgonde, alain, wisigoth…”
” Une nation est un principe spirituel, une famille spirituelle, non un groupe déterminé par la configuration du sol.”
Et surtout : “Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment de sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé, elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de vie.”
Pour conclure : “Les nations ne sont pas quelque chose d’éternel. Elles ont commencé. Elles finiront… A l’heure présente, l’existence des nations est bonne, nécessaire même. Leur existence est la garantie de la liberté qui serait perdue si le monde n’avait qu’une loi et qu’un maître.”