Qu’est-ce qui vous permet de dire que l’auteur de l’article est un « pète-sec prenant les élèves avec condescendance » ?
Rien.
Souhaiter le meilleur pour un élève, en avoir assez au point de vouloir que ça se sache, que la réalité se sache, pour que le meilleur soit enfin donné aux élèves qui essaient de travailler, ça n’a rien à voir avec du mépris ou des désillusions...
À moins que vous ne pensiez comme bien d’autres que les petits chéris qui font tout sauf leur devoir scolaire ont toujours raison.
Parce que là, je m’incline. Devant tant de bêtise et de lâcheté... il n’y aurait rien à faire.
Spartacus, l’article ne parle pas du salaire des professeurs.
Vous êtes complètement à côté.
Ou alors vous ressortez la même rengaine à chaque fois qu’il est question d’éducation nationale, juste parce que vous ne savez pas dire autre chose.
Cet article ne parle pas salaire. Il parle de la manière catastrophique dont l’école est gérée, aujourd’hui. Des directives absurdes qui font que, notamment, on n’exclue plus définitivement un élève que lorsqu’il est responsable de violences physiques.
Je ne sais pas si vous voyez bien la conséquence.
Il faut qu’un élève soit violent physiquement pour qu’il ne puisse plus continuer de nuire dans une classe. Nuire, ça veut dire : - parler fort à longueur de cours de choses qui n’ont rien à voir avec le cours. - chanter (oui j’ai vu ça, aussi, l’élève qui chante à voix forte. Pas d’autre choix que de subir) - a perdu ou égaré livres et cahiers depuis des mois - ne fait jamais son travail, évidemment - s’amuse à faire peur aux autres qui voudraient bien suivre le cours, pourtant - conteste, est agressif, ne cesse de remuer, de se lever
Et pourtant, le reste de la classe doit subir. Pas étonnant que dans ces conditions, on parle de plus en plus de violences à l’école. Forcément ! On pousse les mômes à la violence, c’est seulement là qu’il y a vraiment réaction des adultes !
Dans certaine établissements, depuis 20 ans on massacre les élèves qui essaient de s’en sortir, comme on massacre leurs professeurs qui n’en peuvent plus et attendent leur mutation.
J’aime profondément mon métier. Je ne me plains pas de mon salaire parce que je sais qu’il n’est pas bien différent du salaire médian et parce que j’ai conscience des garanties que j’ai.
La vraie vie, pour reprendre les propos de certains, je connais, mon mari a été successivement salarié, chômeur, chef d’entreprise, il a ramé dans la crise, contre l’URSSAF, les impôts, les clients mauvais payeurs de mèche avec des magistrats, aujourd’hui il fait des piges dans une grande boîte après des mois de « chômage » sans indemnité, à 500km de moi. Donc je pense pouvoir dire que la « vraie vie » je la connais.
Enseigner, oui, encore. Mais j’attends la fin de mes 5 ans dans ma ZEP pour aller tenter ma chance et enseigner ailleurs.
Je ne supporte pas de voir des mômes harcelés, emmerdés à longueur de cours par des petits cons (qu’on me pardonne cet écart, en même temps, quand ce sont les mêmes qui vous insultent,...) parce que l’on prend toujours la défense des plus pourris, qui sont de pauvres mômes à la recherche de limites depuis des années et qui ne les trouvent que trop rarement.
Mais tout le monde - hors du milieu des professeurs - s’en fout. On enferme tout ce petit monde dans des établissements, 8 à 10 h par jour et on se voile la face. Surtout, que ça ne coûte pas trop cher.
Pour le résultat qui est produit, en vrai, ça coûte encore bien trop cher. Mais du moment que ni le ministère, ni les rectorats n’ont à affronter la réalité, alors, il n’y aura pas de vague. Quelques suicides « mais vous comprenez, elle/il avait des problèmes personnels », des dépressifs en nombre, des plaintes, bref, vraiment pas de quoi émouvoir un ministre...