Bonjour à tous,En tant qu’ancien polytechnicien maintenant à la retraite, j’ai été sollicité par un personnage haut en couleur, me demandant d’étudier un système mécanique présentant « un mouvement perpétuel » avec production d’énergie positive (donc de masse comme aurait dit ce regretté Einstein, la personne en question est un industriel très « pratique » ayant déposé une multitude de brevets et ayant ce que je puis dire « l’intelligence des mains » et aussi de la tête, mais sans connaitre pour autant les fondamentaux scientifiques actuels, qui pourraient d’ailleurs varier (pourquoi pas ) dans le futurJ’ai donc fait un boulot de vulgarisation à deux niveaux : dans un premier temps en essayant de lui faire comprendre le second principe de la thermodynamique, et dans un second temps en utilisant le théorème de l’énergie mécanique totale.Mais aussi, je lui ai envoyé le texte de notre docteur en chimie dont il est question ici et je lui ai aussi dit quelles étaient mes critiques concernant cet article, que je recopie ici, c’est vraiment de la vulgarisation.
Mon avis : il y a beaucoup à redire sur cet article, en
particulier, par exemple, les électrons ne tournent pas autour du noyau de
l’atome (ceci est un modèle facilitant la compréhension), c’est de la mécanique
quantique : les électrons sont dans
un état d’énergie stable et lorsqu’ils sont dérangés, (par une réaction
chimique ou physique) ils changent d’état d’énergie et de fonction d’onde et
changent d’état quantique (illustration par l’effet photoélectrique par
exemple)
Quant aux planètes qui « tournent indéfiniment »
et « perpétuellement », on peut être d’accord à l’échelle humaine,
mais ceci est faux à l’échelle cosmique, bien que la rotation des planètes
semble infinie, elle ne l’est pas du fait que même dans l’espace, il y a toujours une légère
perte d’énergie, (émission d’énergie électromagnétique et plus récemment émission aussi d’ondes gravitationnelles)
Ainsi, par exemple, la lune s’éloigne de la terre de
quelques centimètres par an..
Voici un article, une fois de plus lié aux
« frottements, même indirects » (tiré de Science et vie)
Rappelons d’abord qu’effectivement,
la Lune s’éloigne. L’installation de réflecteurs laser lors de la mission
Apollo 11, en 1969, a permis de mesurer que notre satellite – situé à quelque
384 400 km – s’éloigne de 3,8 cm par an. En cause ? Les
phénomènes de marée créés par la Lune, et dans une moindre mesure par le
Soleil, qui déforment la Terre et provoquent son ralentissement. Ces marées
libèrent en effet de l’énergie mécanique par frottement des océans sur les
fonds marins, une dissipation d’énergie qui participe au ralentissement de la
Terre… et agit sur le système Terre-Lune.
Un système isolé dans le vide spatial, dont le moment
cinétique (la “quantité” de mouvements liés à la rotation de l’ensemble des
deux globes) est “conservé” selon un principe physique établi : quand la Terre
décélère, le moment cinétique de la Lune associé à son mouvement orbital
augmente en compensation, ce qui se traduit par son accélération sur son orbite
et, donc, son éloignement. Et cet éloignement est constant, comme en témoignent
les relevés de l’heure des éclipses observées depuis l’Antiquité.
On remarque aussi dans cet article que la terre ralentit
aussi… alors bien sûr à l’échelle humaine, ça ne se voit pas.
Pour les écolos, notons par ailleurs que l’utilisation
d’hydroliennes ou d’éoliennes contribueraient aussi au ralentissement de la
vitesse de rotation de la terre : on n’a jamais rien sans rien en terme
d’énergie.
Quant à la vie sur terre, elle disparaîtra totalement dans
quelques milliards d’années lorsque les réactions thermonucléaires du soleil
passeront de l’hydrogène et du deutérium
à l’hélium, le soleil se transformera alors en étoile rouge dont le
diamètre englobera l’orbite de la terre, alors là on pourra vraiment parler de
réchauffement climatique à hauteur de plusieurs milliers de degré.
Donc de même, la vie n’est pas un phénomène perpétuel CQFD
Ce que j’appelle en terme d’énergie le « on a rien sans
rien », est décrit par le second principe de la thermodynamique, que je ne
formalisai pas ici, mais disponible sur wikipedia si ça vous intéresse.