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  • selma 18 novembre 2011 22:37

    « Il est normal que des gens qui vivent de l’apprentissage le défendent : on ne crache pas dans la soupe ! » Pour ce qui me concerne effectivement, je ne crache pas dans la soupe. A priori, ce n’est pas le cas de tout le monde, vous en conviendrez, puisque vous avez pratiqué pendant 15 ans dans ce domaine ! Cela force l’admiration lorsque l’on considère votre discours anti-apprentissage ! Petite précision cependant, je ne vis pas de l’apprentissage ! Je travaille dans un C.F.A. : nuance !

    Bien que je ne « vienne pas de l’inspection qui met le discours en place », je me vois (encore par conviction personnelle), dans l’obligation de vous répondre, et ce, à titre tout à fait individuel et en toute indépendance, « libre de pensée » si vous voyez ce que je veux dire !
    Si je m’en tiens à votre discours, quel que soit le contexte de sa mise en œuvre, l’apprentissage rencontre des difficultés : ainsi, « dans le public, les CFA se développent dans le champ de l’enseignement supérieur, ce qui induit la difficulté de recrutement des apprentis plus âgés, sans compter que ces mêmes CFA publics ne peuvent se « défaire » d’un positionnement lycée. Concernant les apprentis des niveaux 5 et 4, qui représentent la majorité des effectifs (là au moins vous avez raison), vous n’êtes guère positif dans la collaboration qui peut s’instaurer entre le CFA et l’entreprise…. »
    Concernant la difficulté pour les jeunes préparant un diplôme supérieur de trouver une entreprise d’apprentissage, l’évolution croissante des contrats signés dans le supérieur démontre le contraire : en 2009, 24,8% des nouveaux contrats signés correspondent aux formations Bac+2 et plus (niveaux III à I) (Analyses DARES – Février 2011).
     
    Mon expérience dans l’apprentissage m’a permis de rencontrer de multiples configurations d’apprentissage, d’alternance en général. Si je travaille dans un CFA privé qui développe exclusivement des parcours de formation dans le supérieur (B.T.S. à Master), il se trouve que je collabore aussi avec des CFA publics qui eux-mêmes exercent dans le champ des formations supérieures mais également dans les niveaux 5 et 4. Pour couper court à tout questionnement de votre part, je vous rassure je ne suis pas une transfuge (j’anticipe désormais vos réactions), puisqu’il s’agit d’une véritable collaboration des CFA qui sont au service d’une formation par apprentissage qui a largement fait ses preuves. En effet, le Conseil de la Région dans laquelle je travaille est particulièrement actif sur le domaine de l’apprentissage et de la formation professionnelle. Aussi, pour optimiser les pratiques, favoriser le développement et les compétences des différents acteurs, la Région organise véritablement les échanges des expériences de chacun. Dans ce contexte, chaque année, je suis invitée à animer des groupes de formation à l’intention des formateurs de CFA et ce quelle que soit leur origine : privé, public, compagnonnage, MFR, agriculture…. Dans ces formations on y parle mise en œuvre de l’alternance, formation des Maîtres d’apprentissage entre autres, croyez-moi l’opposition public/privé n’a pas sa place, et les niveaux de formation ne sont pas nécessairement des obstacles mais plutôt des sources d’enrichissement mutuel. Pour ce qui concerne les niveaux 5 et 4, pour les CFA que je côtoie, les équipes pédagogiques sont entreprenantes, innovantes et construisent des parcours d’alternance pertinents et adaptés et veillent à la construction de parcours de formation en entreprise.

    Quel que soit le diplôme préparé par le jeune, c’est l’implication de l’ensemble des acteurs (Apprenti, CFA et Entreprise) qui fait la qualité du contrat : chacun doit remplir ses obligations et signaler tout manquement aux engagements de l’un des partenaires !
    Ainsi, vous ne pouvez représenter l’apprentissage d’une manière aussi caricaturale.

    « Je suis épaté que le code du travail ait dû préciser que le travail effectué devait l’être en fonction du diplôme préparé. Cela n’était donc pas évident pour les fameux tuteurs et maîtres d’apprentissage ? »

    Pour ma part, je ne vois pas ce qu’il y a d’épatant dans ce texte : ne soyez donc pas aussi méprisant pour les professionnels qui s’engagent auprès des jeunes !
    En tant qu’ancien professeur, proviseur, vos missions n’étaient-elles pas « encadrées » par le code de l’éducation qui précise parfois l’évidence en matière de responsabilités, d’engagements…. Pour ma part, je ne vois rien de choquant !

    En tant que Responsable pédagogique dans un CFA, outre les missions d’ingénierie qui m’incombent, je coordonne une équipe de formateurs, la transversalité de mon rôle dans les différents secteurs où nous évoluons (industriel, tertiaire, bâtiment) m’amène effectivement à collaborer étroitement avec les entreprises et les tuteurs (maîtres d’apprentissage) pour optimiser toujours et encore notre système de formation.



  • selma 17 novembre 2011 14:41

    Comment peut-on encore avoir cette vision de l’apprentissage ?
    J’ai l’impression de retourner 20 ans en arrière…
    Cependant, ce qui aurait pu donner lieu à une cure de jouvence s’avère finalement un bien triste voyage !
    Voilà 20 ans que je travaille dans un CFA. Comme je le dis parfois : « j’y suis arrivée »par hasard« , j’y suis restée par conviction. »
    Et ne croyez surtout pas, qu’après 20 ans je sois victime de sclérose, bien au contraire ! Formatrice auprès des apprentis, de leur tuteur, j’exerce également en tant que responsable pédagogique.
    C’est d’ailleurs en cherchant sur le Web des éléments pour enrichir des projets pour le C.F.A. que je suis « tombée » (littéralement) sur votre article !
    Je ne souhaite pas détailler un à un les éléments de votre démonstration. Je souhaite juste vous donner une lecture bien différente de l’apprentissage : sans doute plus « douce » (sans être édulcorée, ni naïve) certainement moins politique, et dans tous les cas résolument positive et optimiste.

    Si je devais ne citer que 2 éléments clés pour donner ma représentation de l’apprentissage, alors je retiendrais :

    • accompagner les jeunes dans la construction de leur projet professionnel, dans leur 1ère expérience, dans leur intégration durable dans le monde du travail (et donc dans notre société) ;
    • collaborer efficacement avec les entreprises, les tuteurs, les maîtres d’apprentissage, pour construire un parcours adapté de formation en situation professionnelle.
    Si je devais retenir quelques mots clés pour caractériser la pédagogie de l’alternance (celle que nous pratiquons), je vous propose : partenariat C.F.A. – Entreprise /Charte de l’alternance/ Co-construction des parcours / Formation des Tuteurs (accueil et intégration, management, communication, pédagogie, motivation, évaluation)/ suivi en entreprise/ pédagogie inductive…/… pour ne citer que les principaux.

    Pour être plus claire : savez-vous qu’il existe des formations dédiées aux tuteurs ? Il s’agit alors de leur donner, de construire avec eux les outils et les instruments qui les aideront dans leur mission de formateurs en entreprise. Chaque année, depuis plus de 15 ans, j’anime des stages où les tuteurs (soutenus par leur entreprise) participent à 4 jours de formation, de réflexion, afin d’organiser le parcours de leur apprenti dans l’entreprise.
    Compte-tenu de votre positionnement, je doute que vous puissiez imaginer leurs questions, leurs préoccupations, leurs attentes en début de stage, pourtant chaque problématique posée ne fait que démontrer l’implication réelle des hommes et des femmes d’expérience qui souhaite accompagner au mieux un jeune dans ses premiers pas dans le monde du travail. Il ne s’agit plus là d’une préoccupation financière, voyez-vous, mais d’un engagement humain et professionnel soutenu par l’entreprise.

    Chaque apprenti bénéficie des conseils d’un référent au C.F.A., ce dernier a pour mission de le suivre tout au long de son parcours, y compris dans l’entreprise, des rencontres apprenti-tuteur-référent CFA sont organisées dans l’entreprise, ainsi qu’au CFA pour des réunions pédagogiques : chacun peut apporter le fruit de ses réflexions, poser la moindre question qui permettra d’optimiser la formation
    Chaque projet de contrat d’apprentissage fait l’objet d’une rencontre préalable d’un membre du CFA pour valider le projet d’accueil dans l’entreprise, il s’agit alors de s’assurer du potentiel « formateur » de l’entreprise (tant sur le plan humain que sur le plan technique), le code du travail précise que l’entreprise a le devoir de confier à l’apprenti des missions en rapport avec le diplôme préparé. L’agrément a été supprimé, nous l’avons remplacé en développant des postes de formateurs conseil.

    Savez-vous qu’aujourd’hui les lycées publics s’engagent dans l’apprentissage ? Fortement décrié pendant des années, l’apprentissage acquiert (ou retrouve) ses lettres de noblesse. Dans toutes les régions de France, vous pourrez trouver ces Sections d’Apprentissage, soutenues par les Conseils Régionaux, les services d’Inspection Académique… Même les institutions les plus réticences, et les plus critiques voilà quelques années ont opté pour ce système de formation…


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