Article intéressant. J’ai aussi pas mal d’interrogations sur cette dérive qui s’inscrit de plus en plus dans notre société occidentale : cette infantilisation comme vous le dites si bien. Ce qui semble partir d’une bonne intention : légiférer pour réduire les risques et judiciariser dans le cas de préjudice, est en train de tourner à l’excès. Il me semble que les gens se sentent de plus en plus dépendants de la société, contents de déléguer leur responsabilité à un système qui à la place érige des normes et des réglementations. Pris dans un engrenage où ils demandent de plus en plus à une entité qu’ils voudraient maternante et sécurisante, qui en vient à légiférer sur tout et n’importe quoi en se substituant à ce qui relevait auparavant du simple bon sens, ils n’acceptent plus le mondre risque, quelqu’en soit le coût. Or le risque n’est pas réduisible à zéro, la mort et la maladie existent, l’accident survient, parce que qouique la société mette en place, elle ne peut s’affranchir de la nature (y compris la nature humaine !!). Au final, on voit s’installer le règne de la médiocrité, de « c’est pas ma faute » à « y’a qu’à faire une loi », une société hygiéniste et liberticide, avec en corollaire une frénésie consummériste pour pallier à la paresse.
Et le Karachigate, on en est où au fait ?? A peine révélé, à peine le temps de prendre conscience de la gravité de l’implication de nos élites politiques et en particulier de notre cher président, à peine balayé d’un cynique revers de main et d’une répartie digne d’un Groland, et déjà enterré ? Ce qui me consterne le plus dans ce genre d’affaire, comme les banquiers qui continuent leurs magouilles avec notre fric, c’est le mépris puant dont font preuve ces gens : le fait qu’ils nous donnent à voir l’étendue de leur dégueulasserie en sachant qu’au pire ça provoquera quelques mornes protestations, et au mieux que dalle ! De l’impuissance au désabusement et enfin à l’indifférence, voilà sur le fond ce qu’on nous apprend à travers la révélation de ces scandales et leur passage en seconde page puis au silence, alors que de plus énormes encore les éclipsent dans la surenchère inique.
En parlant de Roselyne, il existait une possibilité de diffusion d’une simple « info donnée » qu’on aurait aimé davantage voir à la une de nos journeaux, sans même parler de son traitement sur le fond : l’adoption de la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires juste avant le début des grandes vacances... Ca n’a pas beaucoup remué les foules en dehors des professionnels, tous confondus et unis, qui ont compris dans quoi on embarquait les hôpitaux. Il sera bien trop tard pour les citoyens, peu interpellés par nos médias, quand ils se redront compte de l’étendue des dégats le jour où ils auront des pépins de santé !
C’est quand même bizarre que dans ce genre de débat on en arrive toujours à une incompatibilité complète entre les sciences et la religion. Comme si le fait de chercher une explication au monde en dehors du livre était forcément un acte hérétique. La religion se limiterait-elle à une croyance en des textes pris de façon littérale ? C’est en tous cas le message que nous renvoient les créationnistes de tous bords. Et c’est cet aspect qui en fait la dangerosité : de l’acceptation de tout vient la soumission. D’autant plus qu’au passage se perd ce qui à mon sens est le coeur du fait religieux : la foi dans le sens de quelque chose qui transcende et transporte, qui relie les hommes entre eux et à leur environnement. En résumé : la suprématie de l’imbécillité la plus crasse sur l’intelligence et de l’intolérance sur la curiosité et l’ouverture au monde. Personnellement, je me considère comme agnostique, pas athée dans le sens où ce qui m’entoure me semble tellement merveilleux que je pressens comme une force derrière. Mais pas besoin de m’agenouiller devant un crucifié, de me tourner vers la Mecque ou de payer des voitures à Raël pour y donner un sens. Et si les fondamentalistes pouvaient se contenter d’adorer la création de leur dieu plutôt que de la piétinner pour imposer leur vision, on s’en porterait tous bien mieux.
Juste pour terminer ma pensée et enfoncer le clou : le mythe d’Adam et Eve et ce qu’il recèle comme visions respectives de la femme et de l’homme est tellement incrusté dans l’imaginaire collectif que même un forcené de la contestation comme Alain Soral reste inscrit dans le formatage.