Il existe à mon avis deux visions opposées du capitalisme.
L’une d’inspiration protestante (disons typiquement wasp) considère que les affaires et la morale ne se mélangent pas. Il y a une responsabilité morale de la richesse, pas de la manière de l’obtenir. On s’enrichit comme on peut, et si l’on y arrive, on donne des sous, comme l’ont fait Gates, Soros et d’autres.
L’autre d’inspiration catholique considère que la manière de s’enrichir a en soi une dimension morale. Elle inspire beaucoup les idées politiques européennes. Y compris l’Allemagne, pays majoritairement protestant, mais à culture patriarcale et égalitaire.
La mondialisation inclut un choc entre ces deux cultures. Les réactions moralisatrices contre par exemple les « parachutes en or » sont une réaction de la deuxième à la progression de la première.
Une différence importante entre les deux est que la culture wasp, non patriarcale, n’accorde pas une grande importance au long terme, qui sera le souci des générations suivantes. (Pour les amateurs de maths appliquées, c’est la différence entre un optimum libre et un optimum sous contrainte.)
Bien sûr, je ne connais pas personnellement M Soros. J’ai néanmoins lu quelques unes de ses déclarations où il considère exploiter une faille d’un système qui devrait être mieux régulé. M Soros pratique le capitalisme wasp, mais n’en pense pas moins. Peut-être cela vient-il du fait qu’il n’est pas protestant ni chrétien et ne se rattache visiblement pas à cette culture ...