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Commentaire de Mangouste

sur Comment sauver la presse ? Des patrons répondent


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JL ML Mangouste 1er septembre 2006 14:00

Mon article est effectivement très synthétique. Il faut lire le rapport pour comprendre cette contradiction apparente. Voici comment je peux résumer l’idée de l’Institut Montaigne sur ce point :

L’institut critique le système français des aides à la presse :

« La France est sans doute le pays du monde où la presse est la plus massivement aidée, le montant total des aides étant supérieur à 10 % du total du chiffre d’affaires du secteur. Le financement par les aides correspond à près du tiers des revenus générés à la vente : en 2001, le total des aides de l’État à la presse s’est élevé à 2,2 milliards d’euros  ! Aussi, le système des aides de l’État à la presse, basé sur l’octroi automatique et non discriminatoire de l’aide, contribue-t-il aujourd’hui moins à la préservation du pluralisme de l’information politique et générale qu’au financement de la presse magazine et à l’entretien précaire des titres de la presse quotidienne.

« (...) Mais l’essentiel est ailleurs : malgré l’obligation récente de remplir certaines conditions pour accéder aux aides, les entreprises de presse quotidienne se contentent généralement de prendre l’argent offert par l’État, de le dépenser sans véritablement se réformer, et elles reviennent rapidement avec un nouveau plan de sauvetage, toujours présenté comme le dernier, pour enfin entrer dans le cercle vertueux de la croissance !

« Tous les intéressés le savent, y compris l’État : les aides conditionnées qui existent déjà n’ont pas d’effet parce que les conditions de leur octroi et les résultats qu’elles sont censées financer ne sont jamais évalués. Les éditeurs font peu de cas du contrat initial passé avec les pouvoirs publics et la conditionnalité reste largement fictive. »

Cette critique de l’Institut Montaigne est assez partagée dans la profession. Il propose donc de « couper le robinet des aides directes, celles tout entières conçues pour « sauver » la presse quotidienne ». Ce qui, si on fait suivre cette mesure drastique d’un « vrai plan Marshall [donc une aide financière importante mais temporaire], obligerait assurément les éditeurs à réagir. Car enfin, les aides directes sont peut-être les plus symboliques des limites du système actuel. Assurément, l’État se substitue au marché. Pourtant, les tirages continuent de baisser et les déficits de se creuser. Orchestré au moyen des aides directes, l’acharnement thérapeutique sur la presse quotidienne révèle malheureusement que certains titres sont en fait déjà morts, tant sur le plan économique que sur le plan rédactionnel. »


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