@ cosmicdancer
Cheikha Rimitti..
De quel bon goût faites-vous preuve..
Cette grande dame éclipserait Serge Gainsbourg (que je n’apprécie pas trop) pour la verdeur des textes.
Dans la chanson « Lebnat ya lebnat.. »(les filles, ô les filles), par exemple :
« Les filles sont comme des pêches mûres, et toi tu vas les attraper avec ton grand bâton.. »
Ou l’immortel baraka (abondamment repris).
« Derna l’amour, fi l’baraka mernika.. » (on a fait l’amour dans une cabane en ruine..)
Pour les non arabophones, vous dénicherez, en écoutant bien, des mots français, dont l’inévitable « Ricard », qui soulage du quotidien trop difficile et des frustrations.
Et tant d’autres de ces textes : De Lakamel à Shab el baroud et tant d’autres qui sont des classiques de ce style de musique... Elle a imposé ce timbre de voix féminine rauque que d’autres ont copié en version atténuée mais la grande dame est inimitable..
A noter le phénomène curieux de cette musique, qui prônait la liberté des moeurs durant les années 80 dans un pays où la morale commençait à se durcir et qui fut largement subventionné par l’Etat Algérien.
Un colonel de l’action culturelle s’y intéressait particulièrement.
Pour ma part, je pense que le régime trouva cette inspiration de la musique comme « opium du peuple » à Cuba, pays toujours resté proche de l’Algérie.
Au plus fort des années de terreur, Sahraoui et Fadela (les interpr^tes du célebrissime N’sel fik..) ainsi que Chebba Zaouhania y séjournèrent le temps d’une tournée qui s’éternisa comme une mise au vert.
Le raï eut ses martyrs : de Cheb Hasni à Rachid El Fethi le producteur (qui cultiva jusqu’à sa mort un look Fidel Castro, avec barbe et treillis) certains périrent dans des circonstances jamais élucidées : rackett ? Stratégie de la tension orchestrée par la Sécurité militaire ? Attentats islamistes ?
Je doute de la dernière possibilité pour le cas de Cheb Hasni, connu pour être sage et plutôt dévot..
gAZi bORAt