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Commentaire de le pen la vie la vraie

sur Comment les séries US américanisent la France


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le pen la vie la vraie 30 septembre 2007 14:05

C’est facile d’insulter quand on ne comprend pas.

D’un côté prison break, urgences, nip tuck, desperate, grey’s anatomy, heroes, de l’autre navarro, genest, mimi mathy. Usa pays puritain, rigoriste, borné qui pond des trésors d’imagination, de culot et de génie, france pays ouvert cool libéral qui secrète des mièvreries.

Ce qui fonde les Etats Unis, c’est la certitude de la Vérité. Voilà pourquoi ce pays soit disant rétrograde peut pondre nip tuck. Il est cadré sur DIEU et des valeurs indestructibles. Le héros peut aller au bout de l’enfer, sortir les pires énormités, des incorrections interdites en France (voilà qui explique la fadeur des séries françaises), on est sûr qu’il en reviendra, tel un enfant qu’on laisse crier et faire les quatre cent coups, car la mère aimante est toujours proche pour le recevoir.

Je comprends ainsi trés bien les antiaméricains -disons les antivaleurs- qui pensent que nip tuck ou desparate reproduisent un schéma typiquement puritain et rigoriste : c’est la vérité. Je me désole simplement qu’ils ne puissent adorer ce mythe.

La certitude de l’entertainment américain, cette valeur transcendante qui ne se discute pas, est une valeur « fictive » qui s’accorde bien avec son objet. On retrouve là chez les français la même mauvaise foi qui a conduit villepin à l’onu. Que cette trancendance soit vraie ou fausse n’a pas d’importance : nous sommes dans le domaine de la fiction, c’est son postulat qui est à l’origine du plaisir, c’est la base de l’entertainment américain, vendre de l’espoir, nous consommons et nous aimons cet espoir. La bataille pour la survie, l’amour, l’argent, la violence, tout cela entre dans ce cadre précis. Sur ce canevas, les scénaristes peuvent alors exploser d’imagination dés lors que LE code est respecté. C’est toute la beauté de l’imaginaire américain. Un film comme « pour le meilleur et pour le pire » mélo dense avec nicholson contient des « incorrections » absolument terribles et résume cet état d’esprit : le culot adossé à la mère protectrice de la Vérité. Toutes les tentatives intellectuelles de dépasser ce code se sont toujours soldés par des échecs. Le problème est que les intellectuels qui causent de séries américaines ne sont pas dans leur monde, il est donc naturel qu’ils se plantent sur le sujet.

Le mythe français (gabin) lui est mort avec la nouvelle vague, qui a tout déglingué. Il y a pourtant de trés bons scénaristes en france, des gens trés doués, qui oeuvrent en artisan, dans le silence de leur création. Mais ce ne sont pas eux qui font la une des journaux.

L’immission des intellectuels dans la fiction populaire fait qu’aujourd’hui en France on brode n’importe quoi, écartelé sur des poncifs gauchistes. On est coincé : il n’y a pas de cadre rigide qui servirait de référence, et chacun se dissous dans des bons sentiments qui sont plutôt d’ailleurs des « bonnes solidarités » ce qui est trés différent (les bons sentiments sont une trés belle valeur). Sans cadre, sans protection universelle, le scénariste français a toujours peur d’aller trop loin ou trop près et va du coup trés trés près ou trop trop loin (cucuterie, indécence, bétise, impudeur). Et il n’est pas paradoxal de conclure que c’est la nouvelle vague qui a enfanté Tf1. Tf1 = le fric + les arguments gauchistes.

Lerma a dit quelque chose de tout à fait passionnant qui a été ignoré malheureusement c’est ceci :

"Les moyens investis ne sont pas les mêmes car les américains attendent un retour sur investissement et mettent donc les moyens financiers afin d’avoir un effet de levier plus important

D’ou le plus grand succes des series américaines de qualité (je ne parle pas des series débiles ou z)

Les français ont un système vérouillé car au main d’une minorité de gens qui se considére comme les seuls à produire en France,ramassent les subventions et c’est tout

Le diffuseur,va faire sa marge sur l’espace publicitaire

Le marchandising n’a aucune culture en France"

Je ne suis pas économiste et je comprends mal ces propos mais c’est la petite musique qui m’intéresse. J’ai toujours été au fond de moi proaméricain mais ANTICAPITALISTE FRANCAIS, ce paradoxe explique sans doute pourquoi j’ai toujours soutenu et finkielkraut et soral, et glucksmann et dieudonné. Je crois que Lerma a mis le doigt sur quelque chose de profondément juste et important. La France ne sait pas faire du capitalisme, et aboutit au pire qui soit. Elle ne peut choisir entre l’ultralibéralisme et l’ultrarépublicanisme. En fait c’est un pays BATARD. C’est ainsi qu’on mélange cruellement et vomitivement l’argent et les bonnes solidarités. Le résultat, c’est de la merde !


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