• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Luciole

sur Nul n'est prophète en son pays


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Luciole Luciole 10 octobre 2007 20:44

@ Christophe

Expulser et enterrer Levy-Strauss serait une tâche en effet bien trop lourde pour mes épaules. Je soulignais simplement que Girard s’était opposé à l’idée que l’on ne pouvait pas comparer les cultures entre elles. Il pense que c’est une façon de renoncer trop vite à comprendre l’esprit humain, à abandonner l’analyse pourtant bien amorcée par quelques brillants anthropologues de terrain comme Frazer.

Girard s’intérresse à la question centrale de la violence et de son rôle dans la genèse du sacré. Il affirme souvent qu’il se sent beaucoup plus antropologue que philosophe et que d’ailleurs la philosophie, comme la théologie, ont tendance à l’endormir.

Dans son ouvrage « La voix méconnue du réel », il rappelle qu’il est avant tout intéressé par les faits et finalement assez peu par les théories. Il s’intéresse aux mythes, parce que les mythes parlent d’évènements anciens réels, mais dont le déroulement a été réinterprétés par ceux qui s’en sont le mieux sorti, au détriment de ceux qui sont morts, devenus après coup les fauteurs de trouble.

Avec un peu d’honnêteté intellectuelle, il n’est pas difficile de nous mettre à la place des indiens d’Amazonie lorsqu’ils ont jeté dans le feu leur « dieu soleil » pour soulager une crise collective. Nous ne sommes pas différents d’eux et nous reproduisons le même type de comportement en votant pour ou contre l’exclusion de participants dans les jeux du cirque organisés par la télévision.

Cet ancrage dans le réel me semble être l’une des grande originalité de René Girard par rapport aux autres penseurs de son temps.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès