À tous.
Merci pour vos commentaires, si souvent constructifs.
Je suis comme Pierre JC Allard déçu que 52% des étasuniens approuve une guerre contre l’Iran. Déçu mais pas étonné.
L’information est devenu le 8e art, proche du cinéma. Les personnages sont posés, les scénarios écrits d’avance avec d’autant plus de facilité que la réaction de la foule n’a jamais cessé d’être analysée et décortiquée depuis la naissance de l’art théâtral.
Une fois posés le gentil et le méchant, le public, captivé, c’est-à-dire rendu captif, par une dose de sentimentalisme qui agit comme un anesthésiant, ne pourra plus changer d’avis tant que la fiction n’est pas terminée. Tant qu’en Irak, la fiction d’une libération de la population continuera à occuper le haut de l’affiche, il sera facile d’y armer des milices et de créer des ghettos. Ces murs, c’est notre liberté. Ces milices, c’est notre liberté. Comme 2 et 2 font 5.
Pourvu que l’on dispose d’un peu d’habilité, il est possible d’amener le public à creuser sa propre tombe en chantant.
Nous avons ici même un cas d’école : ce grand héraut de la démocratie qui s’oppose à un article dont le fond veut démontrer que l’on peut libérer les peuples de l’oppression par d’autres moyens que par la terreur. Le mage en vient au final à approuver la création de ghettos, murés, tenus par des miliciens armés. Comment parvient-on à retourner ainsi un raisonnement contre le postulat même sur lequel on prétend l’avoir fondé ? Simplement, en refusant de déroger à la règle impérieuse du scénario hollywoodien : le bon, le méchant, la larme à l’œil du spectateur qui pleure sur les malheureuses mais inévitables victimes de la guerre. Flanquez cela à l’écran et ils sont bons pour avaler du pop-corn. Mais ce n’est pas du pop-corn, bon sang, que l’on va s’apprête à nous faire avaler ! C’est notre bulletin de vote !
Arthur Mage et autres Frédéric lyon vous n’avez pas lu cet article. Ce papier ne contient aucune référence à l’islam ni à l’islamisme. Il ne s’oppose pas aux valeurs de la démocratie, américaine, bien au contraire. L’article dénonce de façon explicite des bandits qui sont entrain d’en détruire les fondements. Mais cela ne figure pas sur l’affiche du film « Guerre d’Irak II, le Fils de Bush ».Vous avez dans l’œil l’image du bon détruisant le méchant, et ne pouvez plus lire l’actualité qu’à travers votre persistance rétinienne. Tout ce qui vous écarte de cette lecture vous insupporte.
Goebbels et Walt Disney ont su tirer parti, chacun dans leur domaine, de leur grande connaissance des réactions du public. Ce n’est pas Walt Disney, hélas, à qui vous tracez la voie du pouvoir.
Renaud Delaporte
PS : Pendant que j’écrivais ces lignes, ce lien sur ma boîte aux lettres :
Quinze années de conflit ont coûté 300 milliards de dollars à l’Afrique