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Commentaire de Jean-Pierre Lovichi

sur Yvan Colonna ou le scandale corse


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Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 13 novembre 2007 11:59

Certes, il est préférable d’être jugé en France qu’en Chine... Affirmation effectivement difficilement contestable. Pour autant...Qu’a-t-on dit une fois cette lapalissade prononcée ? Rien ou quasi car force est de constater que notre système judiciaire dans son ensemble est loin de toujours satisfaire les exigences démocratiques formalisées notamment dans les diverses déclarations qui constituent le socle de ce que l’on nomme les droit fondamentaux. La France est régulièrement rappelée à l’ordre la Cour européenne des droits de l’homme, notamment en ce qui concerne les délais de détention provisoire. Et sur ce seul point, procès d’Yvan Colonna est hélas significatif. Alors que dès 1999 et 2003, il est annoncé comme l’assassin du préfet Erignac par les plus hautes autorité de l’état, il passera encore quatre ans en prison dans l’attente de son procès... Que dire aussi de l’état de nos prisons surpeuplées (et de plus en plus du fait d’une politique répressive de plus en plus affirmée), de l’augmentation des violences policières dont la LDH se fait l’écho, des erreurs d’instruction, des manipulations de preuve, de leur fabrication le cas échéant (méthode vieille comme la police, rappelons-nous de l’affaire des irlandais de Vincennes). Rien ? Je tiens à saluer du reste la retenue des commentaires portés à la suite de cet article qui bien que tendant à l’objectivité mélange un peu les genres. Et en effet, ne nous trompons pas. Ce procès n’est pas celui de la Corse, de son nationalisme, de son affairisme, de ses hommes politiques, des politiques défaillantes de l’état. Ces questions relèvent du champ du débat démocratique et il convient en effet de les poser. Aujourd’hui, il s’agit juste de juger un homme accusé d’un meurtre odieux. Mais aucune injustice ne peut palier à la mort d’un homme. Il faut juger en droit et en fait. La veuve du préfet réclame la vérité, c’est compréhensible. Ce qui me dérange c’est qu’elle réclame d’emblée une vérité qui se conformerait à son intime conviction... Laissons le procès se dérouler. Il est placé sous la surveillance de la FIDH preuve qu’il est à risque pour les principes démocratiques. Nous aurons tout le temps de le commenter une fois la décision arrêtée. Même s’il est certain qu’elle donnera lieu à un recours de la part du parquet ou de la défense selon le cas...


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