Tous le monde a un avis sur la Corse mais certains, pour ne pas dire une grande majorité, parlent sans savoir réellement de quoi ils parlent, ne faisant que répéter ce qu’ils entendent au JT depuis des années, source de malentendus et d’amalgames en raison d’une méconnaissance de la « politique » sur place et des « échanges incertains et ambigus » avec le continent et l’Etat.
Fou aussi le nombre de gens qui, chaque année, va se bronzer en Corse et profiter de « l’île » mais qui sitôt rentrer à Paris, n’a de cesse de trouver aux corses tous les défauts de la terre, sans compter les « petits noms sympathiques » dont on les affuble. On se pâme à la vision de certains endroits encore vierges de toute construction à l’instar de la Cote d’azur, mais personne ne se demande comment les Corses ont pu préserver une partie de l’ile, en dépit des magouilles, des pratiques mafieuses et autres petits arrangements entre « amis ». Cette île (et ses habitants) mérite mieux que tout ce que l’on entend et ce qu’on lit à son sujet.
Plus sérieusement : il serait judicieux de replacer la mort du Préfet Erignac dans son contexte et se remémorer la politique d’alors avec une seule question à la clé : A qui profitait le « crime » et pourquoi ? La Corse n’est pas la Sicile : les gens se soutiennent mais les Corses ont une aversion pour les crimes de sang et autres crimes « crapuleux » n’en déplaisent à certains.
L’article est intéressant : pour ma part, je le trouve un peu trop « politiquement correct » ; pardon à l’auteur, et un peu trop continental « Pourquoi a-t-il fallu autant de temps avant de procéder à l’arrestation de Colonna ? » bonne question. Dommage que vous n’ayez pas fouillé un peu plus ?
Le scandale Corse ? Là pour le coup, je souris ! Une vision et une réflexion un peu plus large auraient été souhaitables. L’indignation ne fait pas avancer les choses.
Pour ceux que ça intéresse, il faut lire « Pour solde de tout compte » de Jean-Michel Rossi et François Santoni, deux militants de l’ombre qui en 96 sont devenus les dirigeants majeurs de la Cuncolta ; ils ont quitté leurs fonctions en 98 après l’assassinat du Préfet Erignac. Rossi a été assassiné fin 2000 après la parution de ce livre. Pas de langue de bois dans ce livre mais une version inédite des rapports entre l’Etat français et la Corse.