Malgré l’émotion du moment, essayons de relativiser la disparition de Fred Chichin : était-il un grand guitariste ? Certes pas. Etait-ce un grand groupe ? Non, pas davantage. D’ailleurs, si on relit les épitaphes actuelles, c’est « Marcia Baïla » titre malheureusement prémonitoire qui ressort. Et pas un seul autre. Des albums ? Fort peu, et de très mauvais, éreintés par la critique et boudés par les fans eux-même. Un groupe qui ne laisse qu’un seul titre en mémoire n’est pas un bon groupe, ou pas de la stature de ceux qui laissent derrière eux une discographie conséquente. C’est ce qui différencie, par exemple, le groupe de Chichin de monstres comme Led Zeppelin, dont le dernier clip montre l’arrivée d’un véritable Zeppelin de transports à hits, pas moins. Comme tout disparition, celle de Chichin entraîne son lot de textes plus ou moins flagorneurs. On peut en conclure que c’est triste, pour tout le monde. Et je n’ai même pas parlé de ces toutes dernières déclarations sur le téléchargement ou le rap, sur Canal , où on ne peut pas dire qu’il faisait figure de précurseur et d’avant-gardiste, bien au contraire. Et pas parlé de la scène, non plus,, où Les Rita Mitsouko savaient aussi être particulièrement calamiteux, selon l’état d’esprit de la chanteuse, sur qui reposait tout le spectacle. Voilà c’est dit, mais ça ne nous empêche pas non plus de transmettre à Catherine Ringer nos sincères condoléances, car au delà du spectacle, il y avait une belle histoire d’amour entre eux. Rappelons que le titre Marcia Baïla était aussi un titre d’arrangements (les cuivres !), celle de Conny Plank, un allemand à l’origine du succès de tous les groupes planant des années 70-80. Ironie de l’histoire, il est décédé lui aussi en 1987, d’un cancer. Dans l’indifférence générale, lui.
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p1842/articles/a37965.html
http://neospheres.free.fr/kraut/plankdisk.htm