Analyse assez fine de la part d’un lecteur (que je remercie) d’une situation qui échappe en premier lieu à la Commission européenne, laquelle n’a de cesse de multiplier les interventions pour limiter les effets d’une concentration effective des acteurs en matière d’énergie. Le résultat est loin d’être probant puisque, comme chacun sait, il est apparu que dans dix Etats membres de l’Union européenne, les trois premier géants électriques possèdent plus de 60% des capacités de production, constituant ainsi des positions dominantes qui les ont d’autant moins incités à diminuer leurs marges qu’ils contrôlent aussi les circuits de transport, de distribution et de commercialisation de l’énergie. Je suis donc enclin à penser que les réactions de la Commission, liées aux autorités nationales de la concurrence, ne seront jamais plus que de mauvaises solutions à un problème que personne n’a vraiment le moyen de résoudre. A quoi la prise de sanctions sous forme de cessions d’actifs ( gazoducs, terminaux etc...) ou de contrats de fourniture à d’autres partenaires va-t-elle servir si le seul objectif qui doit être pris en considération n’est pas atteint, qui considte à obtenir une véritable capacité de négociation autrement qu’en devenant le principal acheteur européen de gaz sur le marché international ? A-t-on vraiment compris qu’un groupe comme Gazprom n’a rien à faire du bien-être de l’Europe occidentale en plein hiver si, pour des conditions de géopolitique par exemple, le président de Russia SA , M. Poutine, menace ou décide de couper l’alimentation en énergie ? La vérité est que la libéralisation de ce marché gazier n’entraînera pas de baisse de prix - quel que soit le cas de figure, privatisation ou pas - simplement parce que l’on ne peut rien faire de sérieux quand on ne maîtrise pas de bout en bout la chaîne industrielle du gaz et du pétrole : extraction, production, vente, transport et distribution. La Commission de Bruxelles pourra examiner tant qu’elle le voudra - au regard de la concurrence européenne et des ententes illicites - les conséquences de l’accord signé le 4 août dernier à Moscou entre Sonatrach , Lukoil et Gazprom, je ne vois pas comment elle pourra sanctionner une entente extérieure à l’Union européenne, sachant qu’au surplus un géant comme Gazprom envisage très sérieusement (libéralisation et concurrence obligent) de maîtriser très vite 10% du marché de la distribution du gaz en Europe occidentale... La conclusion s’impose d’elle-même : une fois mis en place des mécanismes de régulation qui se révèleront très vite à bout de souffle,( car ne nous racontons pas d’histoires : les « remèdes » aux effets négatifs de la fusion Suez -GDF sur lesquels la Commission statuera le 25 octobre prochain seront très probablement inopérants), il faudra soit changer d’énergie, soit trouver d’autres fournisseurs fiables, soit plus simplement aller chercher le gaz et le pétrole là où ils se trouvent. Quant au consommateur, il faudra qu’il apprenne aussi très vite à se couvrir contre la volatilité des marchés par des contrats à prix garantis (...) ou par des produits financiers. Spassiba wa Shukran jazilan !
Renaud Bouchard
21/09 19:30 - FredSud37
« Je l’affirme parce que c’est un engagement du Gouvernement : EDF et GDF ne seront (...)
21/09 19:20 - FredSud37
1 - Ni les traités européens ni la concurrence n’imposent leur privatisation. 2 - Pour (...)
21/09 19:11 - thomasH
bonsoir, depuis plusieurs semaines, je lis pas mal de choses sur le sujet et je commence à me (...)
19/09 10:54 -
Le "droit de vote“, c’est tout ce que vous avez trouvé comme solution ? Boudiou, (...)
19/09 00:56 - Renaud Bouchard
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19/09 00:35 -
Que le régime de retraite de GDF doive être aménagé n’est pas contestable en soit. Il a (...)
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