@ jesuisunhommelibre
Je vous concède que la science est amorale. Votre exemple de "la terre est ronde" ou celui du thermomètre sont amoraux. Le bien et le mal ne font pas partie de "la terre est ronde" et du thermomètre.
L’économie a un gros problème à ce niveau. Si elle est amorale comme vous le défendez, les humains ne font pas partie de cette science. C’est impossible. Elle doit impérativement nous traiter comme des objets, comme des variables (température). Vendre de la drogue ou du pain est parfaitement équivalent. Vendre des humains ou des voitures est parfaitement équivalent. Polluer une rivière donnant de l’eau à des milliers de gens est justifiable si cela donne une marge bénéficiaire supérieure. Le côté inhumain de cette amoralité explose.
L’humain ne fait plus partie de l’économie. Vous devenez une chose. Vous pouvez être traité comme de la viande de boucherie dès qu’une justification économique intervient. Un trafic d’organes humains a été récemment démantelé en Inde. Si c’est ça la liberté, je passe.
Si la morale intervient, alors l’économie cesse d’être une science. Elle devient, au mieux, une science humaine. Je cesse d’être une chose, un objet. Je cesse de courir le risque de devenir de la viande de boucherie. Je cesse d’être une variable dans une équation. Le truc nommé parfois liberté exige que cette dignité de ma personne et de la votre soient posés au départ. Sans cette dignité accordée à tous sans exception, la liberté devient le droit d’être un monstre.
Sans elle, il devient possible de torturer un humain pour motifs économiques. Votre liberté me semble exclure l’humain de la réalité. Votre liberté me semble exiger que seule la science positiviste aie le droit de cité. Vous évacuez le problème de la présence humaine.
Quant à torturer un thermomètre, c’est lui donner une sensiblité qu’il n’a pas. Quant à le torturer parce qu’il donne un résultat non conforme aux attentes, c’est lui donner un rôle qu’il n’a pas. Il n’est pas humain. Un résultat économique contient de l’humain bien caché, mais présent.