@gnarf
@gdm
Bonjour,
Le droit de propriété trouve ses origines dans l’église, dans le droit canon, et non dans la capitalisme qui est venu bien après. Il en va de même pour le contrat qui existait bien avant le capitalisme. De plus le contrat, les contrats d’une manière générale, font l’objet d’une réglementation ; on ne fait pas ce que l’on veut en matière de contrat : il est toujours possible de porter un litige contractuel devant un tribunal !
Capitalisme et capitaliste, dérivé de capital, a d’abord signifié l’état de la personne qui possède des richesses. Ces pratiques capitalistes ont pris leur essor au 16 è siècle, dans l’Angleterre des « Tudor », celle plus précisément d’Henri VIII, le Roi sanglant qui avait fait assassiner plusieurs de ses proches, dont son Chancelier, Thomas More, car il refusait d’abdiquer sa foi catholique, il sera d’ailleurs décapité pour cela ! Un Roi qui avait pour but d’asseoir la puissance internationale et l’indépendance anglaise et devenir l’homme le plus riche du monde.
Thomas More, ce qu’il relate dans « Utopia », est alors témoin des ravages sociaux qu’engendre dans l’Angleterre du 17 è siècle le premier mouvement des enclosures qui marque l’irruption de la propriété privée capitaliste dans le monde rural, ceci, en même temps qu’il jette sur les chemins des masses de gens dénués de moyens d’existence. En fait, stimulé par le développement de l’industrie lainière, ce mouvement voit la création de grands élevages de moutons « privés » par l’aristocratie tudorienne ; une privatisation qui se réalise au détriment des terrains communaux et de leurs usages collectifs, qui, auparavant, étaient liée aux anciennes « tenures » et permettaient traditionnellement aux nombreuses populations paysannes de subsister dans le cadre du domaine féodal. Un mouvement mené avec une brutalité absolument inouïe et des conséquences sociales que dénonçait Thomas More, effrayé qu’il était par les ravages qu’engendrait cette course au profit de cette « aristocratie » à laquelle il appartenait pourtant et dont il critiquait les pratiques !
Il ya là, dans ce mouvement des enclosure et ses conséquences sociales, ceci sans aucun doute, un rapprochement à faire avec la pratiquee des subprimes aux Etats-Unis : la recherche du seul profit !
Le sens moderne est donné par Richard de Radonvilliers en 1842 dans son dictionnaire de français ; il est ensuite repris par Pierre Leroux (1848), William Thackeray (1854, première apparition en anglais), Pierre Joseph Proudhon (1867), Louis Auguste Blanqui (1869), parmi d’autres. Karl Marx et Friedrich Engels parlent de forme capitaliste de production, dans « Le Capital » et de capitalisme. Au début du 20 è siècle le terme est de plus en plus utilisé, comme avec Max Weber dans « L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme » en 1904 ; l’analyse de l’émergence du capitalisme selon Max Weber est maintenant la référence. En fait, le capitaliste (pour des raisons que Weber analyse comme religieuses) renonce à consommer ses biens tout en voyant dans leur quantité un indicateur de conduite de sa vie ! Il s’organise donc de façon rationnelle et méthodique dans le seul but de produire, ainsi , il accumule et investit ses biens pour en produire de plus en plus, non pas dans un but de consommation future ou de sécurité, mais dans une logique de pure « croissance » de son capital. En fait le fondement du capitalisme trouve ses origines dans des pratiques financières, celles des capitalistes accumulateurs de capitaux à des fins essentiellement personnelles et expansionnistes ! Si la pratique capitaliste a existé un peu avant, le capitalisme, lui, la doctrine capitaliste, s’est développé avec le colonialisme et son expansionnisme !
On peut retenir essentiellement deux formes de capitalisme ayant opérées au 19 è comme au 20 è siècle !
- Un capitalisme industriel qui exploite un stock de machines onéreuses concentrées dans des manufactures ou usines ! Un capitalisme industriel dans lequel la place accordée au travail est importante, quand celle accordées aux travailleurs peut être très variable, en se réduire à un rôle d’objet sans plus d’importance qu’un cheval ou qu’un tas de charbon, ou obtenir plus de respect et de considération comme dans le fordisme.
- Un capitalisme financier portant sur des biens abstraits (actifs essentiellement financiers) non directement liés aux équipements de production. Une forme de capital qui est l’objet d’anathèmes nombreux, y compris de la part des capitalistes eux-mêmes. Un capitalisme financier, véritable pléonasme et pure tautologie, qui fait que le capital se regarde le nombril ; qui, contrairement au capitalisme industriel qui défendait encore à peu près les emplois : les détruit ! Un capitalisme financier qui remet ainsi au goût du jour une lutte entre capital et travail que l’on pensait bien avoir totalement dépassée depuis Keynes !
Vous devriez être assuré car si je suis contre le capitalisme, usage paroxysmique du capital, réduction de l’économie à un seul de ses moyens qu’est le capital, pour autant je ne suis pas contre le capital moyen utile et nécessaire à l’économie, mais dont l’usage doit être réglementé et non livré à lui-même comme actuellement ! Je ne suis pas non plus conte la propriété privée, même pas celle des biens de production, à la condition expresse que tout ceci soit réglementé démocratiquement, que les salariés y soient largement associés, et que ces règles soient respectées !
Seriez vous capable de faire une critique objective et raisonnée du capitalisme ; bien sûr que non car à vos yeux il n’est pas critiquable puisqu’il est parfait ! Il me semble, de ce point de vue, que Nicolas Sarkozy partage ma critique du capitalisme ! En effet, actuellement, il n’y pas plus critique que lui en ce qui concerne le « capitalisme sauvage » comme il le nomme, et, tel qu’il était nommé après la « grande crise » des années vingt et trente du dernier siècle : plus jamais ça… plus jamais ce capitalisme sauvage ; n’est-ce pas précisément ce qui avait été dit ? Pourtant nous remettons ça ! D’ailleurs sur ce point de la critique du capitalisme financier, et hommage à Nicolas Sarkozy, même la gauche ferme sa gueule : Nicolas Sarkozy serait-il devenu un gauchiste ? Je pense qu’il est très réaliste : au moins sur ce point ; encore qu’entre le discours et les actes il y a beaucoup de contradictions !
Ecometa
27/02 09:42 - olivierchen
a Econometa : Je me trouve actuellement en chine je ne peux pas acceder sur votre blog (...)
25/02 15:05 - Ecométa
@olivierchen Bonjour, Voir http://metaecosystemie.blogspot.com Concernant Carl Popper, il (...)
25/02 09:22 - olivierchen
Bonjour ecometa ! Ps :ds precedent commentaire j`ai laisse pas apres mot "d`essais " (...)
25/02 09:18 - olivierchen
Bonjour ecometa ! Bravo pour votre article je trouve que vous avez un esprit tres critique (...)
24/02 22:12 - gdm
@Ecométa Jacques Attali a écrit un livre passionnant "au propre et au figuré". dans (...)
24/02 12:28 - Ecométa
@gnarf @gdm Bonjour, Le droit de propriété trouve ses origines dans l’église, (...)
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