Cher Bernard,
Vous avez perçu le problème. Les établissements scolaires deviennent le champ de foire de la délation et du dénigrement dont l’orchestration peut désormais être faite en toute liberté par les chefs d’établissement eux-mêmes ! En novembre 2000, l’inspecteur d’académie du Gard déclarait recevoir une cinquantaine de lettres de dénonciation par semaine !
On se doute que les échanges oraux existaient ! Ils ne pouvaient être établis. On vient de franchir un palier supplémentaire : des lettres secrètes de dénigrement, "stigmatisant un professeur du seul point de vue de son activité professionnelle", comme dit si délicieusement le premier jugement, peuvent désormais circuler ! Même la preuve écrite d’une "stigmatisation" infondée ne fait plus foi !
Qu’importe les conséquences désastreuses qui en découlent pour la qualité des relations dans les établissements !
Travailler dans une atmosphère comme ça, il faut aimer ! Bonne chance aux professeur de l’avenir !
Qui aurait cru que la déréglementation en cours allait passer par celle de la procédure disciplinaire à laquelle un chef d’établissement n’est plus obligé de se conformer. Il peut désormais par lettre secrète sans courir de risque lancer les bobards qu’il veut auprès des parents d’élèves. Ses victimes n’en sauront rien sauf quand la rumeur aura suffisamment grossi. Les accusations pourront revenir en suite comme motifs à poursuites disciplinaires ! On fabrique tous les dossiers qu’on veut avec cette brèche que vient d’ouvrir la Cour de cassation !
On voudrait détruire l’École publique un peu plus en y accélérant le désordre qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Paul Villach