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Commentaire de Nemo

sur Votre corps ne vous appartient pas


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Nemo 19 mars 2008 13:06

Bonjour,

Aussi douloureuse que soit la situation de cette femme, il me semble que l’on atteint les limites du raisonnable dans cette histoire.

Si cette femme veut mourir chez elle entourée de sa famille, elle n’a qu’à acheter une grosse boîte de somnifères, et les avaler en présence de ses proches. Personne ne l’aurait empêchée, personne n’aurait rien dit.

Le problème est qu’il ne s’agit vraisemeblablement pas là de son but. Elle cherche à instrumentaliser son cas dans le cadre du débat sur l’euthanasie. Qu’elle soit intimement persuadée que c’est un combat à mener, c’est son droit le plus strict. Mais qu’on ne nous fasse pas le coup de l’émotion et du sensationnalisme, car à partir d’une certaine dose, il y a saturation.

Son cas est tout à fait différent du cas de Vincent Humbert, qui était quant à lui privé de toute capacité physique, et donc dans l’impossibilité de mettre fin à ses jours. Ce n’est visiblement pas le cas de cette femme. Le débat n’est donc pas sur le même plan. Dans le cas de Vincent Humbert, ce débat se justifie, dans le cas de cette femme, il ne se justifie pas.

Je commence à en avoir assez de l’instrumentalisation par l’émotion, du chantage à l’affectif, de la surenchère dans la médiatisation, bref, de la tentative de la dictature par les minorités. De Jean Lassalle à Chantal Sébire, de la grève de la faim à l’agression visuelle en boucle que représente la surexposition de son image et de sa douleur ces derniers jours, les ressorts sont les mêmes.

On crée de l’émotion, de la compassion, de l’empathie. En on essaye d’enchaîner en faisant passer dans la foulée, en vitesse et sans réflexion, des normes qui sont sensées être la solution à tant de douleur. J’attire à tous votre attention ici, car c’est le même mécanisme employé par Nicolas Sarkozy dans son traitement du sujet de l’immigration.

La démocratie vaut mieux que cette course perpétuelle d’une émotion à l’autre, d’un sensationnel au suivant. Oui, Chantal Sébire à le droit de mourir. Elle en a la capacité de le faire. Qu’elle le fasse, si vraiment elle le désire.

 


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