Je souscris tout-à-fait à cette remarque de Max Gallo, qui affirmait que la France c’est autant le Sacre de Reims que la Fête de la Fédération.
Dans le discours de Sarkozy je critique la phrase minimisant le véritable ’sacerdoce’ des instituteurs. Et surtout, je ne vois pas comment on peut encenser une tradition religieuse tout en exhibant, dans sa vie de tous les jours, le décalage complet avec son propre comportement.
Et j’aurais préféré, dans ce cas, que le soir de son élection il fît un détour par Notre-Dame plutôt qu’au Fouquet’s.
Pour le reste, il est des vérités qui sont bonnes à rappeler- La France n’est pas seulement la Révolution - qui a charrié des horreurs largement supérieures à celles de l’Ancien Régime, voyez le quasi-génocide de la Vendée - ni même la République, qui, faut-il le rappeler, est un compromis entre toutes les tendances depuis 1873, mais aussi les douze siècles et les quarante rois qui ont fait la France.
Si la France est république laïque elle est également fille aînée de l’Eglise ; si le baptême de Clovis a été érigé en mythe national (en vérité, il a démarré sa carrière en s’en prenant au seul représentant de l’Empire romain en Gaule, le patrice Syagrius, autrement plus légitime) c’est parce que ce mythe est nécessaire comme acte fondateur. Serait-on aussi prompt à déboulonner Vercingetoix, symbole de la résistance alors que nous savons que la réalité historique fut différente et plus nuancée ?
On ne fait pas une communauté nationale, pourvue de sentiment de groupe et de cohésion, à l’aide de quelques bons sentiments et des papiers administratifs. Il faut des mythes, des symboles, l’enracinement dans une histoire et dans la ’grande armée des morts’ qui s’étend derrière nous.