Autre texte très intéressant sur le colonialisme Chinois :
(je cite un journaliste français)
Un journaliste chinois basé à Paris, qui s’était rendu à Lhassa il y a quelques années, m’a dit : « Les Tibétains se sont montrés très accueillants à mon égard. Ils étaient très satisfaits des investissements décidés par le gouvernement et ils ne manifestaient aucune peur vis-à-vis des autorités ».
Je lui ai répondu : « Jusqu’à la guerre d’Algérie, les Algériens eux aussi aimaient sincèrement leurs bienfaiteurs français. C’est du moins ce que la propagande française voulait faire croire à son opinion... »
Il m’a regardée, interloqué. Il ne voyait pas du tout le lien.
Les Chinois - du peuple comme du pouvoir - ont le plus grand mal à se voir en colonisateurs. La colonisation, c’est un crime dont ils ont été les victimes.
Les colonisateurs, ce sont les Occidentaux.
Il faut se souvenir que la Chine a été démembrée, à la suite des infâmes guerres de l’opium, entre toutes les puissances coloniales de la fin du XIXème siècle qui se sont taillé des « concessions » où s’appliquait la loi des maîtres étrangers.
Puis, à la faveur de la deuxième guerre mondiale, l’impitoyable empire japonais a chassé les Européens à son profit.
Contre les envahisseurs japonais, Mao avait rallié à sa cause les minorités non-han, en leur promettant un système de républiques autonomes à la soviétique où le droit à l’autodétermination des peuples serait respecté. Mais quand il a déclaré la république populaire de Chine en 1949, plus question d’autodétermination. La Chine était désormais une et indivisible, la sainte patrie des Chinois Han (l’ethnie ultra-majoritaire) et de 55 autres ethnies "minoritaires" (habitants de régions autonomes, de préfectures autonomes, ou encore de districts autonomes).
Pourquoi ne pas avoir tenu sa promesse ? La réponse se trouve dans une déclaration du même Mao : « La Chine est nombreuse démographiquement, vaste en superficie et riche et ressources naturelles. Mais ce sont les Hans qui ont le nombre, et les minorités qui ont l’espace et les ressources ».
Les Hans sont 93% de la population, les 55 minorités ne totalisant que 7%. Quant à la répartition géographique, deux tiers de la population sont entassés sur le tiers Sud-Est du territoire. Dans les immenses espaces du Nord-Ouest - montagnes, déserts, steppes du Tibet, du Sinkiang et de Mongolie - la densité est inférieure à 10 habitants au kilomètre carré. Mais c’est là que se trouvent les fabuleuses ressources naturelles dont le boom chinois a besoin.
Décidée à acculturer ces précieuses marges, la Chine a pratiqué depuis 60 ans toute une série de politiques, allant de l’écrasement sans merci de la moindre contestation à l’appel des sirènes sonnantes et trébuchantes du néo-capitalisme chinois.
Aucune n’a été aussi efficace que la politique du « chan shazi » (chinois : ajouter du sable). Il s’agit de déverser une telle quantité de colons hans sur les autochtones, que la région se trouve solidement « bétonnée ». Technique payante. Proche des régions hans, ouverte à tous les vents de sable, la Mongolie intérieure ne compte plus que 17% de Mongols. Au Xinjiang, les Hans ont dépassé en nombre toutes les minorités musulmanes autochtones prises ensemble. Au Tibet, on ne connaît pas les chiffres exacts, mais tout visiteur peut aisément voir que Lhassa et la plupart des villes sont d’évidence à majorité Han. Quant aux régions de peuplement tibétain annexées aux diverses provinces limitrophes, le déséquilibre est encore plus net au détriment des autochtones.
Tout en menant avec beaucoup de constance la politique d’assimilation, le pouvoir n’a cessé de chanter les joies du tuanjie, l’union fraternelle censée régner entre toutes les « nationalités » de Chine. Des militants communistes y ont cru. Ils sont allés s’installer dans ces régions où la vie était dure, ont épousé des enfants du pays, et ont donné naissance à la « génération tuanjie ». Il en existe une au Tibet, qui est aujourd’hui déchirée entre ses deux identités ennemies. Car tout en favorisant une poignée de locaux, la politique chinoise s’est acharnée à nier les droits politiques, linguistiques, religieux et culturels du peuple soumis. Les postes de pouvoir sont aux mains des Hans, les langues locales sont marginalisées, les religions tenues en laisse, la culture réduite au statut de folklore.
Pourquoi le peuple chinois ne voit-il pas que c’est une politique coloniale qui est appliquée dans ces marges ?
Parce que les Hans sont convaincus du caractère universel (ou en tout cas universellement désirable) de leur propre modèle civilisationnel - leur langue, leur endurance, leur pragmatisme, leur culte du pouvoir, leur foi dans la puissance de l’argent, leur goût pour les jouissances matérielles. Toute opposition est vue comme une résistance rétrograde et obscurantiste.
Ca ne vous rappelle rien ?
19/04 09:29 - Odysée
pfff, je ne sais pas quoi dire à une telle incapacité de réfléchir...vous devez beaucoup (...)
18/04 13:18 - cla’
si vous considérez les tibétains comme des chinois, accordez leur les même droit ! pourquoi (...)
17/04 01:54 - heyben
Pourquoi me parles-tu de presse régionale ? Ai-je parlé d’une quelleconque kermesse (...)
09/04 13:46 - wiNter)SonAta
le problem, ’cest que les occidentaux ne recherchent pas une solution. les occidentaux (...)
09/04 10:52 - Max
Bien au contraire les européens sont très bien placé pour savoir ce qu’est le (...)
08/04 19:08 - wiNter)SonAta
commentaire completment hoorible et sans fondement. qu’est ce qu’il vous prend de (...)
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