Mai 68 a été assimilé a une révolution (soit un tour de la planète) orientée contre la figure du père, la férule du maître. Notre société était alors une société verticale, avec ses avantages et ses inconvénients.
Dire que 68 a assaini quoique ce fut est outrancier : les enfants du baby boom, désirés ou non (il n’y avait pas de contraception) n’avaient prévu ni la mondialisation, ni les avancées technologiques. Trois générations plus tard, nous assistons aux ravages du matriarcat, à la difficulté d’intégrer des ethnies éminemment respectables mais dotées de traditions différentes (polygamie, religion, xénophobie) tandis que nos aînés en étaient à "Gardarem Lou Larzac", "Breizh Atao" et "Corsica nostra" : il y en a encore, au pouvoir, puisqu’on enseigne depuis peu dans les lycées le francique par exemple. Mai 68 a donné surtout lieu à une société du plus de jouir, où chacun se doit de tenter toutes les expériences et de les faire savoir, d’une société horizontale fortement individualiste, friande de délation, de calomnies, de médisances, une inquiétante société où nul n’est bienvenu s’il ne fait pas partie d’une ou plusieurs communautés de jouissance narcissique forcément orientée contre une autre communauté de jouissance narcissique (nous en avons un bon exemple avec les matchs de foot), où la perversion est ordinaire et où tous les coups sont permis, bref, ce type même de société qui, depuis l’aube de l’humanité, appelle une dicature, religieuse ou militaire.Et elle l’appelle d’autant que l’humanité a créé et produit tout ce qu’il était possible de créer et de produire : la tentation de tout détruire n’est malheureusement jamais loin de cet état de fait.
Mai 68 était inéluctable et fut une très jolie crise d’hystérie collective.mais notre société a versé d’un excès dans l’autre, sans comprendre, ni ce qui lui arrivait, ni ce qui se passait à l’échelon mondial. Et nous risquons de le payer très cher.