@Crazy Horse
La volonté politique ne peut servir s’il n’y a pas en toile de fond des symboles forts qui servent d’unité à un groupe, une ethnie ou bien une nation. Il en a toujours été ainsi. La convention universelle des droits de l’homme et du citoyen a servi de ferment durant un temps.
Le politique sert le peuple (en principe), la justice est rendue au nom du peuple souverain (en principe). Aucune institution n’est totalement libre si elle ne souscrit pas à ces principes fondateurs. Or, la Révolution avait laissé de côté les esclaves, mais elle avait aussi laissé sur les franges de la société la femme et l’enfant, la planète aussi (on le découvre tardivement).
La Déclaration des Droits de l’homme de 1789 a toujours été donnée comme incomplète, c’est ainsi qu’en 1795 on y ajoute les éléments suivants : « Nul n’est bon citoyen s’il n’est bon fils, bon père, bon frère, bon ami, bon époux »
On sent bien que le peuple, là, ressent un manque qu’il ne parvient pas à formuler. Si bien qu’en 1948 la Déclaration universelle révisée rappelle l’importance de « tous les membres de la famille humaine ». L’embarras est à son comble dans cette formule très vague.
C’est dans le début des années 80, sous l’égide de l’UNESCO, que la femme et l’enfant font leur apparition dans les textes fondateurs mais cela restera lettre morte, encore aujourd’hui même si la plupart des pays ont ratifié les conventions nouvelles.
Est-ce que je m’égare ? Non ! Car si l’on prend le problème de la pornographie sous l’angle où vous le prenez vous-même on suscite les réactions que vous préonisez : l’intervention de l’État. Mais que viendrait faire l’État dans cette galère s’il ne sait pas sur quel grand principe il doit intervenir ? Certes, on peut toujours – c’est le cas présentement avec le retour d’une droite ultra conservatrice – faire appel aux bons sentiments, au naturel, etc. pour justifier le retour aux "valeurs traditionnelles".
Si l’on prend la pornographie sous l’angle d’une offense faite à l’autre (sexe) on doit poursuivre le raisonnement un peu plus loin et se poser la question de ce que viennent faire ces Pubs où l’on voit une femme aguicheuse présenter une bagnole (encore plus polluante que celle de mon voisin puisqu’elle va plus vite, qu’elle est plus grosse, etc.
On peut également s’interroger sur ces pubs où l’on voir deux adolescents s’embrasser à pleine bouche (ARTE)...
Non, je ne vais pas jouer les père-la-vertu mais ces démonstrations impudiques comblent un vide que l’on a laissé grandir naïvement sans percevoir que nous perdions de vue, peu à peu, les grands symboles fondateurs de nos démocratie.
Je ne puis, sincèrement prendre la pornographie comme un phénomène isolé, je ne puis le traiter sans m’interroger sur l’usage de la femme objet dans la publicité, mais pas seulement. La pratique de l’Histoire et de l’Anthropologie nous apprend que là où une tendance culturelle devient unilatérale, elle est immédiatement compensée par une tendance inverse dont on ne peut contrôler les effets. À la tendance matérialiste, intellectuelle et froide de nos sociétés, correspondent ces dérives : pornographie d’un côté mais, de manière plus globale, également perte de la notion essentielle du respect de l’autre, de l’altérité...
Je sais que ma réponse ne pourra pas vous satisfaire mais les souffrances individuelles ne sont jamais, pour moi, dissociées d’un environnement, local d’abord (la famille par ex) plus large (la société en général) et, dans ce cas, je rencontre partout la même perte des valeurs fondamentales.
Alors que peuvent être ces valeurs fondamentales ? C’est par l’information, l’éducation, la prise de conscienceque nous pourrons voir se dégager des lignes directrices susceptible de compléter la Déclaration Universelle des droits de l’homme (et, dans ce cas, il y aura d’autres personnages que l’homme seul) Travail de très longue haleine ? On ne sait pas ce que l’Histoire nous réserve, ni dans quel temps !
23/06 00:07 - 3°oeil
http://www.alterinfo.net/Pedocriminalite-l-enquete-qui-accuse-Serge-Garde,-coauteur-du-Livre- (...)
21/06 12:48 - Allain Jules
Le monde est formidable, vivons seulement comme le disait quelqu’un.
20/06 15:59 - Kieser
@Lisa Sion Vous dites : "Pour comprendre vraiment les séquelles vécues par les victimes (...)
20/06 15:55 - Kieser
@barbouse Vous évoquez ce que l’on nomme le "syndrôme d’aliénation (...)
20/06 15:39 - Kieser
Bonjour Aude, j’ajouterai en complèment de votre intervention qui témoigne dans le même (...)
20/06 15:23 - Kieser
@Crazy Horse La volonté politique ne peut servir s’il n’y a pas en toile de fond (...)
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