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Commentaire de mat

sur Peut-on colmater la fuite des cerveaux avec des demi-mesures ?


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mat 18 octobre 2008 13:35

Il ya plusieurs sous-entendus dans les décisions du ministère de la recherche qui entrainent des décisions
qui "semblent" aller à contre courant du discours de "soutien à la recherche".
Vous le soulignez dans votre texte : les décisions en matière de recherche relèvent bien de la politique. Autrement dit, quelle place veut on accorder à la progression de la connaissance, de savoir et du bien commun dans notre société ?
Face à la vision court termiste et individualiste de notre gouvernement, ces mots sonnent comme des aberrations qu’il faut éliminer ! Tout est quasiment résumé dans cette phrase.
Ajoutez à cela une haine absolue du fonctionnariat, qui prend pourtant toute sa dimension dans la recherche : c’est un moyen pour le chercheur de prendre des risques !

Premier exemple, les "hausses de budget", qui partent finalement dans les crédits impots recherche des entreprises, qui, elles n’ont bien sûr rien à justifier sur ces subventions masquées !

Les "bases de reflexion" sont elle aussi complètement fausses. Le gouvernement utilise la technique rhétorique classique de N. Sarkozy : l’acquiescement sur les prémisses. Par exemple, acquiescement du déclin de la recherche française, par mise en avant du classement de Shangaï, sans discuter de ce classement. POURTANT :

- ce classement "oublie" que les enseignants chercheurs sont des "demi-chercheurs". Le service d’enseignement y prend en effet 50% de l’année : aucun autre chercheur dans les pays occidentaux n’a une telle charge d’enseignement !
 Ce classement oublie également toute les publications associées CNRS, divisant par 2 le taux de publication des enseignants chercheurs des UMR (Albert Fert avait pris la parole dans "le Monde" pour le souligner).
Curieusement, ce classement ne retire pas les publications associées à des organismes comme le NIH aux Etats unis (!), sous pretexte qu’il ne s’agit que d’une agence de moyen. Même la sémantique ne joue pas en notre faveur !
On voit déjà que ce classement de Shangaï divise quasiment par 4 (quatre !!) l’effort de recherche de beaucoup de Maître de conférence !


- On nous pointe également du doigt la taille de nos université dont certaines, par le nombre d’étudiants seraient de grosse universités qui ne publient pourtant pas beaucoup. On oublie alors de dire qu’en France, une bizarrerie du système fait que des enseignants du secondaires travaillent dans le supérieur : mon UFR (Unité de Formation et de Recherche) compte ainsi 30% d’enseignants du secondaire, qui bien sûr ne font pas de recherche (ce n’est pas leur métier !). 
Revoilà 30 % d’effort de recherche encore "perdu" par le classement de Shangaï. 

A force de diviser les résultats (quantitatifs) de recherche de nos universités, on en vient à se demander comment certaines figurent encore dans ce classement de Shangaï !

Concernant l’amnésie de notre gouvernement, notez encore :


- oubli du taux de chercheurs publics (non militaire, non nucléaire) en France : un taux relativement faible comparé aux autres pays occidentaux (et ce malgré le fait qu’un enseignant-chercheur est en équivalent temps plein, un "demi chercheur" !).

- Oubli du budget public de la recherche en France, un des taux de financement les plus faibles d’Europe !
L’université française est une des plus mal financée au MONDE. Le budget de tout l’enseignement supérieur français est inférieur à la dotation de la seule université d’Harvard (combinant certes, budgets privés et publics).
Quand on voit certains commentaires sur les forums, qui avec une haine incroyable viennent cracher sur le "gouffre sans fond" de la recherche public, on se dit qu’Europe 1, TF1 et le Figaro ont bien relayé les mensonges du gouvernement.

Que fait le gouvernement sur ce constat ? RIEN. A budget (faible) constant, il s’agit de faire croire que comme les chômeurs, comme les immigrés ou les malades devant leur médecin, les chercheurs seraient des passagers clandestins qui se nourrissent sans rien faire du travail des autres. Au moins, le discours est rôdé, vus les précédents au ministère de l’immigration ou avec les réformes des assedics/ANPE et sécurité sociale.

La source de tous les maux serait effacée en jouant sur l’individualisme. On va mieux rémunérer les génies frustrés, qui potentiellement, partiraient à l’étranger ! I On va évaluer via l’ANR et déhabiller Pierre pour habiller Paul. L’evaluation sans vrais critères est bien devenue la tarte à la crème de ce gouvernement.


Notons encore que ces jeunes chercheurs, seraient choisis sur des critères inconnus. A l’instar de l’ANR (dont on pourrait discuter longtemps aussi), cela ne concernerait qu’une fraction epsilonesque des jeunes récrutés.
Bref, du brassage d’air par effet d’annonce, technique sarkozyenne classique, avec un refus systématique de poser véritablement le problème pour le résoudre., comme vous le soulignez dans votre article.


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