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Commentaire de Annie

sur Vous fumiez j'en suis fort aise... et bien mourez maintenant !


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Annie 30 octobre 2008 17:20

Je ne voulais pas lire cet article, car cela fait deux mois que j’ai arrêté de fumer. La première fois depuis que j’ai 18 ans et j’en ai 54. J’ai encore un mois de patchs à tenir. J’ai arrêté (après avoir arrêté une centaine de fois sans avoir pu tenir plus d’une journée) parce que je commençais à avoir des difficultés à respirer et non pas parce que j’étais au courant des conséquences. J’ai travaillé dans le milieu médical.
Cela fait deux mois que je vis sans cigarette ; que je dors quelques heures par nuit, et très mal ; que j’ai des crises d’angoisses ; des nausées ; etc...etc... J’ai été absolument incapable de travailler les deux premières semaines par manque de concentration ; pas une excuse pour tirer au flanc, puisque je travaille à mon compte ; la liste est longue ;
Mais une chose qui m’a vraiment aidé, une fois que j’ai arrêté de fumer est que le suivi en Angleterre est très médicalisé. Il y a une réelle reconnaissance que l’accoutumance à la cigarette peut être aussi forte que pour des drogues dures. Il n’y a pas de stigmatisation ; au contraire un suivi qui me rassure que tous ces symptômes sont normals et partagés, que ma capacité respiratoire a augmenté, le taux de monoxyde de carbone a diminué dans mon organisme etc. Dans ce domaine, il n’y a pas de petites victoires.
J’ai vu mon mari qui s’est arrêté de fumer du jour au lendemain il y a dix ans ; cela a été dur, mais il n’a pas eu tous ses effets secondaires. Tant que l’on ne reconnaîtra pas la difficulté à s’arrêter pour certains, les chances d’y arriver seront infimes. Mon médecin me disait que seulement 2% des gens réussissent à s’arrêter sans soutien et avec une aide (patch, chewing gum à la nicotine) le chiffre est de 20 à 22%, et cela après un an.
Personnellement, je ne sais vraiment pas ce qu’il est possible de dire aux jeunes pour les empêcher de fumer. Tous les arguments n’ont eu sur moi aucun effet. Par contre je crois avoir totalement dégouté mes enfants de la cigarette.
J’ai vraiment ces jours envie de dire aux jeunes que je vois fumer qu’ils ne devraient pas. Mais je sais qu’ils me répondront ce que j’aurai répondu il y a quelques mois.
 


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