Je me suis fait la même réflexion, à quelques détails près. Effectivement, la crise est profonde. Grossièrement (très), 1789 fut pour nous l’avènement d’une société de la Raison. Or, elle ne se suffit à elle-même.
C’est mort en mathématique : Kurt Gödel a démontré l’incomplétude des mathématiques.
C’est mort en physique : L’objectivité repose sur l’observation, l’observé, lui, est inaccessible. Il y a l’alternative de l’école de Copenhague : la théorie marche et on n’a pas mieux ? On applique sans chercher à comprendre.
La relativité générale d’Einstein est aussi très perturbante : le temps y est un sous-produit de l’espace...
C’est mort en économie. Ben Bernanke, actuel président de la Fed, fut rendu célébre pour ses théories permettant de préserver la rationalité (dogme) des agents économiques pour expliquer la crise des années 1930. C’est lui qui n’a pas vu venir la crise actuelle, la pire depuis... les années 30. Déjà à l’époque, le grand prohète de l’économie d’alors, le Nobel Irving Fisher perdut énormément de son crédit pour avoir assuré tout le monde de la pérennité des actions peu avant le krach de 1929 et mit longtemps à réaliser l’ampleur de la crise. L’égoïsme seul ne saurait fonder une société. La main invisble est l’angle mort de cette pensée économique.
Mort également, ou en tout cas très moribond, le néodarwinisme : la sélection naturelle et le hasard des mutations expliqueraient à eux seuls l’évolution. Pourtant beaucoup de choses sont étranges : comment expliquer l’apparition de la reproducion sexuée ? Des êtres vivants avec des capacités reproductives (sinon ils sont morts après une génération) déjà fonctionnelles se séparent par enchantement en deux groupes qui s’emboîtent si bien ?
Il y a un bon livre sur le sujet : Notre existence a-t-elle un sens ? de Jean Staune.
Alors ? Comment tout cela tient-il debout ? Par un lien qui est hors de notre cadre de pensée encore dominant. La révolution à venir est comparable à la révolution copernicienne.