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Commentaire de gdm

sur Le principe du prêt bancaire


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gdm gdm 20 décembre 2008 14:01
@George Cake
Vous évoquez le paradoxe que le banquier prête 100 et demande 110, en incluant les intérêts. Le paradoxe est de savoir ou trouver les 10 qui n’ont pas été créés. Vous voyez une contradiction, voire un mensonge, et même une insulte qui serait faite à votre bon sens dans ce paradoxe.

Ce paradoxe n’est pas une contradiction, ni un mensonge. Ce paradoxe provient d’une erreur, fréquente, sur la nature de la monnaie, sur la nature d’un billet de banque. Je vais tenter de vous l’expliquer par une robinsonade, c’est à dire une fable de deux personnes sur une île déserte. Une robinsonade est un procédé de raisonnement qui tente de fabriquer un environnement artificiel pour isoler un problème théorique.

Sur une île déserte, deux individus ont choisi des grammes d’or comme monnaie pour s’échanger leurs productions respectives. Un individu est pêcheur. L’autre est agriculteur. Le pêcheur de poissons a l’habitude de vendre son poisson fumé au prix de 1 gramme d’or pièce. Et l’agriculteur à l’habitude de vendre 1 gramme d’or chaque kilo de blé. Les deux habitants acceptent volontiers ces prix d’échange et les considèrent comme équilibrés.

La quantité de grammes d’or est limitée sur l’île déserte à 100 grammes d’or. Un des deux individus prête 100 grammes d’or à son compagnon d’infortune de l’île déserte. Le prêteur, disons ici le banquier, demande à l’emprunteur de lui rembourser 110 grammes d’or.

Nous sommes ici exactement dans le cas du paradoxe que vous évoquez. Et pourtant l’emprunteur va rembourser les 110 grammes d’or au banquier. Comment va-t-il faire ? Non, il n’y aura ni magie, ni escroquerie. Seulement une grande logique fondée sur la nature exacte du billet de banque.

L’emprunteur est le pêcheur. L’agriculteur est le banquier. Le pêcheur produit des richesses et pêchant et en fumant ses poissons. Son client est le banquier-agriculteur. A chaque fois que le pêcheur-emprunteur vend un poisson fumé à l’agriculteur-banquier, le pêcheur reçoit 1 gramme d’or. Lorsqu’il a vendu 100 poissons, le pêcheur emprunteur possède 100 grammes d’or. Il rembourse le banquier-agriculteur des 100 grammes d’or de l’emprunt. Ensuite, le pêcheur continue a vendre 10 poissons au banquier et obtient ainsi 10 grammes d’or. Puis, il remet ces 10 grammes d’or au banquier en paiement des 10 grammes d’or des intérêts dus.
 
Dans le monde, il existe 1000 fois moins de monnaie en circulation que la masse des produits à vendre. C’est une erreur fréquente de croire qu’il existerait autant de masse monétaire que de quantité de marchandises à vendre. La robinsonade des poissons témoigne que la quantité de monnaie importe peu pour assurer la possibilité des échanges.
 




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