Cet article surévalue les capacités et la volonté de la Russie de se poser en rival des USA.
Si elle a eu un rétablissement économique spectaculaire depuis 2000 ( 7% de croissance annuelle) et si elle est, en effet, le premier exportateur mondial de gaz et d’armes et le deuxième de pétrole, son PIB est encore loin d’égaler celui des Etats-Unis, même rapporté à sa population, 2,5 fois moindre.
Ses capacités militaires de projection sont sans commune mesure avec celles des USA qui sont présents militairement à l’étranger dans 800 bases militaires réparties dans une centaine de pays. Même si elle commence à nouer des alliances militaires en Amérique du sud et au Moyen-Orient.
Et surtout elle n’a pas une influence coloniale sur les faiseurs d’opinion comme les Etat-Unis dont la présence militaire est ressentie comme naturelle et souhaitable. On l’a vu lors de sa réaction à l’agression militaire de la Géorgie contre l’Ossétie du sud qui a été présentée dans la plupart des médias occidentaux, au mépris des faits, comme une agression de la Russie contre la Géorgie.
La stratégie économique de la Russie ( keynésienne, avec un secteur public fort qui tire et oriente le secteur privé) est développementale et non impériale, et sa stratégie militaire est défensive : Madeleine Albrigtht, a déclaré avec franchise qu’il n’était pas juste (sic) que toutes les richesses de la Sibérie appartiennent à la seule Russie.