Marc
Il est possible que je n’aie pas saisi les subtilités de la révolution bolivarienne d’Hugo Chavez. Mon inquiétude est la suivante. Hugo Chavez, en cultivant le mythe de la personnalité, n’assure en rien la relève au sein de son parti politique, créé il y a environ un an. Il n’est pas assuré qu’en cas de disparition de Chavez, ce même parti puisse se faire réélire. L’opposition pourrait, dès lors, réussir ses obstructions au régime en place. Il faut reconnaître que la popularité acquise d’Hugo Chavez le rend moins vulnérable. Et il n’est pas assuré que le pays puisse, en l’absence d’un leader charismatique, poursuivre ses réformes. Gabriel Puricelli et Lucía Alvarez écrivent, dans Página 12, quotidien de gauche le plus important de Buenos Aires, lancé en 1987 : « Hugo Chávez n’est plus, comme Rafael Correa, confronté à une absence de majorité parlementaire, ni, comme Evo Morales, au danger d’une droite putschiste et sécessionniste. Autant dire que les forces du changement ont triomphé. Mais la volonté de maintenir Chávez au pouvoir pour poursuivre la révolution bolivarienne revient peut-être à sous-estimer le processus lui-même. Car, enfin, cette nouvelle tentative d’assurer la réélection indéfinie du président ne fait que renforcer un modèle de planification centralisée qui va à l’encontre des principes énoncés par la révolution bolivarienne. Manifestement, tout le problème est là. Au lieu de présenter des candidats qui assurent l’alternance, on mise ainsi sur une centralisation croissante. Au lieu de fournir des outils pour le bon fonctionnement des conseils communaux, des "tables techniques de l’eau" [conseils réunis lorsqu’il y a des problèmes concernant l’approvisionnement en eau] et autres "institutions" de démocratisation mises en place par le régime, qui se heurtent à une bureaucratie inefficace – et souvent corrompue –, on renforce les mécanismes d’un Etat qui n’a guère changé et qui reste relativement imperméable au changement » (Article traduit et relayé par Courrier International).
Pierre R.