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Commentaire de Dyck

sur Reflux gastriques


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Dyck (---.---.124.190) 26 octobre 2006 19:52

Alors ça, c’est tout de même un peu fort de café (même philosophique) ! Les Lumières bras dessus bras dessous avec la barbarie nazie (cf vers la fin de l’article) ! Si les SS sont les enfants des Lumières, c’est au moins à la suite d’un sacré viol (le chêne dit de Goethe, pieusement conservé par ces braves gens au sein même de l’enceinte de Buchenwald, on croit rêver, en effet). Aujourd’hui le mot serait « récupération ». Goethe sous le IIIème Reich n’aurait pas fait long feu en dépit des célébrations dont il fut alors l’objet. Ce n’est pas parce qu’Hermann Goering aimait les beaux objets, que le commandant d’Auschwitz lisait chaque soir une histoire à ses bambins pour les endormir, que tel autre collectionnait les éditions rares ou tel autre jouait de la flûte traversière, qu’on a pour autant affaire à des héritiers des Lumières. La question essentielle et dérangeante est : pourquoi ne sont-ils pas de vrais, irréprochables et, en définitive, bien rassurants monstres ? (la question sur « la banalité du mal » n’a pas varié depuis le reportage d’H. Arendt sur le procès Eichmann). Si seulement on avait en face de soi d’authentiques salopards ! Eh non, on est juste confronté à des médiocres. Aucun recul ou si peu, aucun retour sur soi, aucun esprit critique, pire : aucun humour. C’est beaucoup plus embarassant parce que cela signifie qu’une bonne partie de l’humanité peut postuler pour l’emploi de directeur de camp de concentration. Or, et j’en reviens à mon hullulement du départ, l’enseignement central des Lumières c’est celui de la remise en question, de soi, du monde, de tout ce qu’on voudra (pas « l’efficacité et l’ordre » ou alors pas dans le sens qu’on pouvait donner à ces mots dans la Wehrmacht). En d’autres termes, un refus de cette médiocrité qui incline à s’accommoder de tout y compris du pire. Alors comme ça c’est bien les « Bienveillantes » ? Pas le courage d’aller y voir. Et puis écraser une larmichette sur les états d’âmes des bourreaux, il y a tout de même mieux à faire dans la vie, non ?


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