@Zen
Mais à coup sûr on pourrait pousser l’analogie et dire, comme le fait Tarentino lorsqu’il a découvert Johnny Cash peu avant sa mort, que la Country est le Rap du petit blanc.
Ce qui est génant avec une grande partie du rap c’est qu’il véhicule une identification à des modèles anti-sociaux et cé&lèbre le prédateur, dealer ou proxénète, le tout inspiré des ghettos américains et saturé d’une violence typiquement américaine. Je dis typiquement, car son danger corrosif pour la société est aussitôt recyclé et monnayé comme produit de consommation à destination mondiale, la provoc’ faisant vendre.
Et le prédateur des ghettos qui prend, tue, exploite et fait étalage de sa richesse devient role-modèle non seulement pour les « jeunes défavorisés » mais pour beaucoup de jeunes parfaitement assimilés dans la société (on les appelle les « wiggers » aux U.S.A.).
Or la popularité de cette forme d’expression (et de l’« attitude » qu’elle induit)n’est pas sans effet sur la la déperdition des repères : on a vu que les plus jeunes en France sont de moins en moins nombreux à trouver repréhensible le fait de violer la loi (et je ne parle pas d’une désobéissance librement assumée face à une loi jugée injuste) ; tandis qu’aux U.S.A. les hommes jeunes (selon un sondage) sont nombreux à estimer qu’aller jusqu’à tuer dans certains cas n’est pas d’une gravité fondamentale.
Dans les deux cas, j’insiste, la transgression n’est pas contestataire, mais découle simplement de l’idée qu’on fait ce qu’on veut,on prend ce qu’on veut, et on écarte tout obstacle, législatif ou humain.