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Commentaire de freeal

sur La trisomie est une tragédie grecque


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freeal freeal 15 mars 2009 22:45

« Quand la nature condamne, le rôle de la médecine n’est pas d’exécuter la sentence, mais de commuer la peine. »
Pourquoi dites vous celà ? Que connaissez vous de la trisomie ? avez vous un enfant trisomique ... ? Pourquoi un enfant naitrait-il avec une peine ? La peine c’est (peut-être hélas) déja de naître normal au XXIème siècle. Si encore il faut supporter de plus un handicap, ou voyez vous une victoire ? La nature condamne, et alors ... ?
En quelques mots je vais vous dire ce que c’est que la trisomie, vue par les parents ... parce que l’enfant, lui ne se rend compte de son état (et encore) que très tardivement. Et lui, il est heureux, il sourit, il est généreux, il aime la musique, les couleurs, les animaux ses petits copains qui sont comme lui. Sa vie c’est son lecteur de CD, un jeu de Lego, quelques fleurs du jardin, les gâteaux au chocolat. Il ne votera jamais, il n’aura pas d’angoisses métaphysiques, pas de conscience politique. A trente ans, il rempotera des géraniums dans un "Centre". Il ne saura jamais conduire, prendre l’avion seul, téléphoner, couper ses ongles, et je ne vous dis pas tout. Mais il s’en fout. Le bonheur, tel que nous l’imaginons nous, adultes "normaux" ce n’est pas son truc. Il vit dans un autre monde.
Maintenant coté parents c’est une galère jours après jours, années après années, je n’ai pas peur de le dire. C’est d’abord de trouver une école qui veuille bien l’accepter dans une classe "normale", même s’il n’est pas noté comme les autres enfants. Quatre ou cinq ans, pas plus. Car ensuite ce n’est plus possible, il n’avance pas, ne sait pas lire, prononce difficilement. Il n’y a que ses parents et quelques proches qui le comprennent. Près d’eux, il est bien, rassuré, souriant, seul il a peur, il est perdu. Jamais il ne sera méchant car il ignore la rancune, les combines, les manipulations. Après l’école, il faut trouver un centre spécialisé pas trop éloigné géographiquement, ce qui implique parfois des déménagements. Le couple de parents souvent n’y résiste pas. Et l’un des deux supportera toute sa vie l’immense remords d’avoir laissé l’autre "à cause de l’enfant" et de ce qui s’est greffé à coté. C’est une suspicion discrète mais permanente pour savoir duquel des deux "ça vient". Les amis sont font plus rares. Une sorte de commisération s’installe dans les rapports avec les copains, la famille ...
Alors Monsieur Grimpret, faites attention à ce que vous dites. Si la nature décide d’une aberration qu’y pouvons nous ? Mais si médecins sont assez humains et intelligents pour mesurer l’ampleur et la durée de la peine infligée aux parents, la médecine effacera alors qu’il en est encore temps l’erreur de la nature.
Commuer ... ? quel mot étrange. La condamnation reste et cette peine ne se coupe pas en morceaux. Il faut aller jusqu’au bout.


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