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Commentaire de Patrick FERNER

sur Benoit XVI est-il chrétien ?


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Patrick FERNER 20 mars 2009 15:21

Les bien-pensants, eux, sont satisfaits. Ils ont éliminé la morale catholique et établi leur morale à eux, nettement plus relax. Sauf qu’ils ont remplacé des interdits, justifiés par des siècles de civilisation, par d’autres uniquement motivés par la satisfaction de leur ego. On le constate dans tous les domaines, gauche et droite confondues. Qui donne des leçons de morale ? Le Président qui, au cœur d’une crise qui ravage l’économie et jette à la rue des centaines de milliers de travailleurs, va faire des brasses dans un hôtel cinq étoiles au Mexique avec son mannequin de luxe. Ou Madame Sociale qui, dans les mêmes circonstances, inaugure une nouvelle histoire d’amour (avec un prolétaire, naturellement) sous le doux soleil de Marbella. Et, de façon générale, des politiques dont la principale préoccupation est, non pas le bien commun de la nation, mais de faire fructifier leur fromage et de préparer leur réélection.

 

Mais au fait, que reproche-t-on au pape ? Qu’a-t-il dit exactement ? A-t-on pris la peine de rapporter ses propos dans leur intégralité ? Non, alors les voici :

 

Question - Votre Sainteté, parmi les nombreux maux qui affligent l’Afrique, il y a également en particulier celui de la diffusion du sida. La position de l’Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n’étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ?

 

Benoît XVI - Je dirais le contraire : je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est précisément l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités. Je pense à la Communauté de Sant’Egidio qui accomplit tant, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, aux Camilliens, à toutes les religieuses qui sont à la disposition des malades… Je dirais qu’on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n’y met pas l’âme, si les Africains ne s’entraident pas, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d’augmenter le problème.

 

La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l’un avec l’autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent.

Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l’homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d’épreuve. Il me semble que c’est la juste réponse, et c’est ce que fait l’Église, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui le font.

 

Autrement dit, le pape indique un idéal, celui qui est, au passage, le seul moyen « sûr et vertueux » de lutter contre le sida. Il ne dit rien d’autre que son prédécesseur, qu’on a présenté pendant 25 ans comme un vieux conservateur polonais ne comprenant rien à son époque, et qui est maintenant érigé en modèle d’ouverture à la modernité par opposition à son successeur, vieux conservateur allemand qui etc etc. Et le pire, c’est qu’à force de répéter ces âneries, ils y croient. De même qu’ils croient que le seul moyen de lutter contre le sida est de distribuer des préservatifs : cela fait 20 ans qu’on s’y emploie à grande échelle, et pour quel résultat ? L’épidémie continue à ravager l’Afrique. Mais elle le fait silencieusement, car comme on l’a vu plus haut, au fond, à Paris intra muros, l’Afrique on s’en tamponne. Sauf si c’est un prétexte pour attaquer le pape.

 

Concluons. Nous en sommes donc à la fin de la deuxième phase évoquée au début. Et un intellectuel juif peut dire sans être démenti que, de nos jours, « l’anticatholicisme, c’est l’antisémitisme des intellectuels ». Il sait de quoi il parle. Avant guerre, il était de bon ton de casser du juif. On lui mettait tout sur le dos, à commencer par la crise de 29. Aujourd’hui, le monde est en crise, et on a trouvé un nouveau bouc émissaire : le pape. Contre lui, tout est permis : désinformation, simplification, déformation des propos, caricatures, injures, incitations à la haine… A quand le passage à l’acte ?


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