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Commentaire de Emile Mourey

sur Louis XI, la raison d'Etat par delà les apparences


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Emile Mourey Emile Mourey 14 avril 2009 16:01

Tout en reconnaissant la qualité de l’article, étant bourguignon, je l’aurais souhaité toutefois plus nuancé. Comme exemple de fourberie, il me semble en effet qu’on ne fait pas mieux et que Louis XI a bien ouvert la voie au machiavélisme et à la realpolitik de Bismark et d’autres, alors que les ducs de Bourgogne nous ont laissé, en héritage moral, une toute autre image.

Quant à l’avenir prometteur et rayonnant - prospérité et unité- dont on lui serait redevable, qui peut dire si le monde n’aurait pas eu avantage à la victoire de ses adversaires : une France bourguignonne alliée à l’Angleterre (on parlait alors français à la cour de Londres) et tournée vers le reste de l’Europe avec en héritage prévu le grand empire de Charles Quint.

Et c’est bien la Bourgogne qui rayonnait alors de tous ses feux et non le petit état d’Ile de France du jeune Louis XI. Les foires de Bourgogne et des Flandres, une bonne gestion, la prospérité économique, c’est la Bourgogne qui a donné l’essor et non Paris. Quant à l’art, il suffit de citer l’église de Brou à Bourg-en-Bresse.

Mais le plus grave dont on ne parle pas par ignorance est du domaine de la spiritualité. Entre le christianisme « à la lettre » du royaume de France et le christianisme tout en symboles flamboyants de la cour des ducs, on peut se poser des questions (voyez mes quatre articles de mars 2008 sur l’agneau mystique de Van Eyck).

Bourguignon je suis, mais aussi Chalonnais. Ici, à Chalon-sur-Saône, la grande ville marchande des ducs (voyez mon article du 25.02.08), nous n’avons pas oublié... en 1480, trois ans après la mort de Charles le Téméraire sous les murs de Nancy, Louis XI livra Chalon et la vallée de la Saône à la soldatesque. Pendant deux interminables jours, la ville fut pillée et ses archives incendiés. Qu’on ne s’étonne pas après cela que j’ai autant de mal à convaincre mes concitoyens sur le véritable emplacement de notre ancienne capitale éduenne : la cité à Cabillo/Chalon-sur-Saône, la forteresse à Bibracte/Mont-Saint-Vincent - comme l’a écrit Strabon - et non au mont Beuvray comme sont venus nous l’imposer les archéologues parisiens.


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