Clojea, cher ami scientologue,
Merci tout d’abord de ne pas clore de votre propre chef le passionnant chapitre Palisson. Imaginons qu’Arnaud Palisson ait fait une thèse sur le dopage dans le cyclisme ; aurait-il dû enfourcher une bicyclette et suivre le peloton sur une étape du Tour ? Bien sûr que non. On pourrait tout autant étudier les aspects judiciaires de l’Église catholique romaine (pédophilie de prêtres, protection de criminels de guerre, abus de confiance…) sans se faire baptiser. Arnaud Palisson n’a pas étudié les dogmes et rituels de la secte, mais bien ses agissements en tant que personne morale, ou ceux de ses responsables, pénalement condamnables et condamnés.
Si j’en crois ce que vous écriviez il y a quelques mois, une personne doit être responsable de ses actes. L. Ron Hubbard, fondateur de la scientologie, a été condamné en 1978 par la justice française à quatre ans de prison pour escroquerie ; il n’a jamais purgé sa peine. En 1995, la première association de scientologie a été condamnée et dissoute pour n’avoir pas payé ses impôts aux fisc ; elle s’est reformée sous un autre nom. Ce sont à ces événements-là, la responsabilité de leurs auteurs et leurs conséquences pénales, auxquels se réfère la thèse d’Arnaud Palisson ; nul besoin pour lui de faire un sauna pour expliquer le droit.
Ah, juste un truc à propos de purification : le prophète de la religion pastafarienne (la seule vraie religion, que vous le vouliez ou pas) nous a enseigné que le concept de pureté ne s’appliquait qu’à l’eau potable, ce que je crois viscéralement.
Passons désormais au chapitre spirituel de la scientologie. Vous assimilez ce mouvement au bouddhisme. Or, dans le bouddhisme, il existe une figure centrale appelée Bouddha ainsi qu’une kyrielle d’entités divines, des rituels décrits de façon détaillée dans de nombreux ouvrages accessibles à tous, des symboles millénaires ayant fait l’objet d’études, une organisation cléricale qui n’a rien d’opaque, des architectures signifiantes, etc. L’ensemble de ces éléments composent cette religion.
Enfin, afin d’être reconnus comme associations cultuelles, les temples bouddhistes de France se soumettent aux règles légales qui leur permettent d’obtenir ce statut.
S’agissant de ce que vous avez décrit des huit impulsions, la démarche que vous exposez pourrait être celle de l’hermétique traditionnelle, d’une philosophie new-age, d’un art martial, ou d’un stage de développement personnel.
Pour revendiquer le titre de religion, il faudrait au moins une articulation mythologique anthroposophique (même sans révélation), une chaîne métaphysique et une trame mystique, des approches exégétiques, une ésotérique analysable sociologiquement, philosophiquement, mystagogiquement, etc. Or, il n’en est semble-t-il rien au vu des éléments que vous donnez. N’y aurait-il que cela ?