Le « fast trading » est un peu une Taxe Tobin prélevée par les lièvres sur les sages tortues.
J’avais lu l’article du NY Times qui précisait aussi qu’il fallait payer un « droit dinitié » pour connaitre un certain temps avant les autres acteurs du marché les ordres les plus frais (ca doit se compter en farction de seconde, ce degré d’initiation).
Pour voir l’impact, le gain a été effectivement qqs milliards de $, mais c’est pas 3% de tous les gains car les différences de prix mises en jeu sont minuscules entre achat et ventes, le 1 pour mille. C’est pourquoi ils peuvent faire 60% des transactions et ne rien en tirer.
Même si Nasdaq et BATS n’avaient pas renoncé, je crois qu’en gros, ce genre de numérisation poussée conduit à un « comportement fluide », comme la pèche des petits bateaux par les enfants, il faut viser sur cible mouvante, continument mouvante, et ne plus escompter qu’avoir vu un ordre au prix X vous garantisse de l’effectuer. Ca obliger a le faire plus statistiquement, mais c’est ce que font les traders de toute façon, ils perdent 40% et gagnent 60% de leurs coups, sinon, ils ne feraient pas de pépète, paralysés par la peur de perdre.
Sur le fond, la finance ainsi poussée n’a pas l’air de créer de richesse, il faut en convenir au mois en apparence, elle semble même prolétariser les investisseurs et opérateurs eux-mêmes dans le sens où elle les prive de tout savoir-faire. On entre ainsi dans une technique ésotérique qui rend les gloses et les textes scholastiques médiévaux symapthiques et éclairantes en comparaison. Une analyse « en boucle fermée », avec tous les ingrédients autour de l’activité de trading, semble très délicate à définir.
A vrai dire, le ver des rendements décroissants qu’on devine à l’oeuvre dans le fast trading est aussi présent dans ce grand corps financier pas si malade que dans les recoins plus industriels qu’aime Imhotep (et bien que je le comprenne) : en effet, un grand groupe ne sait pas produire de la richesse originale, c’est une loi bien connue de l’industrie et auxquelles n’échappèrent que de rares exceptions (Xerox, 3M, Kodak, Corning, Bell en son temps). La propension à gacher du « vrai projet concret » est incommensurable dans ces groupes. Ils se refont par leur capacité à gérer les « lois d’échelle », c’est à dire à être crédible pour faire croitre et appliquer une innovation sur des marchés à 100 Meuros (1 milliard de feu FF !).
Je vous laisse continuer à carboner (TTC) sur le sujet...