Il y a quelques temps j’avais écrit un article à la suite du bonus quelque peu démesuré d’un trader d’une filiale de Citi Group. Quelques bons savants m’avaient expliqué que j’avais tout faux, que ces traders étaient des génies et que s’ils faisaient gagner de l’argent à leur employeur ils méritaient bien une part du gâteau.
Hormis que c’est oublier qu’il y a toute une chaîne dans la vie économique et pour qu’un spéculateur sur le pétrole gagne quelques billets à l’odeur de brut, il faut qu’il y ait un vendeur et un acheteur et pour que ce vendeur vende son produit ils faut une palanquée de petites mains qui gagent des clopinettes à extraire, transformer et transporter cette or noir et que de l’autre côté il faut qu’il y ait d’autres petits salariés à petits salaires qui mettent du carburant dans leur modeste trottinette ou du gazoil dans le bus qu’ils prennent pour aller gagner leur clopinettes, ou qu’ils achètent un produit bas de gamme en plastique. C’est oublier aussi que ce spéculateur joue avec de l’argent qui ne lui appartient pas et qu’il a fallu que des petites mains aient mis leur paye dans ces banques pour faire des capitaux et que d’autres petits fussent actionnaires. En fait c’est oublier que ces spéculateurs ne suent pas plus qu’un chauffeur routier ou un fondeur devant un four allumé déversant du métal en fusion mais en revanche gagnent un petit peu plus. Ils ne sont qu’un microscopique maillon de la chaîne mais ont des gains macroscopiques.
Ce que j’écrivais alors c’est qu’un trader ne faisait qu’une chose : prendre une décision acheter ou vendre ou bien attendre . Et que tout cela n’était qu’un coup de poker car personne n’a en main les cartes pour prendre une décision fondée. Et globalement quand la bourse monte tous les traders gagnent. Et quand elle descend cela peut aussi être le cas. . Un va gagner plus une année qu’un autre et un autre prendra sa place l’année suivante. Ce n’est qu’une question de chance.
D’autres m’avaient fustigé quand je parlais de logiciels qui faisaient tout à la place des traders et souvent amplifient les phénomènes. Ils me regardaient de haut, eux si savants. Or non seulement ces logiciels existent et « prennent » des décisions (plutôt passent des ordres) à la place des traders mais il semble que cela empire. Voici des informations qui nous font entrer dans un monde à la Orwell.
Le Monde nous donne un article très intéressant. Le BATS (Better Alternative Trading System) a été créé en 2006 par une quinzaine d’informaticiens et d’ingénieurs du Midwest, comme une petite start-up ordinaire. En un an, la société s’est fait un nom auprès des hedge funds, grâce à ses faibles coûts et à sa vitesse d’exécution : 1 à 3 millisecondes par transaction. Aujourd’hui, le BATS traite plus de 1 milliard d’actions par jour. Pour le mois de juin 2009, la valeur de ses transactions a atteint 540 milliards de dollars.
De quoi s’agit-il donc ? Il s’agit de temps : time is money. Cette expression anglo-saxonne n’aura jamais mieux méritée d’être citée. Le nouveau terme est le flash order. Il faut aller le plus vite possible. Plutôt que de faire un résumé bâclé voici une partie de l’article : Depuis l’informatisation complète des transactions boursières, l’arme suprême des spéculateurs est la vitesse. Les programmes d’achat et de vente ultrarapides, basés sur des algorithmes toujours plus complexes et tournant sur des ordinateurs toujours plus puissants, sont devenus des outils décisifs. On assiste à une féroce course à l’armement entre opérateurs. En 2008, plus du quart des transactions boursières aux Etats-Unis ont été réalisées grâce à des algorithmes. Le temps de latence (délai entre l’émission d’un ordre et sa réalisation) est de l’ordre de la milliseconde, et les profits ainsi réalisés se chiffrent en milliards de dollars par an.
Les superordinateurs scannent des dizaines de plates-formes en quelques millisecondes, pour détecter les tendances du marché, puis passent des ordres à la vitesse de la lumière, laissant sur place les investisseurs traditionnels, beaucoup plus lents.
Ils peuvent aussi détecter le cours plafond fixé par un acheteur (prix au-dessus duquel il arrête d’acheter un titre). Aussitôt, ils raflent toutes les actions disponibles avant que l’acheteur légitime ait eu le temps d’agir, et les lui revendent plus cher, généralement au cours maximal - c’est-à-dire 1 centime en dessous de son plafond.
Comme on le voit ce sont des algorithmes qui décident et plus le trader. Il s’agit de savoir quelle est la tendance et d’en profiter plus vite que son voisin. Où est le génie ? En quoi ces traders méritent-ils ne serait-ce qu’un dollar ? Du reste cette technique peut être assimilée à un délit d’initié comme le déclare un sénateur démocrate Charles Schumer et tente de les faire interdire. En fait ce monde est opaque, s’auto entretient, crée des légendes d’indispensabilité du génie de quelques-uns (qui se comptent pourtant en milliers sur l’ensemble des places boursières et qui pourtant ne font pas grand chose puisque ce sont les algorithmes qui travaillent à leur place). Les énormes salaires des uns se justifient par une compétence hors normes imaginaire et confortent les stratosphériques salaires des autres. Et ce qui fait peur c’est d’une part ça : En juillet 2009, le New York Stock Exchange ne réalisait plus que 28 % des transactions boursières aux Etats-Unis, le Nasdaq 21 %. Deux sociétés inconnues du grand public, le BATS à Kansas City (Missouri) et Direct Edge à Jersey City (New Jersey) rivalisent pour s’imposer au troisième rang des places boursières américaines, avec chacune 10 % à 12 % du marché, selon les modes de calcul.
Donc cela s’empire avec une montée en puissance des néfastes qui ne cherchent que le gain dans la plus pure virtualité, et surtout cette déclaration : En revanche, le patron de Direct Edge, William O’Brien, a multiplié les interviews pour expliquer que les flash orders sont une innovation bénéfique, et qu’il allait proposer ce service payant à tous les professionnels intéressés. De son côté, la SEC reconnaît que son enquête n’en est qu’à ses débuts et qu’aucune mesure contraignante ne sera prise à court terme.
Car on peut tempêter, ces gens-là - ce n’est pas qu’ils n’ont rien compris, au contraire ils ont très bien compris - ne changeront jamais et seule une loi coercitive modifiera peut-être le fond des choses.
Vignette Wikipédia la bourse de NY en 1929
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Excellent rappel, les traders sont très souvent peu autonomes. Ce qu’on oublie généralement de dire, c’est qu’ils reçoivent des ordres et des délégations, et qu’ils ne font que ce qu’on leur demande de faire. Taper sur les traders, ce sport à la mode lancé par le gouvernement, revient surtout à éviter de taper sur leurs patrons.
Sauf peut-être la dernière phrase : « seule une loi coercitive modifiera peut-être le fond des choses »
Je crois pour ma part que c’est le bouclier fiscal qu’il faut détruire. A profits vertigineux, taux d’impôsition vertigineux.
Le système par tranche est un excellent système. Malheureusement, au dessus d’un plafond certes, ridiculement bas (70 000 euros !) il plafonne à 40% du revenu imposable, c’est à dire à peine 33% du revenu réel.
Il faut qu’au delà du million d’euros on soit aux alentours de 90 % et qu’au delà du milliard aux alentours de 99 %.
C’est seulement avec une disposition de ce genre que le libéralisme sera viable. J’attends une proposition meilleure.
Il va de soi que les traders n’en ont plus pour longtemps. Mais ces traders sont un épiphénomène. Cependant, s’ils étaient imposés comme il se doit, on pourrait en rire.
Si un individu qui a 1 md d’euros de revenu payait 900 millions d’impôts, il lui resterait encore 100 millions d’euros pour ses dépenses !
Et les 900 millions, intelligemment dépensés par l’Etat pourraient servir à payer plus de 20 000 professeurs (autant de sans emplois en moins à devoir par ailleurs, assister). Ces 20 000 professeurs consommeraient sûrement plus sur le marché intérieur que ce milliardaire cosmopolite !
Article salutaire qui, enfin, désacralise les valets du capitalisme convertis en secret au néolibéralisme concocté par une nuit sans lune sur les rives du lac Léman. Cette machine infernale qui nous mène droit dans le mur en accélérant toujours plus, l’omnimarchandisation du monde (Latouche) qui fait que la moindre activité humaine, la moindre ressource intellectuelle et matérielle (Harribey) devient une marchandise.
L’heure est grave. Un seule solution, taxer férocement, réglementer sans pitié jusquà, s’il le faut, interdire tout échange. Non au marché totalitaire qui envahit nos esprits. Le virus du néolibéralisme est dans les cellules de nos cerveaux et nous avons besoin de les désintoxiquer pour pouvoir enfin penser librement (Cassen).
1 le capitalisme a été « inventé » pour mettre ne commun des ressources afin de payer un outil de production
2- le libéralisme prône la liberté de circulation avec une règle qui pour autant n’a jamais été démontré qui est l’efficience du marché. Un exemple une baguette moins chère devrait se vendre mieux, oui mais celle-ci est à 60 km de chez vous et celle qui se vend à 500 m vaut 20 % de plus. Sue faites vous ? Où est l’efficience du marché ?
3- il ne s’agit là nullement de création de richesse : j’achète une matière première je la transforme et je la revends plus cher car je lui ai apporté une plus value. Il s’agit tout simplement de friction économique et d’amplification de phénomène. Pour qu’une voiture roule le plus rapidement possible et le plus économiquement possible on tente de diminuer les frottements ou les frictions qui transforment l’énergie en chaleur en pure perte. Quand ce trader entre un premier vendeur et un acheteur potentiel s’intercale pour gagner de l’argent il ne crée que de la friction fait des plus values, fait de l’argent virtuel, ne crée aucune richesse fait monter la bourse et s’enrichit. Quand la bourse a trop monté, régulièrement elle s’effondre. Entre temps les frictionneurs se sont mis pleins les poches mais ce premier acheteur lui y laisse sa chemise. C’est un parasite qui ne crée rien, ne transforme rien. Une tique sur le sang de l’économie. C’est tout.
Donc discours facile, un peu faible et dont le raisonnement par antithèse s’arrête à la première marche d’un escalier qui en compte mille.
Latouche, d’extrême droite ! Lol.... Vous confondez certainement avec Larouche, un américain démocrate, aux idées.... bizarres.
Oui, la parodie est toujours un exercice un peu facile.
Ce n’est pas la transformation d’un produit qui fait la richesse, mais simplement le fait que des services s’échangent contre d’autres services, au bénéfice mutuel des parties. Cette interprétation ricardo-marxienne vous amène à ne pas comprendre la nature de la valeur, et par conséquent ne pas comprendre la nature du service rendu par le trader. Enfin, ce que j’en dis....
Voilà encore un impensé gigantesque, une colossale finesse aurait dit Francis Blanche :
« Ce n’est pas la transformation d’un produit qui fait la richesse, mais simplement le fait que des services s’échangent contre d’autres services, au bénéfice mutuel des parties. »
La Palisse n’aurait pas dit mieux, mais avec moins d’arrière pensées. Les arguties péripatéticiennes ne sont rien d’autre que de la casuistique au service de la finance.
Bien sûr que des services échangés qui enrichissent les deux parties sont des créations de valeurs. Ce n’est pas pour autant que tous les échanges créent de la valeur : « donnes moi ta montre je te donnerai l’heure » est un bel exemple d’échange qui ne crée pas de valeur.
Le capitalisme organise la pénurie de ce qui est gratuit et crée l’abondance de ce qui est coûteux. La finance fait la même chose, avec l’argent.
Effectivement je pensais à Larouche et j’aurais dû vérifier. mais ne faites pas rire avec vos ricardo marxisants. Je ne suis en aucun cas un adepte de Marx et il vous faudra du génie pour prouver le service rendu par un trader qui utilise un logiciel qui lui fait détecter la tendance du marché et qui lui fait acheter puis vendre en un millième de seconde des titres entre un cahteur et un vendeur qui se seraient vendus entre eux sans lui.
Et il vous faudra une autre paire de manche pour démontrer que l’évolution de la bourse qui gonfle et dégonfle en permanence au profit des intermédiaires apporte une quelconque utilité à l’économie. La seule utilité d’une bourse est lors de l’introduction d’un titre, une augmentation de capital ou une émission d’obligations. Tous les marchés secondaires n’ont que pour vocation de créer des liquidités en cas de besoin mais sont détournés de deux façons : les spéculateurs et les dirigeants qui ne visent plus que le cours du marché et non la bonne marche de l’entreprise.
Il vous faudra du génie et de la sueur pour démontrer que le système mis en place à Chicago au profit des céréaliers par alors des spéculateurs qui misaient sur l’augmentation du pris du grain pour en contre partie financer précocément une récolte n’a pas été dévoyé par les néospéculateurs avec de l’argent qui ne leur appartient pas (ce qui n’était pas le cas au début) pour faire faire le yoyo du prix d’une matière première ou d’aliments qui n’a plus rien à voir avec vos sacro-saintes règles de l’économie de marché qui s’autorégulent.
Personne n’a à aller se mêler d’une transaction où il n’a pas été invité. Je ne saurais donc dire ce qui a incité l’employeur a payer cette somme, il vous faut lui demander. C’est par contre à vous de prouver que, puisque vous affirmez qu’il n’y a pas de création de valeur dans cet échange (et non pas moi) par quel miracle un imbécile a payé pour quelque chose qu’il aurait pu avoir gratuitement.
Mais selon quel critére,selon quel principe économique l’état c’est à dire le contribuable doit il participer aux pertes abbyssales des banques ?Comment le symbole du capitalisme se transforme à l’issue d’une crise(trés grave) en appliquant des principes socialistes. ?Donc on socialise bien les pertes ?...Alors en application du principe de réciprocité il faut capitaliser les gains et distribuer équitablement à TOUS LES CONTRIBUABLES FRANçAIS les dividendes des spéculations bancaires récentes sans discussion.Autrement c’est un vol qualifié puisque ces mêmes traders touchent un salaire et font également du profit,mais alors , pas avec l’argent du contribuable.le tour de passe passe consiste à : « je te préte ,tu joues,tu gagnes en spéculant sur le même contibuable avec son propre argent »
Selon quel principe une banque censèe préter de l’argent et participer aux projets économiques d’une nation se voit transformer en agent emprunteur ??Donc les banque nous asphyxient avec notre propre pognon.Pourquoi ne pas les laisser tomber, ??
N’importe quel autre entreprise à caractére économique aurait était pulvérisée.Les banques NON.Il y’à un hic.
Le vol qualifié a été commis par les ministres qui ont voulu placer votre argent dans les banques sans accepter en contrepartie les droits de vote et de regard qu’ont normalement les actionnaires importants.
Excellent article qui montre que le trader n’est peut-etre plus exactement celui qu’il était . Depuis la remontée artificielle des marchés de cette année . Ces programmes de trading représenteraient 60% des opérations et non plus 25 % . D’après les montants circulant sur les marchés baissent de manière drastiques , ce qui montre bien que les investisseurs ne croient vraiment à la pseudo reprise .
les traders sont finalement , comme les caissières de supermarchés, en voie de disparition. remplacés par des machines plus rapides, plus fiables, moins chères et programmables. En plus ces programmes ne demanderont pas de bonus.
je tiens déjà là une idée pour un scénario de SF. Au lieu que ce soient les robots de production qui se révoltent, si on arrivait à une prise de contrôle de l’humanité par les programmes automatisés financiers. hmmmmm.
imaginons... si un jour ... par une quelconque et humoristique bizarrerie algorithmique ce logiciel décidait que les traders, les conseils d’administration et autres PDg aux salaires millionnaires, faisaient diminuer de manière trop importante les bénéfices de l’entreprise, et que pour un meilleure rentabilité de celle-ci, on n’en avait plus besoin ?
que se passerait-il ?
on se la jouerait « boursicator façon tontons flingueurs » ?
Il y a quelques semaines on a écrit des articles sur Goldman Sachs, le faiseur de bulles. Lors de la bulle sur le pétrole qui le vit monter à 150$ le baril avant de retomber à 70, il y avait en moyenne 14 ventes à des intermédiaires avant d’arriver à l’acheteur final (l’une des majors pétrolières). C’est tout le problème du marché des futures qui mélange en même temps de trés bonnes choses et de trés mauvaises. La bonne chose (et encore, pas toujours) c’est qu’il permet aux gros consommateurs de fixer un prix pendant une campagne. C’est ainsi qu’Air France croyait avoir bien joué en garantissant son prix du baril à 90$ pour un an alors qu’il partait vers 145. Manque de bol, la chute subite du baril fait qu’Air France surpaye son pétrole à 90$ alors qu’il n’en vaut plus que 70. Il y a de quoi rire.
La fixation que fait l’auteur sur le pauvre trader est grave. Le problème n’est pas là du tout. JL a trouvé la solution pour ce qu’il appelle lui-même un épiphénomène - le non plafonnement des tranches d’imposition.
Le problème vient des politiques Keynesienne qui jettent l’argent du contribuable par les fenêtres en créant des milliards dont on ne sait plus quoi faire. Cet argent va dans les banques et finit dans des bulles. Le vrai problème vient de la création de monnaie illimitée et du surendettement qui l’accompagne. Cela crée des distorsions sur tous les marchés et pénalisent ceux qui travaillent comme le montre bien l’exemple d ’Air France que je cite au début.
Les politiques jettent en pâture aux foules des boucs émissaires faciles afin de cacher leur propre responsabilité dans la crise économique que nous vivons. De Fabius à Sarkozy en passant par Bayrou et DSK ils sont bien plus responsables que le pauvre trader qui se fait 100 millions de $ de bonus. De grâce, ne vous précipitez pas sur les chiffons rouges que les députés agitent sous votre nez. Le trader n’a volé personne tandis que votre député vous vole en vous mettant de force en concurrence libre et faussée avec les esclaves du tiers monde.
« Les prix des denrées alimentaires en Haïti a augmenté en moyenne de 40 % en moins d’un an, avec le coût des produits de première nécessitée tels que le riz qui a doublé... Au Bangladesh, [à la fin avril 2008] quelques 20,000 travailleurs du textile sont descendus dans la rue pour dénoncer l’augmentation vertigineuse des prix des produits alimentaires et aussi pour demander des salaires plus élevés."
Merci qui ?
Les traders et ceux qui les emploient sont des « criminels passifs ».
Livre de Michel Chossudovsky intitulé : Mondialisation de la pauvreté et le nouvel ordre mondial La famine mondiale : La « mondialisation de la pauvreté, » qui a annulé bon nombre des progrès de la décolonisation d’après-guerre, a commencé dans le tiers-monde avec la crise de la dette du début des années 1980 et l’imposition des réformes économiques meurtrières du Fonds monétaires international (FMI). Ce Nouvel Ordre Mondial se nourrit de la pauvreté humaine et de la destruction de l’environnement. Il engendre la ségrégation sociale, il encourage le racisme et les conflits ethniques et s’attaque aux droits des femmes et il précipite souvent les pays dans des affrontements destructeurs entre les nationalités. Depuis les années 1990, il s’étend, par l’entremise du « libre marché », dans toutes les régions du monde y compris l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale, les pays de l’ex-bloc soviétique et les « nouveaux pays industriels » (NPI) de l’Asie du Sud-est et de l’Extrême-Orient. (mai 2008, alterinfo.net)
Extrais : « Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, le prix des céréales a augmenté de 88% depuis mars 2007. Le prix du blé a augmenté de 181% sur une période de trois ans. Le prix du riz a augmenté de 50% dans les trois derniers mois (Voir Ian Angus, Food Crisis : »The greatest demonstration of the historical failure of the capitalist model", Global Research, April 2008) :
Les prix des céréales sont artificiellement gonflés par la spéculation à grande échelle sur les opérations des marchés boursiers de New York et de Chicago. Il est intéressant de noter qu’en 2007, le Chicago Board of Trade (CBOT), a fusionné avec le Chicago Mercantile Exchange, formant la plus importante entité au monde traitant dans le commerce des produits de base et comptant un large éventail d’instruments spéculatifs (les options, les options sur contrat à terme, les fonds indiciels, etc.)
Des transactions spéculatives sur le blé, le riz ou le maïs, peuvent se produire sans qu’il y ait de transactions réelles de ces produits."
« Quelques bons savants m’avaient expliqué que j’avais tout faux, que ces traders étaient des génies et que s’ils faisaient gagner de l’argent à leur employeur ils méritaient bien une part du gâteau. »
Si dans votre précédent article, certains ont effectivement dit qu’ils méritaient une part du gâteau mais absolument pas qu’ils étaient des génies.
Le seul qui parle de « génies » dans votre article, c’est.. vous !
Quant aux « bons savants » c’est la formule typique de la personne en plein complexe d’infériorité. Ce Qui explique certainement cet article.
« D’autres m’avaient fustigé quand je parlais de logiciels qui faisaient tout à la place des traders et souvent amplifient les phénomènes »
Où ? Qui ? Comment ?
« Comme on le voit ce sont des algorithmes qui décident et plus le trader. Il s’agit de savoir quelle est la tendance et d’en profiter plus vite que son voisin. Où est le génie ? »
C’est très minoritaire. Dans l’immense majorité des cas, c’est toujours les traders qui décident.
Pour ce qui est du « génie », une nouvelle fois, vous avez êtes le seul à en parler.
Tout ça nous donne un article où vous répondez à une question que vous seul vous posez dans un cafouillage d’accusations mensongères, de propos inexacts et d’une information, comme toujours avec vous, incomplète et fantaisiste.
Merci de vos compliments. Le terme de génie est une métaphore des sempiternelles hyper-compétences des traders qui doivent justifier leur rémunération qui elles aussi justifient les rémunérations de leurs patrons. Et vous ne devez pas lire les journaux car les Lagarde & Cie et les banquiers ne cessent de dire que si on ne les payent pas les super très bons vont partir à l’étranger.
Ensuite quand je parle d’algorithmes je ne parle pas uniquement des flash orders. Et si vous lisiez correctement vous verriez que 25 % des transactions (toutes transactions confondues) sont à ce jour faites par des algorithmes. Ce qui compte tenu des autres ordres nécessaires (un CA qui décide d’une augmentation de capital, des achats stratégiques d’entreprises, les achats des particuliers, des boursicoteurs) veut dire que la majeure partie des transactions de traders sont faites par des ordinateurs. Du reste ces mêmes outils informatiques entraînent en cascade des hausses et des baisses amplifiées. Cela est bien connu.
Quant à l’engagement de ne plus faire de « flash orders » cela concerne la bourse de NY et BATS, mais non les autres et dans cet article vous verrez qu’une autre place boursière qui représente entre 10 et 12 % de toutes les transactions, ce qui est énorme, non seulement ne veut pas leur suppression mais au contraire leur développement.
Ensuite les traders donnent des ordres mais en moutonniers et suivent la tendance. La peur panique pour eux est de ne pas être dans le trend. Et je le répète : il n’y a aucune base scientifique, économique ou sensée pour choisir le sens d’un ordre. Il y a des outils qui donnent un prétexte à ce choix, mais il est le plus irrationnel qui soit hormis l’unique raison de gagner de l’argent. Pas de créer de la valeur ou de faire avancer l’économie, juste faire grossir sa prime. Cela entraîne une prise de risque et à ce casino on gagne ou l’on fait perdre les autres car sa paye est garantie. Ce n’est que du bon, du bon bonus. La décision d’achat ou de vente n’est en rien fondée sur un savoir juste et une analyse fondée sur des principes objectifs. Les preuves sont multiples. Je vous conseille, à vous le conseilleur, de regarder la courbe de la bourse française des 10 dernières années. Si vous êtes capable de me démontrer la corrélation entre ces montagnes russes à amplitude gigantesque et l’économie réelle des entreprises qui sous-tendent ces cours je vous propose pour le prix Nobel d’économie et de la finance. Un autre exemple. Hier soir maman m’a montré l’évolution de son portefeuille (essentiellement des sicav) géré par sa banque. Cet argent accumulé depuis 10 ans (elle a 79 ans) est un tout petit matelas pour lui permettre en cas de maladie d’Alzheimer (sa peur) d’avoir de quoi la soigner. Pas pour faire un séjour sur le Paloma. En dix ans exactement elle a versé 4 et savez vous combien elle a aujourd’hui ? Sans avoir jamais rien retiré ? exactement 3 ! En dix ans maman a vu son patrimoine boursier perdre 25 % de sa valeur sans compter l’inflation. Entre temps les traders, pendant ces 10 ans, ont-il globalement perdu cette même somme ? Non bien évidemment ils se sont terriblement enrichis. Qu’ont-ils apporté à maman ? 25 % de pertes. Voilà ce qu’ils ont apporté. Or ces 4 versés l’ont été par le travail et des heures et des heures car maman fait partie des bosseurs qui ne comptent pas leurs heures et comble de l’histoire elle était cadre supérieure dans une banque. C’est dire. Donc vos amis les traders ont usé de l’argent de maman, lui ont fait perdre 25 % de ses économies et eux sont confortablement paris aux Bahamas fumer des cigares. Le meilleur dans son portefeuille c’est Natixis cours moyen d’achat 9,83 actuel 1,8 €. Natoxis le symbole des traders sur-doués avec une technologie financière de pointe.
Enfin, vous aurez un deuxième prix Nobel si vous arrivez à nous démontrer pourquoi en deux ans le prix du pétrole est passé de 45 $ le baril à 150 pour revenir à 70. Vous aurez quelque peine à nous démontrer que les besoins de pétrole ont triplé en un an pour se diviser par deux l’année suivante. Vous aurez quelques peines à nous démontrer que l’économie d’extraction du pétrole et celle de sa transformation auraient eu des variations de production et d’utilisation qui expliqueraient un triplement du prix et à l’inverse une division par deux de ce prix. Ces variations inimaginables de prix entraînent pour la populace un surcoût rapide dans un sens et une décroissance du coût lente dans l’autre. Ces hausses sans rapport avec l’économie ont entraîné des conséquences tragiques chez les pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs routiers. Ces soubresauts brusques ne fluidifient en rien l’économie mais au contraire créent des cahots déstabilisateurs et destructeurs. Mais ces cahots créent de la friction c’est à dire de l’énergie perdue pour l’économie mais récupérée par les traders. Plus les écarts sont brusques et plus l’amplitude est importante plus les tiques qui pompent le sang de l’économie grossissent. Les traders c’est une circulation sanguine extracorporelle qui au contraire de la médecine de pointe n’aide en rien mais pompe l’oxygène du sang au bénéfice d’une caste.
Si vous parlez de mon complexe d’infériorité (d’autres me disent le contraire) est-ce parce que vous vous souffririez de son parfait opposé ?
Ne vous inquiétez pas. Vous n’êtes pas le seul a avoir perdu beaucoup en bourse. Cependant, vous faites une erreur d’analyse en vous braquant sur les traders. C’est comme accuser son dernier pas d’avoir troué sa semelle.
Sans vouloir être méchant, si votre mère s’était comportée comme une vrai petite vieille et avait simplement mis ses 10 unités dans de l’or elle aurait aujourd’hui 40 unités. Regardez le cours de l’or sur les 10 dernières années. Il est passé de 250 à 1000 de manière trés régulière à part quelques soubressauts l’année dernière. Je sais, c’est facile, avec des si on mettrait Paris en bouteille.
Personne ne lui a demandé de placer dans des Sicav et de ne jamais remettre en cause ses placements. Les banquiers sont des commerçants au même titre que la Fnac ou Casino. Chacun prend sa responsabilité en achetant leurs produits.
Vous partez d’un problème personnel pour discuter d’un problème d’intérêt général ce qui brouille votre raisonnement.
Une longue diarrhée verbale pour essayer de noyer le poisson.
Tout ça pour essayer de masquer que vous avez inventé de toute pièce un prétexte pour pouvoir taper bêtement sur les traders et que vous êtes incapable de répondre aux questions toutes simples que je vous posais.
Triste journée pour vous.
Vous êtes pris en flagrant délit de malhonnêteté et d’incompétence.
Votre Idole la B(a)yroute se précipite au (France) galop pour approuver la main tendue à la gauche par Ma Vieille de Sarnaze (Ah, les cris indignés des modemodemous quand l’UMP disait que le supoposé transcourant Modem terminerait comme supplétif du PS...)
J’ai le titre de votre article pour demain :
« Le Modem s’agenouille devant le PS. L’Unique Kaiser Kondukator Sarkoko 1er s’étrangle devant cette nouvelle victoire de Bayrou »
Vous avez un problème intestinale on dirait. Que vient faire Bayrou dans cette galère de traders ? Et de plus vous tomber assez mal, ce qui prouve que un de vos six cerveaux a des ratés, Bayrou ne propose pas d’être supplétif du PS ce qu’il vient d’annonce dans son discours qui prend le contrepied de ce que vous croyez. Il reste dans sa position initiée par le discours de 1981, repris en 1998 et en 2002, puis approuvé par une écrasante majorité à Lyon par le congrès de l’UDF en janvier 2006, puis en mai 2007 puis en novembre 2007 toujours par l’UDF. Révisez votre histoire politique.
Je noie aucun poisson, mais j’apprécie vos louanges.
Comment avez-vous devinez que j’avais des gaz ??
Comme vous êtes devin, vous savez aussi que la cause est l’apparition de Ma Vieille De Sarnaze à la télé...
Au début, j’ai cru que c’était un film d’épouvante sur Ciné Frisson, en fait c’était les infos...
Bon comme votre entendement est inversement proportionnel à vos qualités d’Elisabeth teissier, je vous explique.
La galère, c’est la votre.
Pris la main dans le sac en plein mensonge et voir la b(a)yroute à genoux devant le PS
Pour ce qui concerne le discours de la b(a)yroute, en quoi a-t-il pris « l’exact contrepied de ce que je crois » ?
Dans l’attente fébrile de vos explications...
NB : pour mes six cerveaux (encore une fois, bravo Monsieur Soleil), comme je sens une certaine jalousie chez vous, j’aurais grand plaisir en vous en offrir un. Comme vous n’avez jamais eu, j’imagine que cela vous servira avantageusement...
Le « fast trading » est un peu une Taxe Tobin prélevée par les lièvres sur les sages tortues.
J’avais lu l’article du NY Times qui précisait aussi qu’il fallait payer un « droit dinitié » pour connaitre un certain temps avant les autres acteurs du marché les ordres les plus frais (ca doit se compter en farction de seconde, ce degré d’initiation).
Pour voir l’impact, le gain a été effectivement qqs milliards de $, mais c’est pas 3% de tous les gains car les différences de prix mises en jeu sont minuscules entre achat et ventes, le 1 pour mille. C’est pourquoi ils peuvent faire 60% des transactions et ne rien en tirer.
Même si Nasdaq et BATS n’avaient pas renoncé, je crois qu’en gros, ce genre de numérisation poussée conduit à un « comportement fluide », comme la pèche des petits bateaux par les enfants, il faut viser sur cible mouvante, continument mouvante, et ne plus escompter qu’avoir vu un ordre au prix X vous garantisse de l’effectuer. Ca obliger a le faire plus statistiquement, mais c’est ce que font les traders de toute façon, ils perdent 40% et gagnent 60% de leurs coups, sinon, ils ne feraient pas de pépète, paralysés par la peur de perdre.
Sur le fond, la finance ainsi poussée n’a pas l’air de créer de richesse, il faut en convenir au mois en apparence, elle semble même prolétariser les investisseurs et opérateurs eux-mêmes dans le sens où elle les prive de tout savoir-faire. On entre ainsi dans une technique ésotérique qui rend les gloses et les textes scholastiques médiévaux symapthiques et éclairantes en comparaison. Une analyse « en boucle fermée », avec tous les ingrédients autour de l’activité de trading, semble très délicate à définir.
A vrai dire, le ver des rendements décroissants qu’on devine à l’oeuvre dans le fast trading est aussi présent dans ce grand corps financier pas si malade que dans les recoins plus industriels qu’aime Imhotep (et bien que je le comprenne) : en effet, un grand groupe ne sait pas produire de la richesse originale, c’est une loi bien connue de l’industrie et auxquelles n’échappèrent que de rares exceptions (Xerox, 3M, Kodak, Corning, Bell en son temps). La propension à gacher du « vrai projet concret » est incommensurable dans ces groupes. Ils se refont par leur capacité à gérer les « lois d’échelle », c’est à dire à être crédible pour faire croitre et appliquer une innovation sur des marchés à 100 Meuros (1 milliard de feu FF !).
Je vous laisse continuer à carboner (TTC) sur le sujet...