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Commentaire de Lucien Denfer

sur Quand la précarité mène à une formation... à la vie précaire...


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Lucien Denfer Lucien Denfer 5 octobre 2009 00:15

Salut barbouse,

Quand j’évoque le rejet de l’individualisme, je vise certains mécanismes bien particuliers qui ont des effets des plus pervers sur nos existences. L’individualisme n’est possible que parce que nous entretenons une relation incestueuse avec nos élites.

L’instauration de l’individualisme par le renforcement d’une relation déjà quasi-fusionnelle entre le citoyen et les institutions administratives n’est pas à notre avantage, car nous déléguons ainsi tout pouvoir de décision et de choix de vie, dans presque tous les domaines de l’existence.

De la naissance à la mort nous sommes pris en charge par l’état et durant ce laps de temps nous seront des enregistrements numériques sur des centaines de fichiers, nos caractéristiques distinctives alimenteront des milliers de bases de données, dont certaines seront accessibles par des gouvernements étrangers.

Bientôt nous ne pourrons même plus décider par nous mêmes des espèces végétales qu’il convient de semer dans nos potagers (si ce n’est pas déjà le cas) et nous devrons choisir parmi un panel de produits stériles standardisés, distribués par les multinationales agroalimentaires.

Dès la sortie de la maternité nos enfants ne nous appartiennent plus et nous n’avons que le droit de les élever jusqu’à leur majorité si nous satisfaisons certains critères bien précis, sinon ils nous sont retirés.

L’état est omniprésent et étouffant dans le contrôle qu’il exerce sur les administrés tout en revendiquant une dynamique pseudo-libérale hypocrite et opportuniste qui ne vise qu’à agrandir l’étendue de son pouvoir de coercition.

Quand la retraite à 80 ans sera instaurée et que les cotisations obligatoires représenteront plus de 80 % du salaire pour une contrepartie quasiment nulle, nous continueront à aller travailler juste pour maintenir le système en branle et éviter qu’il ne s’écroule sur nos têtes. Et si nous devons creuser des trous juste pour que d’autres puissent les reboucher derrière nous, qu’importe l’absurdité du tableau d’ensemble puisque nous aurons du travail et nous seront heureux par définition et par procuration.

Si il y avait une contrepartie effective à cette intrusion dans ce qu’il reste de notre intimité, mes propos n’auraient aucune valeur, mais ce n’est pas le cas. La grande braderie des acquis sociaux pour effectuer un nivelage vers le bas et rendre compétitive la force de travail dans un contexte de mondialisation est un très mauvais calcul.

Cela n’empêchera ni ne préviendra les délocalisations et aura en plus l’effet de détériorer les compétences et la productivité des Français. Les plus compétents partent tous pour des meilleurs salaires sous d’autres cieux, tandis que nous récupérons les compétences les plus interessantes des pays du sud pour lesquels la France représente encore un meilleur parti que leur pays d’origine.

Je ne rejette pas l’interventionisme de l’état mais je regrette qu’il soit si déséquilibré. Quoi que nous fassions, dès lors que l’on bouge le petit doigt nous devons payer, des taxes pour ceci ou pour celà, pour avoir fait ceci ou omis de faire celà, nous devons payer pour naître mais aussi pour mourir, pour acquérir mais aussi pour transmettre, nous payons directement mais aussi indirectement (TVA).

Mais lorsque vous êtes en difficulté ou en panne dans cette vie à cent à l’heure, lorsque vous ne rapportez pas votre lot quotidien de taxes et qu’au contraire vous sollicitez la solidarité de la communauté, rien ne va plus, les jeux sont faits, vous êtes morts et enterrés, vous ne valez plus rien. C’est comme si vous n’aviez jamais existé et vous n’êtes plus qu’une bouche inutile à nourrir, un poids mort sur le dos des honnêtes travailleurs, quelles que soient vos contributions antérieures à votre déchéance.

Même une péripatéticienne à plus de compassion et d’égards envers ces clients que l’état envers ces administrés. C’est ce qui me fait dire que de troquer nos modes de vies communautaires, où nous savions pertinemment que nous avions besoin les uns des autres, pour cet individualisme soutenu par des élites omniprésentes est un marché de dupes ou nous serons les éternels dindons de la farce.


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