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Accueil du site > Tribune Libre > Quand la précarité mène à une formation... à la vie précaire...

Quand la précarité mène à une formation... à la vie précaire...

Bonjour. Depuis quelques semaines, je constate au travers de la vie d’un homme à quel point vouloir s’en sortir avec vaillance accroît le risque d’être brisé sur l’autel des espoirs déçus. Et s’il est des situations de vie qui à défaut d’être des généralités sont néanmoins des symptômes d’une civilisation malade, alors la sienne est exemplaire.

Je lui ai demandé si je pouvais faire un article sur sa situation, et il m’a répondu non, il a peur d’avoir des problèmes. Aussi, je suis à nouveau obligé de taire les noms, les organismes, l’endroit, les repères temporels et autres façon au travers de cet article de donner prise à une possibilité de remonter jusqu’à lui. Libre à vous, lecteurs, de considérer ce qui suit avec la contrainte de ne pas trop rentrer dans le détail des faits, mais quand même de proposer à votre attention l’histoire de monsieur « X » et de vous donner mon témoignage.

Il est dans la quarantaine, vit dans une petite ville de province, et est en situation précaire depuis un peu plus d’un an. Vaillant, gaillard, souriant, je l’ai vu espérer sortir de sa précarité par le recours à une formation de…, dispensée par un organisme dont je ne peux pas dire le nom.

Deux mois d’attente pour avoir une réponse, deux mois à y croire, deux mois à se dire ça ira, enfin je vois le bout. De semaines en semaines, il a repris de l’aplomb, de l’assurance, le goût de rire entre amis, et même de dire des conneries plus grosses que lui.

Et puis, il en voulait tellement qu’il a pris sur lui et son maigre budget de faire le tour des patrons, pour chercher une place pour un stage. Des refus, et puis boom. Il en trouve un qui lui dit qu’il aura sans doute plus de boulot cet hiver, et qu’il le prendra volontiers en stage, surtout qu’il a déjà un diplôme qui n’est pas exactement le même métier, mais qui prouve qu’il a les bonnes bases.

Là, au café où je le croise régulièrement, je l’ai vu y croire vraiment. Un patron, dont c’est le métier, l’a jaugé, écouté, et lui a donné la certitude que la formation acquise, le stage il l’avait et même s’il était aussi bon par la suite que l’air motivé tout de suite, il le garderait si la demande le permet.

Encore quelques semaines d’une attente, nerveusement d’autant plus difficile à gérer que l’espoir se battait contre l’envie d’y croire et qu’au rêve de s’y voir déjà se disputait l’envie de fêter ça. La porte était ouverte, une formation, un stage, un travail, un salaire, un retour à la vie avec de quoi payer un coup à ses amis. Il ne lui manquait plus que le oui à la formation.

Qui fut un non... Plus de demandes que de places, je ne peux pas donner les chiffres, mais c’est ridicule de penser qu’on est pas foutu de mettre des tables et des chaises de plus dans une proportion qui tient dans une salle de classe pour adultes.

Ce Refus n’a pas été légitimé, ni expliqué. Votre candidature n’a pas été retenu pour cette cession monsieur. Et bien entendu, aucun recours.

Si sur les principes du Droit le citoyen a le droit à un recours contre toute décision administrative, surtout quand elle est aussi vitale que celle-là, et bien, dans cette situation, RIEN.

La Formation a commencé quelques jours après, pas de possibilité d’en trouver une autre avant l’hiver. Pas de formation, plus moyen de faire un stage chez ce patron, plus d’emploi possible derrière. La porte de ces espoirs lui a littéralement claqué à la gueule.

Blessé, quand il est venu nous apprendre la mauvaise nouvelle au café, je l’ai vu faire le coriace. Ça va aller, ne vous inquiétez pas, je vais tenir le coup. Sur le moment je n’ai rien dit, j’ai été comme sonné de voir autant de volonté de s’en sortir en train de fracasser l’intérieur de cet homme meurtri.

Puis de longues minutes plus tard, j’ai pris colère, j’ai hurlé, lui ai proposé de faire les lettres pour lui afin de tenter un recours. Allez vite pour essayer de négocier, dans l’urgence, une place de plus dans cette P... de formation. Il a dit oui sur le moment, mais le cœur n’y était déjà plus.

Je lui ai dit qu’il ne quémande rien et ne demande que de faire usage de ses droits, que le recours est légitime, et bien d’autres phrases qui perdent toutes fiabilité quand le sol s’est effondré sous vos pieds une fois de plus. Surtout quand elles sont prononcées par un aussi Rmiste que soi.

Deux mois à y croire, deux mois à faire tout pour, à bout de bras avec ce qui reste d’énergie dans ces situations de vie là, il n’a pas tenu quelques jours de plus à y croire en se battant encore. Le Non sans explication ne lui a permis aucune alternative d’espoir de négociation. Et sans espoir, point de victoire n’envisage...

La balle du refus figée dans le moral, le syndrome de résignation acquise en tête, le respect de l’autorité même quand on ne comprend pas les ordres, et l’instinct de survie qui devient crainte absolue de perdre le peu qu’il a en étant mal vu et mal jugé par les organismes s’il ose quoi que ce soit de contestataire, tous ces éléments l’ont tout simplement privé de la force de se battre contre cette décision alors qu’elle le tue. Un homme de sa génération fait de sa vie son travail, et du travail le sens de sa vie. Sa vie reprenait sens, il reprenait vie.

Quand le système est contraire au sens de l’engagement dans la vie, il est malade. Et dans les jours suivants le refus de sa formation, c’est monsieur X qui est devenu malade. L’espoir est devenu aigreur d’estomac, puis insomnies, puis besoin de boire pour ne pas penser, et finalement aujourd’hui, quelques temps à peine suite à ce refus, c’est un zombie que j’ai vu s’assoir à coté de moi.

Son geste me dit « c’est bon, ne t’inquiète pas » mais son regard est si noyé de larmes qui ne coulent pas que je ne peux m’empêcher de maudire l’aveuglement bureaucrate qui a fait baisser les yeux après avoir brisé en milles morceaux épars le mental de cet homme là.

Dans la précarité on connait la suite. D’ici quelques temps il fera une connerie ou deux. Trop bourré au cœur trop brisé il fera le lourd et encore moins de gens pourront le supporter. Puis il dira que ces formations ne sont pas faites pour lui, qu’il cherche « autre chose », ce dont il mettra des années à trouver une idée précise. Encore quelques années de plus et il dira qu’en restant comme ça il laisse la place aux jeunes.

Et enfin grâce à cette formation à la vie précaire prolongée que lui a donné l’organisme dont je regrette vraiment de ne pas donner le nom, il sous vivra encore, dans le regard désolé des uns et l’indifférence des autres, jusqu’à en crever.

Mais quand on parle d’humanité et de solidarité ancrée dans l’esprit Français. Cet homme, le jour où ce refus sans motif lui a brisé la vie, à la terrasse du café, je l’ai vu donner un peu de sa monnaie à une jeune sans logis qui passe tous les jours faire la manche avec son chien. Il faut savoir ce qu’est la précarité pour comprendre ce que ça fait d’avoir le cœur plus gros que ces moyens. Il se savait mort, mais avait encore l’espoir de voir s’en sortir cette fille là...

A mes Amis de l’ombre qui meurent aux champs du déshonneur social.

amicalement, barbouse.


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26 réactions à cet article    


  • Leila Leila 3 octobre 2009 11:59

    Barbouse

    Transmets à ton ami toute ma solidarité dans l’épreuve. Je comprends pourquoi il ne veut pas qu’on sache son nom ni le nom de l’organisme de formation. Quand on fait ça, on est regardé comme une bête curieuse, et finalement ça ne sert à rien.

    Ce genre de stage, souvent c’est du pipeau et ça ne sert pas à retrouver un job. C’est plutôt le hasard qui fait qu’on se trouve au bon endroit au bon moment et qu’on reprend pied dans la vie active. Dis-lui que j’espère vraiment qu’il s’en sortira. Il faut qu’il garde le moral.


    • barbouse, KECK Mickaël barbouse 3 octobre 2009 12:25

      @leila,

      je lui transmettrai,

      mais bon, disons c’était le stage dans l’entreprise et la possibilité d’être embauché par la suite qui le tenait debout. Le refus par l’organisme de formation, même si c’est une formation « bidon », l’a littéralement démoli.

      Un professionnel lui reconnait la possibilité d’être un bon stagiaire, et des employés de bureau déconnectés du réel, une psy, etc... lui refuse la formation....

      Et s’en remettre au hasard, franchement, ce n’est pas conseil que je vais lui donner, même si il ne m’écoutera pas de toute façon. Pas avec le mental qu’il a en ce moment.

      amicalement, barbouse


    • Leila Leila 3 octobre 2009 13:26

      @Barbouse

      Pour le hasard, je m’étais mal exprimée. Il faut aider le hasard, et pour ça, il faut garder le moral, bouger, parler, bouger, parler. Une phrase extraordinaire d’espoir (tu sais peut-être qui en est l’Auteur) est : « Frappez, et on vous ouvrira ». Même si c’est vrai une fois sur mille dans ce monde de brutes, ça finit par marcher. J’en suis témoin.


    • foufouille foufouille 3 octobre 2009 12:15

      un an, c’est pas long
      qu’est ce qu’il dira au bout de 5a ou plus .........


      • barbouse, KECK Mickaël barbouse 3 octobre 2009 12:34

        Il ne dira plus rien, la lumière de son espoir est éteinte pour l’instant.


      • barbouse, KECK Mickaël barbouse 3 octobre 2009 13:01

        Merci chanteclerc,

        La lutte viendra avec l’espoir, et c’est ce dont on nous prive le plus, sans doute jusqu’à ce que suffisamment de cris s’élèvent et fassent trembler le ciel.


      • Jurvadi Krishvati Jurvadi Krishvati 3 octobre 2009 12:39

        barbouse, 
        Ce monsieur X c’est vous, non ? 


        • barbouse, KECK Mickaël barbouse 3 octobre 2009 12:59

          Non, c’est un copain que j’ai rencontré en mai dernier, un pote d’un pote à la terrasse d’un café. Je suis une sorte « d’intello » et lui un « manuel », et c’est naturellement qu’on s’est entraidé, moi pour lui faire quelque courriers, et lui pour me filer un coup de patte pour bouger un gros meuble. Bref, un échange simple et solidaire. Mais bon, j’ai eut le temps de l’apprécier, de voir ses qualités, mais ce n’est pas moi, ma situation n’a rien a voir si ce n’est d’être dans la même situation sociale.

          amicalement, barbouse.


        • Jurvadi Krishvati Jurvadi Krishvati 3 octobre 2009 13:29

          Et votre situation vous fait vivre les mêmes désillusions (refus non motivés,...) que monsieur X ? 
           

        • barbouse, KECK Mickaël barbouse 3 octobre 2009 19:08

          Dans la mesure du possible je ne laisse jamais mon destin a la merci de la décision des autres, aussi, bien sur, j’ai eut des espoir de portes ouvertes qui ne l’ont pas été, mais jamais a ce point là, avec cette dose de conséquences sur la vie d’un homme aussi excessivement destructrice. 

          mais si ma personne qui vous intrigue, je n’ai dans ce papier que le CV du type sensible qui a passé quelque temps en compagnie d’un condamné sans casier judiciaire a une peine d’enfermement dans la précarité prolongée, sans jugement ni procès ni possibilité d’appel.

          pour ce qui me concerne, les portes que je compte ouvrir sont celles de l’édition, ma démarche est autre. Je fais volontiers quelques piges plus rigoureuses pour des démarches et des papiers plus « payant », pour améliorer mon RSA,

          Mais disons que je pense sincèrement que si journalisme citoyen a un sens, alors ce genre de remontée a l’attention des lecteurs de la réalité tel qu’elle se vit est salutaire.

          Les myopes du cœur finissent aveuglés par la haine des foules... Amicalement, barbouse.


        • Yohan Yohan 3 octobre 2009 12:39

          Le problème est plutôt là : « Ce Refus n’a pas été légitimé, ni expliqué. Votre candidature n’a pas été retenue pour cette session monsieur. Et bien entendu, aucun recours. »
          Le manque d’explication, c’est ce qui touche au moral. Les gens ont besoin d’explication pour les refus qu’ils subissent et ensuite de conseils pour la suite.
          Les employeurs recruteurs devraient montrer plus de courage, au lieu de s’abriter derrière des phrases creuses. Je reçois des candidatures, je mets un point d’honneur à argumenter à chaque fois. Il m’arrive même de donner des conseils voire des tuyaux sur des confrères qui recrutent. Une réponse mail ne prend pas trop de temps et c’est moins hypocrite qu’un courrier par la poste qui ne dit rien.


          • Suldhrun Coyotin 3 octobre 2009 16:55

            J en fais de même , Yohan , dans mon domaine ; le médical !

            Tant de personnes sont , a la recherche de leur santé , j essaye comme vous d en expliquer , leur maladie
             
            Et quoi dire d autre, ,sinon les soulager .

            Pour les deux , l explication ou du soulagement , a moi de choisir !
            Ils m ont délégué , leur confiance .

            PAS FACILE DE TOUS LES JOURS


          • loulou 3 octobre 2009 13:13

            Merde, quel beau texte ! Chacun englués dans nos problêmes nous ne voyons plus l’autre, N’avons plus beaucoup de battements de coeur, plus vraiment l’impression qu’on puisse changer quelque chose.Quand on veut encore le faire, on se heurte au doute , a la mollesse et aux critiques.Que dire face a cet accablement... ? Un « Bon courage »... chuchoté sans y croire.


            • Leila Leila 3 octobre 2009 13:28

              @Barbouse

              Tiens nous au courant pour ton pote dans les jours et les semaines qui viennent.


              • Lucien Denfer Lucien Denfer 4 octobre 2009 15:50

                L’histoire de votre ami est le protoype même, avec toutes les variantes que l’on peut imaginer, des vies brisées et gachées non pas par ce qu’il n’y a pas de travail ou si peu mais surtout parce que leur vie n’a été envisagée et construite depuis l’enfance que dans la perspective utilitaire d’occuper un emploi, de servir, d’être utile à quelque chose. C’est une bonne chose que je ne renie pas mais c’est loin d’être le but ultime d’une vie humaine.

                Ayant connu moi aussi les affres de l’exclusion et les espoirs souvent déçus d’un retour à une activité ou même à une formation, une simple occupation, j’ai fini par me rendre à l’évidence que tout le contexte social était orienté de telle sorte que les dits oisifs involontaires étaient culpabilisés, quand ils ne se culpabilisaient pas eux-mêmes en s’infligeant des maux comme la dépression, le découragement, le laisser aller et d’autres bien plus grâves.

                Pourtant, à bien y réfléchir ces personnes n’y sont pour rien et ne sont coupables que de ne pas avoir une ambition et un sens de la compétitivité à toute épreuves. Ils sont coupables de ne pas réussir à marcher sur les pied d’autrui, de vouloir rester humains et compatissants, valeurs passées de mode et inappropriées pour des personnes que l’on a poussées à devenir les membres d’un réservoir de main d’oeuvre toujours prête et disponible.

                La première chose qui leur serait utile c’est d’avoir les idées claires quand au fonctionnement du système, savoir qu’on les a programmé pour éprouver une certaine satisfaction à servir en tant qu’employés et a éprouver de grandes souffrances et de la culpabilité, voire à s’autodétruire lorsque il sera décidé qu’ils ne sont plus d’aucune utilité, de manière à ne pas représenter des charges trop pesantes pour le système. Le déconditionnement est la partie la plus difficile mais une fois acquise les choses s’éclaircissent et on reprend goût à la vie, on sourit juste de savoir que dans l’instant on est en vie et en bonne santé et qu’il ne tient qu’à nous d’aller vers les autres pour échanger et participer à la vie sociale.

                La seconde chose qu’ils devraitent savoir c’est qu’il faut travailler pour vivre et non vivre pour travailler. Il est matériellemnt impossible de passer le plus clair de son temps à gagner un salaire (qui nous laissera un reste à vivre des plus ridicules) chaque mois et de profiter de la vie pendant qu’elle est là. On peut toujours dire que l’on travaille pour ses enfants ou pour ses vieux jours ou trouver milles autres excuses à l’esclavage moderne. Pour sortir du cercle vicieux de la servitude volontaire il faut commencer à réfléchir à d’autres moyens de pourvoir à sa subsistance, sans attendre l’intervention de qui que ce soit, état, institutions, organismes et autres entités qui veillent avant tout à se rendre indispensables, à assurer leur existence propre, comme les parasites qui se nourrissent de leur hôtes leur vie durant et finissent par réaliser une symbiose parfaite.

                La troisième chose primordiale est d’abandonner l’individualisme dans lequel nous avons été façonnés sans même nous en rendre compte. L’humain est un animal social et il est connu depuis toujours que le rejet d’un membre pas sa communauté équivaut à une véritable comdamnation à mort. En tant qu’individualistes nous sommes tous des comdamnés à mort en attente dans les couloirs de la survie, à la poursuite de mirages et d’illusions nous tombons littéralement comme des mouches si nous perdons notre emploi, si nos compagnes nous quittent, si nous ne pouvons plus voir nos enfants, si nos « amis » se détournent de nous. Les seules personnes dont nous connaissons tout sont ces stars du petit écran avec lesquelles vous ne partagerez jamais un repas ou une discussion tandis que vos voisins ces illustres inconnus pourraient mourir à deux pas de chez vous, vous ne le sauriez que parce que les pompiers et les secouristes n’ont pas vocation à faire des interventions discrètes.


                • Leila Leila 4 octobre 2009 17:36

                  @Lucien Denfer

                  J’ai copié votre texte sur mon ordinateur et je le montrerai à mon entourage. C’est un bol d’air pur. Il faut absolument lutter contre le matraquage permanent de la presse et de la télé qui nous poussent à croire à des idées fausses.

                  @Barbouse

                  Cet article est, de loin, celui qui me parait le plus important dans le « best of » de la semaine.


                • barbouse, KECK Mickaël barbouse 4 octobre 2009 20:13

                  bonjour lucien,

                  Oui ; le conditionnement dont tu parles, il est clairement dedans et incompatible avec son humanité, ce qui l’installe dans la double souffrance d’être et déshumaniser et rejeter du sens de la vie tel qu’on est conditionné à l’avoir.

                  Pour ma part si je n’avais eut mes crises, ma nde, etc... je serai sans doute encore dedans, il m’a fallut presque mourir pour mesurer la réelle valeur et l’importance du temps de sa vie. Valeur dont il faut être libre d’usage et que personne ne jamais rembourse.

                  La solution par la solidarité et le rejet de l’individualisme par contre est un modèle qui malheureusement a sa limite et ne fonctionne pas non plus a partir d’une certaine échelle.

                  Il faut une osmose entre la volonté d’élite ( résultats, réussite, etc...) des uns et l’intérêt du groupe qui sous tend cette volonté. C’est cette osmose qui n’est plus là, et qui fait défaut autant a l’élite coupé de sa base que de la base qui se retrouve sans élite consciente de la réalité des intérêts de la base.

                  C’est dans cette absence d’osmose que se situe autant cette saloperie de décision que bien d’autres qui sont en décalage avec le réel, et la véritable lutte est là, a mon sens, recréer de l’osmose lucide entre la réalité du présent contemporain et les structures mise en place ou a mettre en place pour y contribuer au mieux. Et rien que ça veux dire faire mourir les idéologies vieillissante ( dont « le travail salarié » comme sens unique d’une vie à mener) ou inappropriée, ce qui engendre forcément les crispations les plus dangereuses.

                  amicalement, barbouse.

                   


                • Jean-paul 4 octobre 2009 21:33

                  @leila

                  Le plus important vous croyez ???Les Francais font l’autruche .
                  Seulement 20 commentaires ..............
                  Vous parliez d’individualisme ..........
                  Le systeme francais a helas de beaux jours devant lui et peut faire je pense encore plus complique .


                • Lucien Denfer Lucien Denfer 5 octobre 2009 00:15

                  Salut barbouse,

                  Quand j’évoque le rejet de l’individualisme, je vise certains mécanismes bien particuliers qui ont des effets des plus pervers sur nos existences. L’individualisme n’est possible que parce que nous entretenons une relation incestueuse avec nos élites.

                  L’instauration de l’individualisme par le renforcement d’une relation déjà quasi-fusionnelle entre le citoyen et les institutions administratives n’est pas à notre avantage, car nous déléguons ainsi tout pouvoir de décision et de choix de vie, dans presque tous les domaines de l’existence.

                  De la naissance à la mort nous sommes pris en charge par l’état et durant ce laps de temps nous seront des enregistrements numériques sur des centaines de fichiers, nos caractéristiques distinctives alimenteront des milliers de bases de données, dont certaines seront accessibles par des gouvernements étrangers.

                  Bientôt nous ne pourrons même plus décider par nous mêmes des espèces végétales qu’il convient de semer dans nos potagers (si ce n’est pas déjà le cas) et nous devrons choisir parmi un panel de produits stériles standardisés, distribués par les multinationales agroalimentaires.

                  Dès la sortie de la maternité nos enfants ne nous appartiennent plus et nous n’avons que le droit de les élever jusqu’à leur majorité si nous satisfaisons certains critères bien précis, sinon ils nous sont retirés.

                  L’état est omniprésent et étouffant dans le contrôle qu’il exerce sur les administrés tout en revendiquant une dynamique pseudo-libérale hypocrite et opportuniste qui ne vise qu’à agrandir l’étendue de son pouvoir de coercition.

                  Quand la retraite à 80 ans sera instaurée et que les cotisations obligatoires représenteront plus de 80 % du salaire pour une contrepartie quasiment nulle, nous continueront à aller travailler juste pour maintenir le système en branle et éviter qu’il ne s’écroule sur nos têtes. Et si nous devons creuser des trous juste pour que d’autres puissent les reboucher derrière nous, qu’importe l’absurdité du tableau d’ensemble puisque nous aurons du travail et nous seront heureux par définition et par procuration.

                  Si il y avait une contrepartie effective à cette intrusion dans ce qu’il reste de notre intimité, mes propos n’auraient aucune valeur, mais ce n’est pas le cas. La grande braderie des acquis sociaux pour effectuer un nivelage vers le bas et rendre compétitive la force de travail dans un contexte de mondialisation est un très mauvais calcul.

                  Cela n’empêchera ni ne préviendra les délocalisations et aura en plus l’effet de détériorer les compétences et la productivité des Français. Les plus compétents partent tous pour des meilleurs salaires sous d’autres cieux, tandis que nous récupérons les compétences les plus interessantes des pays du sud pour lesquels la France représente encore un meilleur parti que leur pays d’origine.

                  Je ne rejette pas l’interventionisme de l’état mais je regrette qu’il soit si déséquilibré. Quoi que nous fassions, dès lors que l’on bouge le petit doigt nous devons payer, des taxes pour ceci ou pour celà, pour avoir fait ceci ou omis de faire celà, nous devons payer pour naître mais aussi pour mourir, pour acquérir mais aussi pour transmettre, nous payons directement mais aussi indirectement (TVA).

                  Mais lorsque vous êtes en difficulté ou en panne dans cette vie à cent à l’heure, lorsque vous ne rapportez pas votre lot quotidien de taxes et qu’au contraire vous sollicitez la solidarité de la communauté, rien ne va plus, les jeux sont faits, vous êtes morts et enterrés, vous ne valez plus rien. C’est comme si vous n’aviez jamais existé et vous n’êtes plus qu’une bouche inutile à nourrir, un poids mort sur le dos des honnêtes travailleurs, quelles que soient vos contributions antérieures à votre déchéance.

                  Même une péripatéticienne à plus de compassion et d’égards envers ces clients que l’état envers ces administrés. C’est ce qui me fait dire que de troquer nos modes de vies communautaires, où nous savions pertinemment que nous avions besoin les uns des autres, pour cet individualisme soutenu par des élites omniprésentes est un marché de dupes ou nous serons les éternels dindons de la farce.


                • barbouse, KECK Mickaël barbouse 5 octobre 2009 10:18

                  @ lucien, nous sommes d’accord, et je pousserai bien la réflexion plus loin mais je ne peu pas pour l’instant.

                   je compare je ne sais plus où la situation de travailleur pauvre a un hamster dont l’usage de la liberté se résume a tourner dans une roue et dont l’énergie ainsi produite ne profite « qu’aux autres » jusqu’à ce qu’épuisé il n’a plus la force de ronger ces barreaux... La liberté du Hamster...

                  en tout cas vous semblez « à point » pour faire des articles si le cœur vous en dit, la qualité de vos raisonnements dans vos commentaires et votre écriture explicite en atteste. Il y a tellement de choses à écrire pour exposer et tenter de voir plus loin que les failles et les dysfonctionnement de la société Française, surtout les non médiatisées...

                  amicalement, barbouse.


                • Jean-paul 4 octobre 2009 16:11

                  @lucien denfer

                  Vous parlez du syteme et de la societe francaise .


                  • Lucien Denfer Lucien Denfer 4 octobre 2009 17:17

                    N’est-ce pas le chemin que prend la France petit à petit ? Modèle social de référence il y a quelques années, que reste-t-il aujourd’hui de la qualité de vie à la Française ?


                  • ASINUS 4 octobre 2009 21:46

                    yep , Barbouse a rencontré un visage , un visage que nous refusons desormais d identifier.
                     yep ce visage c est celui



                    DE NOS DEFAITES !





                    • Jean-paul 4 octobre 2009 23:24

                      Les miserables de Victor Hugo .............................2009 les miserables de Barbouse .


                      • anwe 4 octobre 2009 23:52

                        Bonjour les Vivants,
                        Je n’y arrive pas.
                        Les titre, les honneurs, les envies de reconnaissance par un métier...Obéir à des enjeux sans les comprendre et sans droit à me servir de mon intelligence !
                        C’est ma vie, je refuse d’être un maillon d’une chaîne dont je ne connais ni les tenants ni les aboutissements.
                        Des années de galères et pas de reconnaissance sociale...
                        Bon, je me demande combien de temps je vais encore pouvoir garder mon « chez moi » mais je m’offre un luxe : je choisi jour après jour ce que je fais de ma vie.
                        Je travaille, un peu, mais sans douleur. Je ne veux pas être rentable, je veux faire ce que je sais faire, ce qui me donne plaisir et me permet d’évoluer.
                        Et face à la mort je sais que j’aurai eu la chance de penser ma vie
                        Pour ça, il faut être assurée de son droit à la vie.
                        Et nous sommes nombreux à penser comme ça.
                        Et plus nous serons, et plus ce droit se développera
                        Allez, du courage et des désirs
                        L’héritage de 68 n’est pas mort, il sera là tant que les gens se parleront et se soutiendront
                        Et ça existe mais ça se cache pour ne pas être assasiné par ceux pour qui la vie n’est présente que s’ils sont « plus » que l’autre. Les pauvres, à force de chercher la croissance, ils ne font qu’enfler !
                        A quand l’explosion ?


                        • Jean-paul 5 octobre 2009 00:39

                          Anwe
                          Comment trouver une excuse a sa galere .

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