La France de Sarkozy, c’est aussi ça :
PARIS - Les enfants sont parmi les principales victimes de la
pauvreté en France, où 300.000 mineurs vivent « dans l’errance »,
soulignent les organisateurs de la journée mondiale du refus de la
misère, qui a lieu ce samedi.
« La France ne protège pas ses enfants de la misère »,
déplore dans un communiqué ATD Quart Monde, qui souligne que 30% des
personnes vivant sous le seuil de pauvreté sont des enfants.
Selon l’Insee, quelque 8 millions de personnes vivaient sous le
seuil de pauvreté (908 euros) en 2007, dont 2,4 millions de moins de 18
ans.
A l’occasion du vingtième anniversaire de la convention internationale des droits de l’enfant, ATD "appelle
le gouvernement, les élus et les citoyens à des choix politiques et
citoyens pour qu’aucun enfant ne soit condamné à vivre dans la misère".
Mal-logement, malnutrition, échec scolaire, les conséquences de la
pauvreté chez les enfants sont multiples et laissent souvent des traces
« indélébiles », prévient l’association à l’initiative de cette journée organisée depuis 1987.
« En France aujourd’hui, 300.000 enfants vivent dans l’errance, d’hôtels en hébergements d’urgence », déplore ATD.
L’association souligne aussi que « massivement, les enfants qui échouent à l’école viennent des milieux populaires et de la grande pauvreté » et qu’ils risquent, par conséquent, « de vivre à leur tour la précarité ».
"Une des raisons majeures de l’échec à l’école est la
stigmatisation et les propos discriminatoires que subissent les enfants
des milieux les plus démunis. Un enfant ne peut pas apprendre s’il est
ridiculisé", précise-t-elle.
Le Haut Commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, a reconnu samedi que la situation était préoccupante.
"La pauvreté des enfants n’a pas encore diminué, a-t-il dit sur
Europe 1. "Oui, il y a dans ce pays riche deux millions d’enfants
pauvres et, oui, il faut les aider à s’en sortir."
Cette journée du refus de la misère intervient un mois après la
polémique suscitée en France par la suppression du poste de Défenseur
des enfants, remplacé par un Défenseur des droits, aux prérogatives
plus larges.